Le site de LOUP

 
   Home
 Retour à l'accueil
 
Link2
 Link3
 Link4
 Link5



 
 

 Les réflexions de LOUP

 

 

 

Le manichéisme en religion opposé au machiavélisme éclairé

 

 

« Alors le serpent dit à la femme : Vous ne mourrez point; mais Dieu sait que, le jour où vous en mangerez, vos yeux s'ouvriront, et que vous serez comme des dieux, connaissant le bien et le mal. » (Genèse 3 : 4-5)

 

Choisir comme thème de mes réflexions le manichéisme en religion relevait d’une gageure indéniable. Pour un athée comme je le suis, cela tenait même du paradoxe. Mais cet athéisme revendiqué me permet de prendre une certaine distance avec mon sujet, d’y trouver l’objectivité nécessaire à l’exposé de mes réflexions, et de répondre à mes nombreuses interrogations de manière rationnelle. Je ne subis pas les confusions intellectuelles liées à la foi ou à la croyance, ni les allégation séculaires des enseignements religieux. C’est vierge de tout préjugé ou à priori que j’ai entamé le sujet de ma thèse. En homme libre.

Malheur à ceux qui appellent le mal bien, et le bien mal, Qui changent les ténèbres en lumière, et la lumière en ténèbres, (Ésaïe 5, 20.)

 

Après avoir patiemment dessiné une esquisse toute personnelle et pragmatique du thème de la dualité manichéenne du Bien et du Mal, j’en viens à dresser une synthèse relative de mes réflexions. Comme je l’ai écrit, notre civilisation repose sur des références religieuses, des préceptes établis auxquels nous obéissons sans même nous en rendre compte, que nous soyons croyants ou pas. Les notions de Bien et de Mal sont les pierres angulaires de toute religion, les lois inaliénables que l’on nous inculque tout au long de notre vie. Elles sont les premières règles qui régissent « in petto » notre conscience morale.

"Bien-aimé, n'imite point le mal, mais le bien ; celui qui fait bien, est de Dieu ; mais celui qui fait mal, n'a point vu Dieu." (3eme epitre de Jean)

 

Ainsi, notre vie est conditionnée, malgré nous, dès notre naissance en une «conscientia moralis sui generis», subtil équilibre entre le positif et le négatif, le bon et le mauvais, le blanc et le noir, le Bien et le Mal. En effet, dès l’enfance, nos actes sont jugés sur la balance du Bien ou et du Mal. Les encouragements ou les félicitations récompenseront les actes de Bien, tandis que les punitions corrigeront les actes du Mal. Les religions souscrivent d’autant plus à ce lent apprentissage qu’elles en sont depuis toujours à l’origine. Un dessein stristo sensu.

"Il nous faut tous comparaître devant le tribunal de Christ, afin que chacun reçoive selon le bien ou le mal qu'il aura fait étant dans son corps." (Corinthiens 5.10)

 

Les religions, qu'elles soient monothéistes ou non, adoptent comme dogme fondamental, les notions de Bien et de Mal. Apparue au moment ou l'homme a acquis la conscience de lui-même, de sa condition mortelle ainsi que de sa place dans la société, au moment ou il a eu conscience des conséquences de ses propres actions non seulement pour lui-même, mais aussi pour autrui, pour son environnement et son mode de vie, la dualité manichéenne s’est inscrite dans son esprit, à la douleur de ses échecs ou au bonheur de ses succès, pour forger lentement la conscience morale de l'humanité.

«Ne jugez de rien avant le temps, jusqu'à ce que vienne le Seigneur, qui mettra en lumière ce qui est caché dans les ténèbres, et qui manifestera les desseins des coeurs.» (Corinthiens 4.5)

 

Pour autant, la perception du Bien ou du Mal n’est pas aussi simple qu’il n’y paraît. En effet, cette dichotomie de nos actes en un jugement religieux ou philosophique perpétuel, n’est pas objectivement concevable. L’évaluation de nos actes ne dépend pas seulement de critères psychologiques ou théologiques, mais aussi de conjonctures liées à l’espace et au temps. Ainsi, les actes ne seront pas ressentis par nous même ou par autrui de la même façon, selon l’époque et le lieu ou ils se seront déroulés.

«Si le juste se détourne de sa justice et commet l'iniquité, s'il imite toutes les abominations du méchant, vivra-t-il? Toute sa justice sera oubliée, parce qu'il s'est livré à l'iniquité et au péché; à cause de cela, il mourra.» (Ezechiel 18.24)

 

En effet, l’histoire de chacun, la mémoire collective ou l’éducation différente reçue par chaque individu pervertira irrémédiablement notre façon d’appréhender les actes de nos semblables, tout comme les nôtres. Ainsi, un acte de Bien ou de Mal est une question d’occurrence et non de certitude. Nous jugeons sans doute trop facilement les actes d’autrui en tant qu’acte du Mal sans être aussi impartiaux ou objectifs pour nos actes propres.

« Que celui qui est injuste soit encore injuste, que celui qui est souillé se souille encore; et que le juste pratique encore la justice, et que celui qui est saint se sanctifie encore. » (Apocalypse 22 .11)

 

Pourtant, la religion définit sans circonstances atténuantes ou degrés d’appréciation ce qui relève du Bien et ce qui relève du Mal. Elle définit alors de façon totalement subjective que tel acte sera un Mal ou tel autre un Bien. Sans discernement ou repentance aucune, elle a ainsi cautionné les plus grands génocides en son nom (inquisition, conquête de l’Amérique latine, …) sous le couvert de la défense du Bien et de la lutte contre le Mal. La dualité manichéenne y a trouvé plus qu’une raison d’etre, une essence.

« Des livres furent ouverts. Et un autre livre fut ouvert, celui qui est le livre de vie.

Et les morts furent jugés selon leurs oeuvres, d'après ce qui était écrit dans ces livres. (...)

Quiconque ne fut pas trouvé écrit dans le livre de vie fut jeté dans l'étang de feu. (...)

Leur part sera dans l'étang ardent de feu et de soufre, ce qui est la seconde mort.»
(Apocalypse 20.12,15 et 21.8)

 

Le Machiavélisme aborde cette notion de Bien et de Mal, non de façon antinomique ou antagoniste, mais de façon corrélative voire complémentaire. S’il paraît établi que ce qui distingue l’homme de l’animal est la manière de régler un problème par la loi plutôt que par la force, pour Nicolas Machiavel la force est aussi utile que la loi afin de s’assurer un succès. Il est donc vraisemblablement admissible de considérer que l’usage du Mal ne peut être écarté, si l’on désire agir dans l’intérêt général ou pour s’assurer une victoire finale.

"Il faut estimer comme un bien le moindre mal." Nicolas Machiavel

 


Ainsi le machiavélisme nous enseigne trois principes fondamentaux. Tout d'abord, le pouvoir appartient à celui qui l’exerce réellement, fut il dans l’ombre, et non à celui qui prétend ou entend l’exercer. Ensuite, la fin justifie les moyens : autrement dit, le destin devant lequel nous sommes impuissants, justifie l’utilisation, au bon moment, du bon moyen : l'occasion propice à l'initiative audacieuse. Ainsi, l’utilisation d’actes du Mal est il pleinement justifié si le dessein qu’il sert, est clairement établi. Enfin, la lucidité et la vivacité d’esprit, qui désignent l'énergie dans la conception et la rapidité dans l'exécution, la résolution et la ruse, le "génie politique", en définitive, en sont les notions essentielles. C'est l'art de choisir les moyens en fonction du destin et de dominer ainsi les circonstances. En conclusion, l’usage du Mal est toléré et même parfois nécessaire pour celui qui souhaite réussir son entreprise.

«Car la force est juste quand elle est nécessaire.» Nicolas Machiavel

 

Le Bien et le Mal sont donc au cœur du machiavélisme. Cependant, bien loin de la sempiternelle confrontation exhalée par les religions, Machiavel les enchaine de façon bien plus réaliste. En s’opposant au dicta qui veut que le Bien sera la récompense de ceux qui souffrent ou endurent le Mal (cf enseignement élémentaire de la doctrine et de la morale chrétienne), et que ceux qui s'adonneront au Mal seront punis ad vitam aeternam, il insiste sur la corrélation intime de ces deux notions. Le Bien est toujours si intrinsèquement lié au Mal, qu’il semble impossible de les concevoir l’un sans l’autre. De même, il n’existe pas de bien ou de mal en soi.

« Car il faut faire tout le mal d'un coup afin que moins longtemps le goûtant, il semble moins amer, et le bien petit à petit afin qu'on le savoure mieux. » Nicolas Machiavel

 

Le Mal n’est donc pas une transgression fatale ou une damnation morale, mais une démarche acceptable en politique plus qu’en religion, si sa fin est de servir un Bien général final. En se démarquant radicalement de la morale et de la religion, le machiavélisme nous enseigne qu'il est nécessaire de savoir user de la ruse et de la force, de rejeter les principes fondamentaux d'abnégation et de pardon de la religion, et de s'armer parfois de certaines intentions amorales mais non immorales.

« Tout le mal de ce monde vient de ce qu'on n'est pas assez bon ou pas assez pervers. » Nicolas Machiavel

 

Par ailleurs, Machiavel souligne l'incapacité pour l'homme de distinguer le Bien du Mal. Ainsi, selon lui, l'homme peut juste affaiblir le mal dans le bien ou accentuer le bien dans le mal, ce qui sous entend une possibilité de conversion ou de commutation de ces notions. Un acte de mal peut se transformer en acte de bien s'il en résulte plus de résultats positifs que négatifs. Quod erat demonstrandum
 

« Les hommes sages savent se faire toujours un mérite de ce que la nécessité les contraint de faire. » Nicolas Machiavel

 

« On doit bien comprendre qu’il n’est pas possible à un prince, et surtout à un prince nouveau, d’observer dans sa conduite tout ce qui fait que les hommes sont réputés gens de bien, et qu’il est souvent obligé, pour maintenir l’État, d’agir contre l’humanité, contre la charité, contre la religion même. Il faut donc qu’il ait l’esprit assez flexible pour se tourner à toutes choses, selon que le vent et les accidents de fortune le commandent ; il faut, comme je l’ai dit, que tant qu’il le peut, il ne s’écarte pas de la voie du bien, mais qu’au besoin il sache entrer dans celle du mal. » Nicolas Machiavel

(Toutes les illustrations de cet article sont des photos que j'ai pris à Florence, ville ou vécut Machiavel)

 


 

Transition

 

Il y a deux tragédies dans la vie : l'une est de ne pas satisfaire son désir et l'autre de le satisfaire. Oscar Wilde

 


 

Tourner la page

 

Il faut tourner la page,
changer de paysage,
le pied sur une berge,
vierge...

Claude Nougaro

 

 

Dans "la voix de Nemesis", j'ai tenté une approche du thème de la vengeance en tant que réponse à un acte de trahison. Face à cette attaque sournoise et pernicieuse, je considérais tout à fait légitime, l'acte de vengeance comme un anathème sur l'autel expiatoire de la justice. La discussion s'est alors engagée avec certains d'entre vous, sur la différence entre la vengeance froide et différée et la réplique immédiate par la colère instinctive et "fulgurante". Le débat s'installa. Qui bene amat, bene castigat. 

Une vengeance trop prompte n'est plus une vengeance; c'est une riposte. Henry de Montherlant

 

Comme tout être humain, je me sens plus enclin à répondre à une agression par une réaction immédiate. Cependant, cette réponse serait dictée, non pas par une réflexion psychologique ou morale, mais par une brusque bouffée d'adrénaline, une résurgence latente de mes instincts primitifs. La colère en est sa plus fidèle illustration. Mais cette colère, par essence, n'a rien de réflechi, d'abouti. Elle ne repose sur aucune logique, si ce n'est l'attaque pure en tant que systeme de défense. La vengeance elle, se nourrit, avec le temps, des plus inavouables réflexions, de la plus implacable détermination. Finis coronat opus

Ma vengeance est perdue s'il ignore en mourant que c'est moi qui le tue. Racine

 

Attendre. La vengeance telle que je la définie, est comme un vin qui doit lentement atteindre sa maturité, pour liberer, le jour venu, la gamme complete de ses saveurs et de ses parfums. Trop tot, elle serait insipide ou tout au plus, legerement piquante. Trop tard, elle serait passée et liquoreuse. Une vengeance se nourrit autant de temps que de réflexion. Elle doit murir lentement. Un recul et une modération temporaire de nos émotions sont parfois nécessaires, pour avoir plus d'empire sur notre dessein final, qu'un acte déterminé par la colère et l'empressement.

Un homme a toujours le droit de se venger, si peu que ce soit; la vengeance est bonne pour le caractere; d'elle nait le pardon. Graham Greene 

 

Il faut donc savoir être patient. Si le désir de vengeance est réel et non dicté par les émotions passionnelles de l'instant, ses motivations ne s'évanouiront pas et au contraire, elles se renforceront. J'entends, ici et là, dire que la vengeance détruit d'abord celui qui désire se venger. Cela n'est vrai que si, à terme, celui ci ne peut assouvir sa vengeance légitime. Mais s'il demeure intimement persuadé que le jour du chatiment est proche et surtout, s'il reste conscient que lui seul peut décider de ce jour, alors il n'en sera nullement affecté. Au contraire, ce sera pour lui un moteur. 

Plus la patience est grande et plus belle est la vengeance. Diabaté

 

Je sais qu'il me faudra être patient, mais je suis conscient d'avoir tout mon temps.  La vengeance n'est pas pour moi, un acide qui me ronge de l'intérieur car je sais, avant tout, qu'un jour il y aura la place pour elle. Je sais que le temps aura fait son oeuvre et qu'il ne restera que l'essence même de mes rancoeurs, dépourvues des émotions colériques qui pourraient la perturber. Fi de la rage et de la violence, je sais alors que Nemesis parlera et que j'obtiendrais alors, au delà du repos de l'esprit, la satisfaction intime de m'etre vengé. Et je pourrais alors tourner la page...
 

La vengeance est une justice sauvage. Francis Bacon

 


 

Transition

 

N'importe qui peut voir ce que tu sembles être; quelques rares seulement peuvent tâter ce que tu es. Nicolas Machiavel

 


 

La voix de Nemesis

 

La fin justifie les moyens. Nicolas Machiavel

 

A travers mes écrits, je lève inconsciemment le voile sur une grande partie de ce que je puis être. Je vous livre sur ces lignes, mes qualités et mes défauts, mes fiertés certes toutes relatives et personnelles, mes doutes profonds. Mon rapport à la religion, par exemple, est une illustration du paradoxe très passionnel qui m’habite. Je tourne sans cesse autour d’elle, tout en rejetant constamment tous les dogmes et préceptes religieux fondamentaux. Je suis athée et ne pourrais jamais n’être que cela. Atheus in extenso.

Il nous est ordonné de pardonner à nos ennemis, mais il n'est écrit nulle part que nous devons pardonner à nos amis. De Medicis

 

A la lumière des derniers événements de ma vie, j’ai compris que je ne pourrais jamais tendre à croire en Dieu. Même après avoir lu les livres saints, m’être entretenu avec des hommes de Dieu, des croyants de toutes religions, je sais que je ne serais jamais de ceux là. Je sais que plus l’homme vieillit, plus il a tendance à vouloir se rapprocher de Dieu, afin de se prouver que sa mort imminente, ne sera pas la fin définitive de son existence. Les agnostiques et dans une certaine mesure les athées, connaissent tous à une période de leur vie ce doute profond : Et si Dieu existait vraiment ?

On pardonne tant que l'on aime. De La Rochefoucauld

 

Dans mon article précédent, j’ai écrit que toutes les religions (essentiellement monothéistes), étaient basées sur le pardon, la foi en un Dieu miséricordieux. C’est une des caractéristiques communes aux trois grandes religions. Ce pardon consiste principalement à ne pas tenir rigueur d’une faute ou d’une trahison, de faire taire ses rancunes et ses désirs profonds de vengeance pour l’offensé, et à reconnaître implicitement ses fautes et ses erreurs pour l’offenseur. Un mea culpa in petto.

Il n'y a point d'injures qu'on ne pardonne quand on s'est vengé. Vauvenargues

 

Dans la religion juive, le péché naît d’un conflit de l’homme avec Dieu, qui exige son repentir et lui octroie son pardon. Cependant, l’homme doit également obtenir le pardon de son prochain, notamment pendant le Youm Kippour, période ou l’homme expie ses péchés devant Dieu et pardonne à ses offenseurs. La religion chrétienne, prône dans le « Notre Père » le pardon de ceux qui nous ont, ou que nous avons offensé. L’islam, par le pèlerinage et la lapidation des stèles sataniques, permet de se débarrasser de ses péchés et d’obtenir le pardon devant Dieu. Ce pardon est donc un pilier essentiel de celui qui veut croire, de la foi.

Qui pardonne aisément invite à l'offenser. Corneille

 

Pardonner, c’est accepter l’offense et refuser tout acte de vengeance. C’est mettre fin à un conflit en acceptant intrinsèquement d’en être le perdant. C’est tendre l’autre joue, se montrer indulgent. C’est attendre en retour de ce pardon, la rédemption, un acte de Bien reconnu par Dieu.
Pourtant éthymologiquement, pardonner (per donare) signifie à l’origine payer son dû, régler sa dette. Stricto sensu. 

Il faut pardonner à ses ennemis mais pas avant de les avoir vu pendus. Heinrich Heine

 

Je ne peux être croyant car je ne peux pardonner. Ce n’est pas une question de savoir pardonner, mais de le vouloir. Je reconnais l’horreur de cette phrase et le Mal qu’elle implique. La religion enseigne depuis des millénaires, que le pardon est le chemin vers Dieu, vers la sagesse… Je ne puis admettre de pardonner à une personne qui vous a volontairement blessé ou a essayé de faire du mal à vos proches. La loi du Talion (la Nemesis de certains de mes articles), est la seule voix (voie) que je reconnaisse. Je n’excuserais jamais, je ne pardonnerais jamais. Je suis définitivement perdu pour Dieu.

On commence par se croire pardonné, on finit par se croire justifié.

 

Si tu as un ennemi, tues le... ou fais en un ami. Nicolas Machiavel

Car il faut faire tout le mal d'un coup afin que moins longtemps le goûtant, il semble moins amer, et le bien petit à petit afin qu'on le savoure mieux. Nicolas Machiavel

 


 

Transition

 

Je sais que l'article suivant va vous paraitre sombre. J'assume totalement le fait que vous puissiez vous sentir mal à l'aise à la lecture de celui-ci. Ceux qui me suivent depuis des années sur ce blog, savent combien je reconnais ma part d'ombre. Parfois, mes démons refont surface et se rappellent à mon souvenir. Et puis, ils s'evanouissent...

 


 

Le poids de la trahison

 

C'est de la confiance que nait la trahison.

 

En amour comme en amitié, il existe des choses plus cruelles que la mort ou la séparation. La trahison fait partie de cela. Et si l'on peut excuser le désamour, la faute, l'erreur ou l'imcomprehension, si l'on peut accepter que les chemins se séparent, la trahison, quant à elle, ne peut esperer le moindre pardon. Elle demeure pour toujours gravée au coeur en lettres de sang. Inexcusable et impardonnable.

LOUP

 

On n'est jamais mieux trahi que par ceux que l'on aime, ou par ceux qui vous sont proches. C'est par cet axiome que je commencerais mon article. L'homme est, par nature, méfiant. De par son heritage génétique, mais aussi à travers son histoire, sa mémoire collective riche d'un enseignement de multiples deceptions , il sait inconsciemment que sa survie depend du degré de confiance qu'il accordera (ou pas) à son environnement et à ses semblables. Si le malheur veut que les conditions s'y pretent, s'il baisse sa garde un instant, il en subira aussitôt le chatiment. Et en paiera le prix.

L'amour est un chatiment. nous sommes punis de n'avoir pu rester seuls. Marguerite Yourcenar.

 

Accorder sa confiance revient à abandonner une partie de soi à l'autre, de lui offrir précieusement une infime parcelle de sa vie. Pour les militaires ou les guerriers d'antan, il s'agit de confier son sort à un frere d'armes, de s'en remettre à lui, aveuglement. Pour les autres, faire confiance revient à ouvrir son coeur et à partager ses émotions les plus intimes, dans une complicité ou une intimité plus que fraternelle. Pour les plus croyants enfin, il s'agira de communier avec Dieu et de croire avant tout. La foi, elle meme, repose sur cet acte de confiance.

Quand une fois on a accueilli le Mal chez soi, il ne demande plus qu'on lui fasse confiance. Kafka

 

En donnant cette confiance, l'homme accorde non seulement à la personne élue, un statut privilégié au sein de son coeur, mais lui abandonne également les defenses ou barrières invisibles qu'il s'est construit au fil du temps et des epreuves, ces armes qui le protègent autant que possible, des attaques aussi bien physiques, morales ou spirituelles qu'il pourrait rencontrer. En lui confiant ses failles et ses faiblesses, il en fait un allié éternel indéfectible ou le pire des judas, en lui indiquant malgré lui, ou le frapper.

L'experience prouve que celui qui n'a jamais confiance en personne ne sera jamais déçu. Leonardo Da Vinci

 

Trahir. Que pouvait songer Judas au moment de livrer le Christ? Que pouvait il penser quand ce dernier le designat aux apotres réunis comme celui qui allait le trahir? Et à posteriori, songeait il à sa devotion aveugle, son amour et son attachement pour cet homme qui lui fit confiance, ses paroles sincères et l'authenticité de sa foi et de sa loyauté qu'il avait su montré et prouvé jusqu'alors pour celui qu'il finit un jour par trahir? Comment accepter un acte de trahison quant on a été tant convaincu, quant on a tant aimé? La conscience  et la morale s'evanouissent elles, l'espace d'un instant pour laisser place à la froideur du coeur? Une absence mortelle de sentiments...

La confiance est une des possibilités divines de l'homme. Henry de Montherlant

 

Faut il pour autant cesser de faire confiance aux autres et, tel le pire des misanthropes, s'enfermer dans un monde, une bulle protectrice, certes sûre et sans désillusions, mais aussi, froide et aseptisée? Faut il vivre replié sur soi meme et agir avec indifference avec nos semblables? Il nous est malheureusement impossible de reconnaitre ceux qui trahiront un jour notre confiance, mais il est pourtant possible de nous en prémunir. Avec du discernement, avec l'aide d'amis sinceres, on peut apercevoir ce que le coeur refuse de voir. Ouvrir les yeux.

Faire confiance aux hommes, c'est dèjà se faire tuer un peu. Céline

 

Il est pourtant infiniment difficile d'accepter cette revelation, tant l'espoir en la personne fut grand. Car en premier lieu, cela revient à reconnaitre nos erreurs de jugement, et à reconnaitre nos propres torts. Nous avons eu foi en une personne, nous lui avons accordé notre confiance, nous avons partagé avec elle nos joies et nos peines, avant d'etre lachement trahi par elle. A travers ce constat, cette trahison nous rappelle combien nous sommes vulnérables et malgré nous, naifs.

Il est plus facile de pardonner à un ennemi qu'à un ami. William Blake

 

Pour conclure, il convient de reconnaitre que certaines personnes ne méritent pas la confiance que l'on serait enclin naturellement à leur accorder. Ces personnes ignorent en vérité le sens des valeurs morales, l'amitié, l'amour, la fidélité, la sincérité, l'empathie ou la philanthropie. Elles n'agissent que par interet ou dans l'instant présent. Leurs sentiments sont éphémères et illusoires. Le revers de ce comportement atypique, est qu'elles ne trouveront jamais ce qu'elles recherchent inconsciemment (amitié, amour, paix interieure...) car elles ne s'en montreront jamais assez dignes. Elles porteront à jamais sur leurs épaules le poids de la trahison.

L'homme est né pour trahir son destin. Paulo Coelho

 

Quand je plonge mes yeux dans ton regard, je ne vois plus que le poids de la trahison. LOUP

 

 


 

Transition

 

Que pour etre efficace, il faut cacher ses intentions. Nicolas Machiavel

 


 

La force de Némésis

 

Il n'est de meilleure vengeance que l'indifférence et l'oubli. LOUPBLANC

 


 

L'orgueil des damnés

 

Les orgueilleux ne laissent pas de gloire derrière eux. William Shakespeare

 

"L'homme est naturellement bon et c'est la société qui le pervertit".  C'est par cette phrase que Rousseau reconnaît la bonté originelle de l'homme. Ce dernier est, par nature, enclin à faire le Bien. Cependant, de part son essence fondamentalement primitive, l'homme tend également inconsciemment au Mal. Seule sa raison (et/ou sa conscience), annihile son passage à l'acte, son abandon au Mal. Pour un temps...

On s'attire autant la haine en faisant le bien comme en faisant le mal. Nicolas Machiavel

 

La dualité manichéenne Bien-Mal est si pernicieuse, qu'il est admis parfois de reconnaître maladroitement aux personnes qui s'adonnent aux Bien, le même plaisir intérieur qu'à celles qui se complaisent à engendrer le Mal. Faire le Bien comme faire le Mal procure à l'individu, un sentiment d'accomplissement, selon que cela réponde à ses besoins d'actions bienfaitrices ou à contrario à ses pulsions malsaines. Tout dépend alors du choix primaire de l'individu, de la lumière ou des ténèbres.

La vie n'est en soi ni bien ni mal : c'est la place du bien et du mal selon que vous la leur faites. Montaigne

 

Si sa prédilection tend plutôt au Bien, il est normal de considérer qu'en realisant une action bienfaitrice, l'être humain ne se satisfera que d'un sentiment intime de plénitude. Il ne doit rien attendre en retour d'un acte charitable, dans la mesure ou, parce qu'il est fait de façon purement gratuite, il en devient inéluctablement jubilatoire. Pour autant, s'il se doit par nature d'être désintéressé, il arrive que certaines personnes cèdent à la tentation d'attendre autre chose en retour, que la simple sensation du devoir accompli. A tort.

L'orgueil précède la ruine de l'Ame. La Bible

 

Par ailleurs, certaines personnes, par leur comportement, se montrent indignes des actes de Bien  que l'on a pu leur témoigner. Il en est ainsi de la nature humaine, complexe et capricieuse. L'adage "on ne mord pas la main qui vous nourrit" se veut bien candidement théorique, mais se révèle dans la pratique, totalement utopique. Ainsi, il est courant de rencontrer au détour d'un geste empreint d'empathie, le visage sombre de la vilénie: l'orgueil.

Ne payez pas d'ingratitude le bien que l'on vous a fait. Proverbe oriental

 

Cela remet-il en cause notre choix du Bien envers le Mal? Je ne crois pas. Dans la mesure ou l'homme reste conscient d'agir de façon altruiste, de conserver une conscience inébranlable, et de savoir se satisfaire "in extenso" de cela, l'orgueil n'est que l'une des manifestations désespérée des faibles. Considéré à juste titre comme l'un des sept péchés capitaux, l'orgueil était perçu par les pères de l'Eglise, comme l'origine de tous les péchés, la racine de tout mal, la mère nourricière et la reine de tous les vices (Saint Grégoire)

Il y a des services si grands qu'on ne peut les payer que par l'ingratitude. Alexandre Dumas

 

C'est pourquoi, à cause de cet orgueil vil et déplacé, et en guise de remerciement à ses gestes nobles et charitables (compassion, soutien, aide, écoute...), l'homme peut parfois ne recevoir qu'hostilité et mépris, regards emplis de fiel et de rancoeurs. Pour autant, il devra toujours se rappeler une chose: l'orgueil est en réalité le péché propre de celui qui n'acceptant pas sa condition, veut se faire l'égal de son bienfaiteur. C'est dans cette malédiction éternelle que vivront ces êtres mûs par une ingratitude malsaine. Des damnés de la vie en somme.

Je puis tout pardonner aux hommes, excepté l'injustice, l'ingratitude et l'inhumanité. Denis Diderot

Quod erat demonstrandum

 

Le Bien a pour tombeau l'ingratitude humaine. Alfred de Musset

 


 

Destinée

 

On rencontre sa destinée souvent par les chemins qu'on prend pour l'éviter. Jean de la Fontaine


 

Le crépuscule des limbes

 

Dieu a donné une soeur au souvenir et il l'a appelé espérance. Michel-Ange

 

In terra pax hominibus bonae voluntatis

 

Mes écrits ont souvent eu comme thème, les religions. La religion chrétienne en particulier. Je pense n'avoir jamais fait état de la moindre intolérance, ni de prosélytisme. Je suis athée et me démarque de l'agnosticisme dans le fait que le doute ne figure pas un instant dans mon esprit. Je n'attends point de confirmation ou d'infirmation d'une existence supérieure, de la réincarnation ou d'un au delà. C'est donc libre que j'écris, sans contrainte, ni apostolat.

Je suis agnostique. Ce qui ne veux pas dire que je ne crois pas, mais que je ne sais pas si je crois. François Mitterrand

 

Je m'interroge souvent sur certains préceptes fondateurs de la religion chrétienne. La vision religieuse antinomique du Bien et du Mal, se caractérise par exemple, en une opposition constante de ces notions jusqu'à l'Har-Meguiddon (armageddon), l'affrontement final ou la colère divine s'abattra sur le monde. Le paradis et l'enfer (qui n'existent pas de façon antagoniste dans toutes les religions monothéistes), en sont les expressions les plus courantes. Le premier récompensait les plus fidèles serviteurs de Dieu, tandis que le second punissait l'impénitence des pécheurs. Au milieu, demeuraient les limbes.

Le Dieu des chrétiens est un père qui fait grand cas de ses pommes, et fort peu de ses enfants. Denis Diderot

 

Dans la religion catholique, les limbes accueillaient les âmes des enfants décédés sans avoir été baptisés, dans une vision impitoyablement palliative du Salut. Les théologiens du Moyen-Âge voyaient dans les limbes, le refuge des âmes des personnes décédées sans être baptisées, y compris de ceux qui avaient péri avant la venue du Christ. Si ces âmes ne connaissaient point de tourments, elles n'en avaient pour autant pas de Salut. Le concept de limbes n'a jamais été dans la Bible, mais il a pourtant été enseigné aux catholiques du monde entier durant des siècles. Sans remords.

Un peu de philosophie incline l'esprit humain à l'athéisme, mais l'approfondissement de la philosophie porte l'esprit des hommes vers la religion. Francis Bacon

 

L'Église catholique, sous l'impulsion du Pape Benoît XVI, vient de renoncer à ce dogme. Dieu dans son infinie miséricorde, désire le salut de tous les êtres humains, baptisés ou non, estiment les théologiens. Arguant du fait que ce concept n'avait toujours été qu'un postulat théologique et non une vérité de la foi, la religion catholique vient de mettre fin à des siècles d'endoctrinement. Et d'ouvrir la boite de Pandore... l'espérance.

À mesure que les peuples croiront moins, soit à un dogme, soit à une idée, ils mourront moins volontiers et moins noblement. Lamartine

 

 

L'espérance, toute trompeuse qu'elle est, sert au moins à nous mener à la fin de la vie par un chemin agréable. La Rochefoucauld

 


 

Écriture

 

La plume est la langue de l'âme. Miguel de Cervantès

 


 

L'ombre du soupçon

 

Ex nihilo nihil, in nihilum posse reverti ( Rien ne vient de rien, ni retourne à rien)

 

Je vous propose depuis près de 3 ans ma vision très manichéenne de la vie. Je conçois que vous puissiez être en désaccord parfois, avec certains de mes écrits ou, au contraire y trouver une certaine résonance. J’ai choisi ce thème de Bien – Mal car il me semblait fondamental en de nombreux domaines. La philosophie, la spiritualité et la religion y ont puisé une origine, une essence et sans doute une raison d’être.

La vie n'est en soi ni bien ni mal : c'est la place du bien et du mal selon que vous la leur faites. Montaigne

 

J’ai démontré au fil de mes articles que chacun d’entre nous avait en lui, une dualité Bien Mal originelle se neutralisant en un équilibre absolu et universel sans lequel nous ne saurions exister. Ces notions sont certes diamétralement antagonistes, mais aussi complémentaires. Nous pouvons ainsi nous émouvoir d’un aspect « inné » de certains de nos actes, qui relèvent plus de l’instinct que de la réflexion. Pour autant, nous ne devons nous laisser aller à des dérives pernicieuses d’un autre âge. Si le Mal est une donnée intrinsèque, sa manifestation n’en est que plus exogène et adventice.

La violence n'est pas innée chez l'homme. Elle s'acquiert par l'éducation et la pratique sociale. Françoise Héritier

 

Toute société civilisée établit en son sein un système de valeurs basé sur la distinction entre le Bien et le Mal. Que serait le bien si le mal n’existait pas ? Il n’existerait probablement pas non plus, car c’est en opposition au Mal que l’on peut prendre conscience du Bien. L’homme serait alors un être sans conscience, car il serait dépossédé de la liberté de choisir entre ces deux notions et d’y trouver à la fois sa voie, mais aussi son équilibre. Le Mal serait alors une expression non plus innée, mais acquise.

Avoir du bon sens est inné. Avoir suffisamment de bon sens fait le génie. George Bernard Shaw

 

Cette expression du Mal peut avoir diverses racines: la passion (amour, jalousie, colère, plaisir...) ou l'intérêt (cupidité, ambition...) Elle répond à un choix individuel entre le Bien et le Mal, basé non pas sur un critère génétique, mais purement éducatif ou social. C'est par notre éducation et notre héritage culturel que nous pouvons acquérir un sens des valeurs morales et du respect, totalement indépendant de notre patrimoine héréditaire.

Ceux dont la connaissance est innée sont des hommes tout à fait supérieurs. Puis viennent ceux qui acquièrent cette connaissance par l'étude. Enfin, ceux qui, même dans la détresse, n'étudient pas : c'est le peuple. Confucius

 

Parler donc de prédestination au Mal (ou au suicide) est une hérésie d'apostat. Céder au Mal, ne plus savoir faire la différence entre le Bien et le Mal, ne relève pas d'un critère génétique, mais sans doute plutôt d'une carence éducative ou culturelle, d'un accident de la vie. Céder à la tentation du suicide, n'est pas reproduire un acte hérité de nos ascendants auquel on serait, par essence malgré nous, voué. Pour Sartre, l'homme naît libre et responsable, et se définit à chaque instant par ses actes. Il n'est rien de plus vrai. 

J'appelle mauvaise foi, l'attitude de celui qui se cache sa liberté, s'abrite derrière un quelconque déterminisme pour ne pas avoir à assumer ses actes". Jean Paul Sartre

 

L'homme, étant condamné à être libre, porte le poids du monde tout entier sur ses épaules, il est responsable du monde et de lui-même en tant que manière d'être. Jean Paul Sartre

 


 

L'envol des mots

 

Philosopher, c'est apprendre à mourir. Montaigne

 

L’écriture de mes réflexions a toujours été pour moi, une manière de vous livrer sur quelques lignes, mes pensées les plus profondes sur des sujets divers et variés. C’est aussi et surtout pour moi, le moyen de me renvoyer une image aussi pure que possible de ce que je suis, de ma philosophie de la vie, de mon âme.

 

La publication de mes pensées reste un exercice inconsciemment exhibitionniste, en cela qu’elle revient à exposer à des lecteurs anonymes, l’essence même de ma réflexion intellectuelle, de mes aspirations spirituelles, ou de mes démons les plus secrets. Au delà du sentiment apparent de soliloquer, mes articles sont un moyen pour vous d’appréhender davantage qui je suis, et pour moi d’y forger ma propre analyse psychologique (voir article Réflexion 4).

 

Les paroles s'envolent, les écrits restent. Mes mots couchés ici sont, la plupart du temps, destinés à être lus sur l'instant et parfois commentés par certains d'entre vous. Pourtant malheureusement, ils restent piégés dans le dédale de mes pages, sans possibilité de vivre au delà de mon site. Ils demeurent alors par essence, de nature strictement confidentielle.

 

Certains articles sortent cependant du domaine de l'éphémère, pour être malgré moi, exposés à la lumière. Il en est ainsi de mon article intitulé "La déclaration" qui a été emprunté plusieurs fois pour des utilisations privées individuelles. Dernièrement, "l'Éternelle Jeunesse" était publiée dans une revue destinée à tous les lycéens de France. Enfin, "les Racines" ont été utilisées sur le site d'une association (voir lien ci dessous). Ces articles ont acquis désormais l'indépendance qui sied à tout écrit exemplaire. Ils ont enfin pris leur envol.

http://www.asso-racine.com

 

Écrire, c'est brûler vif, mais c'est aussi renaître de ses cendres. Blaise Cendrars

 


 

Juste quelques lignes...

 

Je sais que je me suis fait rare sur ce blog depuis quelque temps. Ce n'est pas que je veuille abandonner la rédaction de ce site, ni que je sois en manque d'inspiration, mais le temps me permettant de synthétiser mes réflexions me manque. Dans une société qui va de plus en plus vite, il est une donnée qui devient de plus en plus précieuse: le temps. Je sais que je dois trouver la parenthèse nécessaire dans ma vie, le soupir musical de la partition, pour vous coucher sur le papier virtuel de ce blog, l'espace d'un instant, de nouvelles lignes à découvrir... 

 


 

Réflexion

 

La sagesse ne peut être acquise qu'à la condition d'accepter les effets de notre double nature. LOUPBLANC

"Lupus ergo sum, dum ero"

 

Certains préceptes religieux font état de la nature intrinsèquement incomplète de l'homme. On évoque alors diverses quêtes spirituelles initiatiques visant à recouvrer l'intégralité de l'être. D'autres croyances caressent l'idée de la dualité manichéenne de l'homme, oscillant perpétuellement entre le Bien et le Mal. La sagesse commence donc par la prise de conscience de notre imperfection fondamentale, et dans cet inévitable consentement.

 

Cette dualité restera le plus souvent imperceptible, ou s'exprimera dans un environnement sain et raisonnable, mais parfois aussi, dans une pathologie schizophrène. La différence se fera alors dans la prise de conscience de cet antagonisme endogène par l'individu. Il est important de conserver à l'esprit que, dans le Bien ou le Mal, dans nos actes et nos pensées, nous ne sommes qu'un être et restons les seuls maîtres de nos choix.

 

L'écriture et l'art en général, permettent de matérialiser l'espace d'un instant, notre nature incomplète ou notre propension à nous dédoubler. Un écrivain saura mieux que quiconque décrire les émotions d'autrui, à mesure qu'il s'y identifiera. De même, un peintre exorcisera t'il ses démons enfouis à travers ses peintures. L'artiste connait ainsi les effets de sa double nature. Il y trouve au delà de son inspiration, sa réussite et son épanouissement.

 

 

Par mes écrits, inconsciemment, je dessine les prémices de ma propre analyse psychologique. J'ai conscience de la place de Loup dans ma vie actuelle, son "aura" débordant bien au delà du cadre du blog ou du monde virtuel du net. La plupart des gens que je côtoie désormais, m'appelle indifféremment par mon prénom ou par Loup. Cependant, je sais que dans ce dédoublement volontaire et accepté de ma personnalité, je reste moi-même. Bien loin de l'univers de l'artiste, Loup me sert sans doute plus à synthétiser raisonnablement mes réflexions, à vous les exprimer.

 

Prendre conscience, c'est transformer le voile qui recouvre la lumière en miroir. Lao tseu

 


   

L'Adieu aux larmes

 

Le silence a le poids des larmes. Louis Aragon

 

Le vaisseau de la vie brave parfois les tempêtes les plus implacables et affronte les fortunes de mer les plus affligeantes. On s’en remet alors à Dieu, à une bonne étoile ou un ange gardien. La façon de réagir face à ces tourments, permet non seulement de discerner parmi ses amis, les authentiques des "apocryphes", mais aussi d’appréhender ce qui fait l’essence même de la vie et de s’y recouvrer. En nous plaçant face à nos périls les plus cruels, nous apprécions enfin ce que nous valons et ce que nous sommes capables d’accomplir.

Dans cette confrontation, nous choisissons soit de réagir et de faire face, avec une infaillible détermination qui n'a d'égal que la peine que nous ressentons, soit de nous résigner à subir notre sort et d'en accepter le lourd châtiment. C'est dans cette réaction que nous nous déterminons en tant qu'être pensant et que nous définissons la nature exacte de notre existence. 

 

L'Adieu aux larmes consiste alors à comprendre que le plus dramatique revers de la vie ne peut être, ni expliqué, ni récusé. L'acceptation même de ce malheur est parfois, douloureusement impossible. Mais s'il ne peut être compris ou accepté, du moins il doit être assimilé comme un élément extrinsèque ou exogène, propre à bâtir la quintessence de tout individu. Loin du fatalisme abscons, cet adieu tend à prouver que malgré tout, la vie reste le choix fondamental.

 

Les larmes prouvent l'affection, mais ne sont pas un remède. William Shakespeare

 


 

Transition

 

Ne rien attendre, c'est s'éviter bien des déceptions. LOUPBLANC

 


 

Épitaphe

 

Tanto nomini nullum par élogium. (Nul éloge ne peut égaler celui que renferme son nom)Épitaphe de Nicolas Machiavel

 


 

Requiem pour un humaniste

 

Un geste d'humanité et de charité a parfois plus d'empire sur l'esprit de l'homme, qu'une action marquée du sceau de la violence et de la cruauté. Nicolas Machiavel

 

Ce geste d'humanité et de charité se fait, dans nos sociétés modernes, de plus en plus rare. La philanthropie n'existe quasiment plus, l'humanisme est un concept en voie d'extinction. Ce ne sont plus que des notions utopiques, héritage d'un passé brumeux et lointain. Aider son prochain revient à sortir de la normalité, à violer l'esprit individualiste et égocentrique de la société. Être bon, tout simplement, est s'exposer à la vindicte de prétendus gardiens de la bienséance universelle.    

Ainsi, en portant assistance et réconfort à une personne dans l'affliction, l'humaniste brise l'écrasant sarcophage d'indifférence qui s'est lentement et inexorablement construit avec notre civilisation. Et ce témoignage d'empathie, signe ostentatoire de son humanité, ne lui en est que davantage reproché. Je parle volontairement d'un humaniste, car ces rancoeurs venimeuses ne s'adressent étrangement pas à l'homme de foi, comme si, seule la foi religieuse pouvait s'octroyer le droit d'être charitable.

 

 

Alors, vient le temps des regrets. Las des critiques incessantes et des peines qui, malheureusement, en découlent, on en arrive à regretter ces gestes d'humanité et à se demander si elles méritaient véritablement d'en vivre les terribles tourments. L'indifférence et l'individualisme ne sont elles pas le gage d'une tranquillité mentale et affective? Les mots (maux) sont durs, mais le prix à payer pour un élan d'humanisme est parfois trop élevé. Je pense désormais devoir y réfléchir à deux fois. C'est une cruelle morale. Requiem æternam dona eis Domine.

 

L'indifférence fait les sages et l'insensibilité les monstres. Diderot.

 


 

Dans le secret de Machiavel

 

Que pour être efficace, il faut cacher ses intentions. Nicolas Machiavel

 

Les valeurs tribales sont profondément ancrées dans notre inconscient. Nous évoluons sans cesse vers un état de plus en plus civilisé, sans pour autant nous défaire de ces stigmates invisibles sur nos prises de décision, notre libre arbitre. Nous progressons, nous apprenons mais notre mode de vie reste basé sur le rapport de force primal, qui régit notre monde. C’est ce rapport qui hiérarchise notre société en fonction de critères physiques, mentaux ou financiers. Notre société est bâtie sur le pouvoir et n’obéit qu’à une loi : celle du plus fort, du plus puissant.

 

Force est de constater alors, que les rapports humains se font, à l’instar des animaux, sur la confrontation de deux puissances potentielles, sans qu’il y en ai, fort heureusement, inéluctablement engagement physique. C’est uniquement ce point qui nous différencie de l’animal dans ce cadre particulier. Nul n‘est besoin d’en venir au combat pour hiérarchiser notre société. L’apparence ou la démonstration de force suffit. On parle alors de force de dissuasion.

 

Cette loi du plus fort, cultivée dès notre plus tendre enfance, nous conditionne volontairement ou non à devenir le premier, le meilleur, à faire partie d’une élite. Le culte de la beauté, de la force ou de l'intelligence est renforcée par le pouvoir suprême, celui de l'argent qui absout toute tare. Il est difficile alors de sortir de ce carcan qui décide de notre place dans la société, en fonction de nos aptitudes ou de nos moyens. On devient loup ou agneau et ce caractère indélébile nous suit tout au long de notre vie. On distingue les castes d'un coté, une réussite de l'autre.

 

Plus fort est celui qui sait cacher sa force, que celui qui sait l’exercer.

 

Nicolas Machiavel, outre son habilité politique, a su trouver le moyen de s’affranchir de cet atavisme séculaire. Masquer volontairement ses capacités physiques et intellectuelles au risque d’être, sa vie durant, sous-estimé ou mésestimé par autrui, révèle une nature de seigneur. Ainsi, au lieu de se résigner à n’être qu’un individu servile, vivant sous la domination constante du plus puissant, se cache sous un ascétisme révérencieux, un maître diabolique certes, mais ô combien souverain.

 

Loin de l'esprit qui animait la force du naturel propre à Machiavel, la réussite réside alors dans la capacité de chacun de se jouer des circonstances, de voiler adroitement ses opinions et ses intentions, de laisser croire à l’autre que, non seulement, il vous domine ou vous contrôle, mais aussi et surtout, qu’il lit clairement dans votre pensée. Cela ne s'apparente pas véritablement à de l'hypocrisie, qui s'attacherait avant tout à servir les intérêts de la personne dominante, mais plutôt à une ruse destinée à garder intacts en soi, les idéaux qui seuls nous commandent.

 

Certes, chacun aura son opinion sur ce point particulier et apprehendra différemment les aspects de cette attitude. Il convient de se rappeler cependant, que la philosophie de Machiavel a été, comme le fut la musique de Wagner, détournée de son dessein naturel. Certains ont cru y voir d’une manière générale, la justification de la violence et de la guerre, la défense du recours systématique à la force, la nécessité de l’assujettissement des uns envers les autres. Pourtant, les principes fondamentaux de la pensée de Machiavel étaient tout autre. Machiavel demeure le précurseur de la république moderne et l'initiateur de la science politique.

 

Ainsi ces principes se déclinent sur 3 axes majeurs. Tout d'abord, le véritable souverain est celui qui exerce le pouvoir réel, fut il dans l’ombre. Ensuite, la fin justifie les moyens : autrement dit, le destin devant lequel nous sommes impuissants, justifie l’utilisation, au bon moment, du bon moyen : l'occasion propice à l'initiative audacieuse. Enfin, la lucidité et la vivacité d’esprit, qui désignent l'énergie dans la conception et la rapidité dans l'exécution, la résolution et la ruse, le "génie politique", en définitive, en sont les notions essentielles. C'est l'art de choisir les moyens en fonction du destin et de dominer ainsi les circonstances.

 


 

Les trois Sangs (300)

 

Pour mon 300ème article, je tenais à vous remercier de votre assiduité à me lire. Je sais que parfois, il est difficile de me suivre. Je ne regrette aucun de mes écrits, tracés à l'encre de mes sangs. Mon sang espagnol conserve la chaleur et l'exaltation latine. Mon sang allemand m'assure la sérénité cartésienne et la réflexion avisée. Mon sang français me lègue l'amour du langage et la richesse du vocabulaire. Je suis fier de mes origines, fier de mes sangs. Je remercie aussi ma Muse (l'inspiration) qui m'accompagne depuis 2 ans et qui guide inconsciemment ma plume.

Nosce te ipsum...

 


 

Science et Religion

 

On a coutume d’opposer la Science et la Religion. Dans mon article précédent, je décrivais cet antagonisme antique qui faisait des sciences, la lumière frappée d’ostracisme par les religions. Pourtant, la base des sciences n’est elle pas, à l’instar de la religion, la volonté de croire en l’impossible, la persuasion qu’au-delà des connaissances déjà acquises, doctrines ou dogmes, il existe une réponse indiscutable à nos questions ?

 


 

Citation

 

Soyez bons avec la terre : elle ne vous a pas été donnée par vos parents, elle vous est prêtée par vos enfants. Nous n'héritons pas la Terre de nos parents, nous l'empruntons de nos enfants. Proverbe Amérindien

 


 

Ombres et lumière

 

La clarté, c'est une juste répartition d'ombres et de lumière. Goethe

 

Dans le débat manichéen du Bien et du Mal, on peut librement décider de céder à des pulsions intrinsèques primales, ou bien choisir la vertu et garder pour soi une bonne conscience, un repos de l’Ame. On peut aussi choisir volontairement de se soustraire à ce choix, en oeuvrant de manière autarcique ou égocentrique, en interagissant nullement avec autrui ou l’environnement. On s’enferme alors dans une bulle de silence et d’ignorance. L'esprit se couvre alors d’un voile d’ombres sibyllin.

La conscience est la lumière de l'intelligence pour distinguer le bien du mal. Confucius

 

Cet obscurantisme est pérenne dans tous les domaines et de toutes les époques. On lui donnera des termes différents selon les siècles ou les civilisations, mais il aboutira toujours, de fait, à un recul de la connaissance et de l’expérience. Diderot dénonçait en son temps cet atavisme religieux qui reniait à l’homme le caractère primordial de l’expérience sur le préjugé. Le siècle éclairé a été ainsi, celui ou l’oppression de l’obscurantisme fut à son paroxysme. Et comme toujours, du savoir naît le pouvoir.

Ceux qui aperçoivent la lumière avant les autres sont condamnés à la poursuivre en dépit des autres. Christophe Colomb

 

La science et l’Art ont été, des siècles durant, les bêtes noires des religions. La première explique par le raisonnement, la plupart des faits Bibliques et propose des rapports rationnels qui remettent en cause les principaux dogmes religieux. La seconde s’entête à copier le plus efficacement possible l’œuvre de Dieu, à savoir la réalité de la nature. La peinture et la sculpture pour l’aspect matériel, la littérature et la musique pour le domaine spirituel. Tous sont les vecteurs d’éveil à la lumière et furent alors condamnés comme tels.

C'est la nuit qu'il est beau de croire à la lumière. Edmond Rostand

 

Apprendre reste une action essentielle, le moyen de s’ouvrir au monde, d’y trouver sa place. L’esprit doit être  perpétuellement en quête de savoir. La connaissance acquise par l’Art, la science et la réflexion personnelle permet de sortir de l’univers de l’ombre et de forger lentement une pensée, une sagesse. C’est dans cet apprentissage lent et constant, que nous donnons implicitement de la lumière à notre vie.

Chaque homme dans sa nuit s'en va vers sa lumière. Victor Hugo

 

Le mal existe, mais pas sans le bien, comme l'ombre existe, mais pas sans la lumière. Alfred de Musset

 


 

Pour elle...

 

Lorsque l'amour brille dans le regard, il est bientôt au fond du coeur. LOUPBLANC

 


                                                   

Le sens du Sacré

 

Nous disons qu’il n’est pas besoin de croire en Dieu pour ressentir la présence du sacré dans certaines oeuvres de Mozart ou de Bach. Georges Charpak

 

Mes rapports avec la religion sont ambigus. Mon athéisme est profond et sincère, il ne souffre d’aucune hésitation. Cela me distingue de l’agnosticisme qui refuse de se prononcer sur le Divin et qui, ainsi, émet un doute raisonnable sur l’existence même de Dieu. Je ne puis me résoudre à l’existence d’un au-delà, comme je ne puis reconnaître qu’une conscience supérieure aurait créé ce monde. Je reste résolument ancré dans un humanisme philosophique.

Douter de Dieu, c’est y croire. Blaise Pascal

 

Je lis, au hasard de mes escapades fugaces sur vos blogs, vos interrogations au sujet de la religion et ses préceptes. Je ne peux m’associer à un Autodafé virtuel, tendant invariablement à fustiger un Dieu aveugle qui laisserait les hommes s’entretuer allègrement sans intervenir. De même, je ne me reconnais point dans la croyance d’un Dieu miséricordieux, qui testerait la foi de l’homme à travers les afflictions et les infortunes de la vie. Mais au delà de ma neutralité morale, je conserve une tolérance inébranlable dans les croyances de chacun.

 

Croire en Dieu c'est avant tout et par dessus tout vouloir qu'il existe. Miguel de Unamuno

 

Ma tolérance s'adresse aussi bien aux religions monothéistes actuelles, qu'aux croyances divines passées. Je conçois ainsi, que les Romains, Grecs ou Égyptiens aient eu des divinités multiples à "idolâtrer". Je le conçois, mais n'y adhère pas. Tout comme j'accepte les diverses têtes de l'hydre ésotérique que sont le tarot, le pendule, etc etc... L'important n'est pas en somme, ce en quoi le commun des mortels croit, mais le fait qu'il y croit.

 

Pour autant, je ne me sens pas en manque de références ou de fondations auxquelles me raccrocher. Mes relations avec le domaine religieux sont basées, non sur le défi ou la dénégation stérile comme les anti-religieux primaires, mais sur une tolérance absolue et éclairée. Je me plais donc à apprendre des religions, dans une volonté avouée d'enseignement et de connaissance, sans pour autant céder une once de ma détermination et de mes convictions profondes. Non scholæ, sed vitæ discimus.

 

Athée et non baptisé, je m'enorgueillis souvent(à tort?), d'avoir pu visiter les principales cathédrales du monde Chrétien et d'avoir reçu à Rome, une bénédiction Papale. Non par le désir sourd de me glorifier inutilement de cela, mais pour le paradoxe intrinsèque que cela implique. Bon nombre de fervents croyants ne connaitront jamais cela, malgré une vie de dévotion passée au service de Dieu, tandis qu'un athée peut, par le fruit du hasard (ou de la Divine Providence) en bénéficier. J'en suis conscient. Et si mon esprit ne peut admettre le dogme religieux, il n'en demeure pas moins que je reconnais le sens du Sacré.

C'est la destinée de l'homme que de se faire des dieux toujours plus croyables auxquels il croira de moins en moins. Jean Rostand

 

C'est cet état d'esprit qui m'anime quand je pénètre dans un monastère, une église, une basilique. Le sens du Sacré induit que, même sans avoir la foi religieuse, on se sent imprégné d'une atmosphère chargée du poids de l'Histoire et des légendes des siècles. C'est ce silence qui nous renvoie à notre place dans l'univers. C'est cette lumière, filtrée par des vitraux séculaires, qui nous permet, si non de croire en Dieu, au moins d'en appréhender  la dimension. C'est surtout le théâtre ou l'humilité reprend ses droits ou se ranime la notion de respect.

 

Cette notion de respect, maintes fois galvaudée, y compris parfois à travers la religion, se retrouve malgré tout dans ses édifices dédiés à la magnificence de Dieu. Qu'on soit chrétien ou non, on respecte le lieu et on se surprend même à y parler à voix basse. Les cimetières que j'affectionne également, imposent cette même réserve. Hors du temps et des frontières, les derniers lieux sacrés sont ce qui nous permet de ne pas sombrer totalement dans une indifférence globale et de sentir, au delà des croyances diverses, la nature thaumaturgique de l'homme. 

 

On demandait un jour à quelqu'un s'il avait de vrai athées. Croyez-vous, répondit-il, qu'il y ait de vrais chrétiens ? Denis Diderot

 


 

Nemo judex in causa sua

 

Je profite de cette pause estivale pour vous préciser que ce blog n'est pas une tribune. Il n'engage que son auteur et ne veut surtout pas imposer un style ou une philosophie de la vie. Je ne veux convaincre personne, ni même susciter la polémique. Au travers de mes articles, je ne vous donne que ma vision des choses. Je ne fais qu'exprimer mes idées. J'admets donc volontiers que l'on soit opposé à celles ci, ou qu'au contraire, on y abonde totalement. J'essaie dans mes écrits d'être le plus concis possible, ce qui explique la brièveté de mes articles, pour éviter le monologue stérile et tenter sereinement d'aller à l'essentiel. Les synthèses que je vous propose et celles à venir, sont donc avant tout personnelles et doivent restées in extenso sui généris.

 


 

Le péril amoureux

 

L'amour est un sentiment doublement cruel car, pour être absolu, il attend autant de soi que de l'être aimé. LOUPBLANC

 


 

Citation

 

Il n'importe pas qu'un être soit croyant ou non : il est plus important qu'il soit bon. Dalai Lama

 


                                                            

L'ombre des démons

 

Je suis homme et je porte par conséquent tous les démons dans mon coeur. Chesterton

 

On peut être sage et n’en receler pas moins une part d’obscurité malsaine. On ne peut être seulement un vecteur du Bien. Malgré toutes les attentions et toute la gentillesse du monde, on est avant tout humain et donc, en tant que tel, soumis aux antagonismes profonds d’une lutte manichéenne séculaire intérieure. Il y a aussi du mauvais en nous, qu’on le veuille ou non. Le nier serait une absurdité de plus. L’accepter n’est pas s’y contraindre ou abdiquer, mais au contraire se prouver une lucidité éclatante.

 

Cette obscurité revêt différents lithams. La religion chrétienne en a fait des vices ou des péchés. La colère et la jalousie, la vengeance et la haine… tous se vomissent en un linceul abject qui est ancré en nos gènes. Étant athée, je ne crois aux vices et vertus, mais j’aime à penser malicieusement, que ce Mal se matérialise dans ces démons intérieurs.  Endormis, ou somnolents, ces démons n’attendent qu’une asthénie fugace de notre conscience, pour assouvir leurs désirs destructeurs. Je me sais hanté de multiples démons et malgré moi, placé sur la corde raide. Ces ombres menaçantes ondulent sensiblement en nous, en un avertissement sournois et pernicieux. Mais la sagesse n’est elle pas de savoir faire taire ses propres démons ou de ne point les réveiller ?

 

Si l'oeil pouvait voir les démons qui peuplent l'univers, l'existence serait impossible. Le Talmud

 


 

Le choix

 

Quel est ce monde virtuel à travers lequel nous communiquons? Les interrogations sur l'utilité d'un blog se multiplient de plus en plus. Ça et là, au cours de mes récentes excursions sur certains blogs, j'ai pu deviner, au delà de la crainte légitime ou non, d'être lu par des êtres indélicats, que beaucoup se demandaient jusqu'ou se livrer sur un blog. Comment ne pas mêler l'argumentation simpliste d'un bloggeur soliloquant et la part d'exhibitionnisme inhérent à cette forme de communication? Car, si nous ne voyons pas nos lecteurs ou ceux qui appréhendent nos textes, nous savons cependant que chaque mot sera lu et réfléchi et que, par là même, nous ouvrirons, à de virtuels inconnus, notre coeur et leur offrirons une partie de notre Ame.

 

Savoir conserver une certaine retenue me semble indispensable. Pour ma part, j'hésite à continuer un blog, dans la mesure ou, j'ai mon propre site ou l'éventail de mes délires humoristiques et de mes réflexions est exposé. Sur ce site, je ne perçois ni le retour positif ou négatif de mes articles, ni l'impact que ceux ci peuvent avoir. Autrement dit, dans mon site je me dissimule le fait que mes écrits puissent être interprétés. Cet isolement volontaire me rend alors une liberté d'esprit, mon indépendance.

 


 

Le crépuscule prématuré

 

A la croisée des chemins, vers le milieu de notre vie, nous commençons à aller plus fréquemment accompagner des êtres chers vers leur dernière demeure, qu'à nous réjouir de nouvelles naissances. Nous passons malheureusement notre vie à dire adieu à ceux que nous aimons, plutôt qu'à recueillir les prémices d'un sourire de nouveau né. Les deuils s'enchaînent les uns après les autres, les décès se font plus nombreux. Ainsi demain, je dois aller à l'enterrement d'un membre de ma famille, lui dire un dernier au revoir. Une nouvelle absence...

 


 

Les racines

 

L'insouciance de l'aube de la vie s'évanouit lentement, les années avançant, dans les volutes invisibles des interrogations existentielles. Le bilan de notre vie nous renvoie à nos souvenirs, nos joies, nos peines, nos remords et nos regrets. La nostalgie s'installe, pas forcement avec les langueurs assassines du chagrin, mais avec une réminiscence des ombres du passé. On en revient alors à ce qui compose l'essentiel de notre chair et de notre âme: nos racines. Celles ci sont ce que nos parents nous ont légué au delà des héritages pécuniers ou fonciers, les principes de vie, une éducation, une mémoire... en un mot une histoire. C'est cette histoire qui vient, au soir de notre vie, nous rappeler qu'à notre tour, nous devons la transmettre avant de partir. Développer de nouvelles racines.

 

Repartir là ou tout à commencé, revivre les émotions de notre propre passé ou celui de nos parents, revoir les paysages de notre enfance, c'est renforcer nos souvenirs et ne plus les vivre maladroitement par procuration. Ces pèlerinages sont essentiels pour qui souhaite garder le mince lien qui se transmet en famille, de génération en génération. C'est tisser grâce à ce lien, l'écheveau de notre généalogie. C'est aussi et surtout rendre un dernier hommage à ceux qui ne sont plus, à nos éternels absents.

 

Les racines. Ce sont celles qui, avant même que nous en prenions conscience (l'éveil de l'Ame) nous donnent l'essence de ce que nous sommes, un attachement à une terre, une référence à une patrie, une langue, la certitude d'appartenir à une communauté. Savoir d'ou l'on vient et ce que nous sommes. Ne pas avoir cet acquis, ne pas connaitre ses origines, revient à se retrouver perdu dans un monde ou l'on ne sait ni d'ou l'on vient, mais aussi paradoxalement que cela puisse être, ou l'on va. C'est ne pas trouver sa place au sein de la société, ne pas avoir de fondations solides sur lequel s'appuyer, s'ancrer. C'est être un naufragé de la phylogenèse.

 

De cette absence de mémoire familiale, certains chercheront toute leur vie, une réponse à leurs interrogations, un sens à leur vie. Qui sont ils? Les recherches généalogiques pourront leur apporter parfois des esquisses de leur passé prénatal, mais jamais un portrait complet de ce qui constitue la quintessence d'un individu, sa raison d'être.  Les autres ne feront pas cette démarche, soit par résignation, soit par désintérêt. Mais ils garderont en eux cette profonde cicatrice, celle de ne pas savoir qui ils sont.  Ils iront rejoindre alors la masse des Ames perdues...

 

Un peuple qui ne connait pas son passé, ses origines et sa culture ressemble à un arbre sans racines. Marcus Garvey

 


 

Pause

 

Parle si tu as des mots plus forts que le silence, ou garde le silence. Euripide

 


 

Point de vue

 

On tue un homme, on est un assassin. On tue des milliers d'hommes, on est un conquérant. On les tue tous, on est Dieu. Jean Rostand

 


 
 

De la réflexion à l’analyse

 

Pourquoi avez vous un blog ? Dans une société moderne ou l’on s’essouffle entre deux rendez vous, ou l’on se débat entre deux créneaux horaires, il n’y a plus guère de temps à la réflexion. La communication entre les individus s’efface peu à peu, lentement, mais aussi et c’est plus grave, l’expression même de nos propres pensées. Autrefois, les familles se réunissaient le soir autour des personnes âgées. Nous parlions. Maintenant, nous nous réfugions vers le virtuel (le blog), espace d’expression totalement apathique ou nous soliloquons pour combler ce manque de communication. La feuille blanche nous renvoie au vide insondable de nos interrogations intérieures, sans en apporter d’ailleurs, la moindre réponse.

 

Publier un article revient maintenant à exprimer une idée de façon tangible, à exorciser une obsession, à se pousser à réfléchir. C’est surtout trouver une échappatoire au silence dans lequel nous nous enfermons inexorablement, à la solitude qui nous guette. C’est de l’analyse de nos réflexions qui constituent la matière de nos blogs, que nous pouvons désormais apprendre de nous mêmes. Aujourd’hui, autrui n’est plus ce miroir qui nous renvoyait notre propre image, mais c’est l’ensemble des articles postés au fur et à mesure du temps, qui parvient à nous donner, si l’on s’en donne un temps soit peu la peine, une matérialisation fidèle de notre état d’esprit de l’instant. Une psychanalyse « sui généris » en somme.

 

Parler est un besoin, écouter est un art. Goethe

 


 

Précepte essentiel

 

A trop regarder les ombres du passé, on en oublie les couleurs du présent.
LOUPBLANC

 


 
 

Raison et sentiments

 

Le cœur a ses raisons que la raison ignore. En réalité, la raison n’ignore point les raisons du cœur, mais feint plutôt de ne pas les voir. Chacun d’entre nous a été, un jour ou l’autre, confronté à ce dilemme intérieur de devoir agir en dépit de ce que notre bon sens nous imposait. Malgré le risque ou la certitude d’un échec final inéluctable, les pulsions sentimentales l’emportent sur l’entendement, et nous poussent dans des actions vaines. Elles participent ainsi à l’apprentissage ou à l’expérience de chaque individu et façonne de la sorte les fondations de la sagesse.

 

Si la raison caractérise l’homme, ses pulsions sentimentales ne sont pas pour autant primaires ou irréfléchies. Elles sont bien souvent issues d’une inspiration générée par le psychisme et lentement développée par celui-ci. Une passion se nourrit autant d’attente que de désirs. Céder à ses pulsions revient à mettre le mental au repos, étouffer les écarts de l’imagination, sortir du virtuel dans lequel on s’est involontairement plongé, pour revenir enfin à la réalité. C’est être confronté irrémédiablement à ses rêves ou ses illusions.

 

La raison est saine et salutaire, mais laisser parler son cœur et savoir l’écouter est aussi important. L’homme n’est pas infaillible. De nos erreurs, nous apprenons beaucoup sur les autres et sur nous mêmes. Il est donc nécessaire, parfois, de céder à l’exaltation de son cœur et de mettre sa raison de coté. Toutefois, cela ne doit en aucun cas remettre en cause les fondements de ce en quoi nous croyons, bouleverser nos consciences et modifier radicalement l’équilibre entre la passion et la raison que nous avons tous en nous.

 

Si c'est la raison qui fait l'homme, c'est le sentiment qui le conduit.
Jean-Jacques Rousseau

 


 

Pour un silence...

 

Je suis conscient de ne pas être aussi rapide à écrire sur ce blog, qu'à publier mes délires sur mon second blog. Mais ce blog me demande plus de travail , de soin et d'application... en un mot plus de réflexion. Il me faut du temps pour écrire un nouvel article, et parfois les semaines passent sans que je ne publie quoique ce soit. Je suis conscient de vos attentes et des limites que je dois m'imposer. Je ne peux me résigner à la facilité de mettre en ligne une citation habilement illustrée, je préfère souvent laisser une page blanche. Cette page blanche qui me nargue chaque fois que je viens sur mon blog, qui vous laisse une pointe de déception quand vous vous apercevez que je n'ai rien écrit, me rappelle à mes devoirs, envers vous mes lecteurs, et surtout envers moi.

 


 

Le bonheur

 

On peut allumer des dizaines de bougies à partir d'une seule sans en abréger la vie. On ne diminue pas le bonheur en le partageant. Bouddha

 


 

A pas de Loup...

 

Quand on parle trop du loup, il finit par l'apprendre. Ambrose Bierce

 


 

L'éternelle jeunesse

 

L'éternelle jeunesse existe. Il suffit de continuer de croire en nos illusions, de suivre nos passions, de vivre intensément nos émotions et d’y croire. Chacun peut alors, à sa façon, repousser le poids des ans et de l’age de raison. LOUPBLANC

 


 

Citation

 

On s'attire la haine en faisant le bien comme en faisant le mal. Nicolas Machiavel

 


 
 
 

L’éveil de l’Ame

 

L'homme a beau parcourir les mers, le ciel change, pas son âme. (Caelum mutaris, non anima, per mare currens.) Horace

 

Définir l’essence même de l’Ame est, pour un athée, un véritable paradoxe. La religion chrétienne base une grande partie de ses dogmes sur l’existence de cette Ame, sur la réincarnation de celle-ci au delà de la mort. La puissance de cette croyance demeure au fur et à mesure des siècles, alors même que nous sommes incapables d’apporter la moindre preuve de la réalité de celle-ci. Cela reste d’ailleurs l’une des grandes incertitudes des agnostiques et le sujet de discordes ou de schismes entre les différentes familles religieuses.

 

Si, dans mes articles précédents, j’ai défini le caractère comme une force de l’Ame, c’est que je crois que nous avons au delà du précepte religieux, une particularité cénesthésique, celle de savoir ce que nous sommes sans avoir recours à des perceptions sensorielles. On peut appréhender cette singularité comme une prise de conscience du Soi, de ce qui fait d’un ensemble hétéroclite chimique et biologique, un individu à part entière. Cette Ame pourrait alors être tout simplement le reflet de notre conscience.

Cogito ergo sum.
Descartes

 

Les croyants pensent que l’Ame prend naissance à la conception de la vie, ou pendant l’accouchement ou bien encore lors du baptême. Pour la conscience, il en va autrement. Les nouveaux nés n’ont guère de conscience et leurs actions ne sont guidées que par un instinct de survie séculaire, héritage direct de la mémoire primitive de chacun, de ce qu’il subsiste de l’aspect animal en nous. C’est vers l’âge de 2-3 ans que l’enfant prend conscience de lui même et de son environnement, grâce en grande partie au développement de sa mémoire. L’éveil de l’Ame pourrait alors se situer à ce moment précis ou nous ne sommes plus guidés par nos instincts, mais mus par notre réflexion.

 

On peut croire que cette conscience, qui nous accompagne tout au long de notre vie, est fragile et que cette Ame reste malléable. Un accident peut engendrer un profond changement de la personnalité, c’est le cas des amnésiques par exemple, et amener un être à modifier radicalement, non seulement sa façon d’interagir avec son environnement, mais aussi sa propre réflexion sur le monde qui l’entoure. Le fondement même de son Ame s’en trouvera donc transformé. Cependant, la cénesthésie que cet individu aura de lui-même, demeurera intacte et seul le regard qu’il portera sur autrui et celui d’autrui sur lui-même sera différent. Autrement dit, la conscience, cette lucidité qui nous permet de nous sentir vivant et acteur de notre propre existence, sera intrinsèquement immuable, malgré nos actes et les aléas du temps.

 

L’éveil de l’Ame correspond donc, pour l’athée que je suis, à l’épanouissement de la conscience. Si ce principe représente depuis toujours une pierre angulaire de la religion, je pense qu’il peut être également pour les non croyants, non pas une certitude idéologique, mais un moyen de concevoir la vie, de l’expliquer par un terme linguistique, et de personnifier le principe même de celle-ci, par opposition à une réalité matérielle somatique. 

 

Sous la couche épaisse de nos actes, notre âme d'enfant demeure inchangée ; l'âme échappe au temps. François Mauriac

 


 

Le Bien, le Mal, l'Amour

 



Ce qui se fait par amour se fait toujours par-delà le bien le mal.
Nietzsche

 


 

Aimer

 

Aimer, c'est savoir dire je t'aime avant que l'être aimé en ressente le besoin. LOUPBLANC

 


 

La théorie et la pratique

 

La théorie, c'est quand on sait tout et que rien ne fonctionne. La pratique, c'est quand tout fonctionne et que personne ne sait pourquoi. Ici, nous avons réuni théorie et pratique : Rien ne fonctionne... et personne ne sait pourquoi ! Albert Einstein

 


 

La sagesse du loup

 


Plus fort est celui qui sait cacher sa force, que celui qui sait l'exercer.

 


 

La force d'Ame

 

 

Le but de la vie est le développement personnel. Parvenir à une parfaite réalisation de sa nature, c'est pour cela que nous sommes tous ici. Oscar Wilde

 

La force d’Ame se schématise dans tout ce qui représente l’état d’esprit, le tempérament ou le caractère. 
Clemenceau disait : « Quand on a du caractère, il est toujours mauvais. »
La force du naturel de Machiavel tend précisément à prouver que, quel qu’il  fut, le caractère ne doit pas être muselé par les brides de la convenance, les réserves de la pudeur, les lambeaux du mensonge. Certes, il est parfois difficile de suivre ou comprendre une personne au caractère prononcé, mais il serait plus hasardeux encore que de vouloir tempérer cette personne, en faisant taire les impulsions de ses excès d’émotions. Changer ces « mouvements de l’Ame » équivaudrait à modifier intrinsèquement cette personne, à lentement effacer ses particularités, à renier sa singularité, son essence même.

 

Ce qui fait sans doute qu’une personne nous est chère, c’est la complexité du mélange des sentiments et d’exaltations qu’elle produit. Ces mouvements d’humeur, bons ou mauvais, ne sont que des expressions du ressenti émotionnel de personnes qui ne trichent pas, en masquant ou reniant ces mêmes sentiments. On conviendra alors que ce qui peut nous sembler des colères déplacées ou des réactions capricieuses, ne sont finalement que des vagues d’émotions créées en retour d’une action ou d’une parole diversement appréciées. Avoir du caractère, c’est avant tout, ne rien garder pour soi, c’est vivre ses émotions intensément, être honnête envers soi et les autres. Il ne faut, de ce fait, pas nier cet état, qu’il soit bon ou mauvais, l’expression du caractère étant un des composants majeur de la force du naturel.

 

« Loup, tu as vraiment un mauvais caractère ! »
J’avoue avoir conscience de mon caractère impulsif et excessif. Je sais que je suis, au delà de mon naturel calme et serein, à des années lumière d’une ataraxie béate, un être dominé par des émotions positives et négatives. Je sais modérer l’expression de ces émotions quant il le faut, en société ou en cas de situation inappropriée, ou au contraire laisser libre cours à leur déferlement en un exutoire bienfaisant. Je sais que j’impose aux autres ces mouvements d’humeur. Mais la force de mon Ame, ne saurait être intégrale sans ce qui définit en somme, la force de mon naturel.

 

Ni la tour de pierre, ni les murailles de bronze travaillé, Ni le cachot privé d'air, ni les liens de fer massif, Ne  peuvent enchaîner la force de l'Ame. William Shakespeare

 


 

L'acte manqué

 

L'occasion manquée est celle-là même qui compte. Antoine de Saint-Exupéry

 


 

Souvenir

 


L'absence est le plus grand des maux.
Anatole France

 


 

Absence

 

La mère est tout dans la vie. Elle est la consolation dans la tristesse, le secours dans la détresse, la force dans la faiblesse. Elle est la source de la tendresse, de la compassion et du pardon.
Celui qui perd sa mère, perd un sein où poser sa tête, une main qui le bénit et un regard qui le protège.
Pour tout être sur terre, le mot le plus limpide est celui de "mère" et l'appel le plus doux celui de "maman"
Khalil Gibran

Bon anniversaire maman.
20/03/1945 – 27/06/2002

 


 

Nemesis II

 

Il y a deux manières de combattre, l'une avec les lois, l'autre avec la force. La première est propre aux hommes, l'autre nous est commune avec les bêtes. Nicolas Machiavel

 


 

Citation

 

C'est la nuit qu'il est beau de croire à la lumière. Edmond Rostand

 


 

La règle et le Talion

 

Notre conscience nous enseigne à préserver le Bien et nous garder du Mal. Les principales religions ont basé leur idéologie sur cette dualité séculaire. Notre vie est un parfait équilibre entre ces deux notions. On condamne l'une, on glorifie l'autre. Mais il arrive parfois, l'espace d'un instant, que les deux se confondent en un déconcertant mélange, ou les frontières sont abolies, les limites embrumées. Face au Mal, à la menace, à l'injustice, à la haine aveugle et sans limite, on peut raisonnablement oublier notre conscience et répondre au Mal par le Mal. On peut céder au Mal pour accomplir une mission bienfaitrice et salutaire. Le recours à la torture est il justifié quant il s'agit de sauver des vies? Je crois que le Mal, gisant en chacun d'entre nous, n'attend qu'une éphémère lueur d'inattention de notre part pour se déchaîner... et parfois il est nécessaire de lui laisser la place du Maître.

La guerre n'est tout au plus que barbarie. Sa gloire n'est qu'illusion. Ce n'est seulement que ceux qui n'ont jamais tiré un coup de feu ou qui n'ont jamais entendu les cris et gémissements des blessés, ce sont ceux-là qui appellent à la vengeance. Général Sherman

 


 

Némésis

 

La vengeance n'est pas un mobile ignoble lorsqu'elle sert à des fins utiles. Jack Vance

 


 

Un autre regard

 

La vie doit être vécue et non subie. Nous devons être les acteurs de notre propre existence et non de simples spectateurs impassibles ou résignés. Vivre, c'est être appelé à mourir lentement, tant notre condition humaine mortelle est inéluctable. A chacun de choisir, entre un pessimisme accablant ou inutile et une insouciance naïve ou réfléchie, la perception cénesthésique qu'il compte se donner, inconsciemment, de son existence. Et d'y trouver son fardeau, ou sa détermination.

Je regarde ce que je perds. Et je ne vois point ce qu'il me reste. Molière

 


 

Amour...

 

Si on me presse de dire pourquoi je l'aimais, je sens que cela ne peut s'exprimer qu'en répondant : "Parce que c'était elle, parce que c'était moi."  Montaigne

 


 

L'adieu

 

On passe sa vie à dire adieu à ceux qui partent, jusqu'au jour où l'on dit adieu à ceux qui restent. Comtesse de Talleyrand

 


 

Amour toujours

 

Le verbe aimer est décidément le plus difficile à conjuguer de la langue française : son passé n'est jamais simple, son présent n'est qu'imparfait et son futur conditionnel.

 


 
 

Le sens de la vie

 

La vie est un paradoxe. On ne peut concevoir notre existence sans en accepter le châtiment originel, matérialisé dans les artifices du Mal, le malheur et la tristesse. On ne peut que subir ces aléas, tout comme on se réjouit, avec insouciance, de ses aspects heureux. On ne peut qu’aimer ou haïr notre vie, selon que Dieu, le Destin ou le hasard de nos choix, nous met face à nos propres démons ou à nos désirs célestes. On ne peut qu’adorer la vie ou la craindre, dans cette oscillation éternelle entre l’enthousiasme et le désespoir. Mais la vie nous a donné un sublime présent, celui de pouvoir à notre tour donner la vie.

 

Certes, les horreurs quotidiennes et les drames personnels que nous rencontrons peuvent nous en dissuader, mais quel plus beau sens à la vie pouvons nous trouver ? Faire un enfant, c’est rendre le don de sa propre existence, transmettre au delà de son patrimoine génétique, une mémoire collective et participer ainsi, à sa façon, au dessein de l’humanité. St Exupery disait : Être homme, c'est précisément être responsable. C'est sentir, en posant sa pierre, que l'on contribue à bâtir le monde. Donner la vie, c’est se donner le plaisir suprême de savoir que l’on a fait un don de soi, mais aussi que l’on donne à un petit être, la chance et l’espoir de voir un monde différent du notre. C’est aussi continuer à exister après notre propre mort, à travers les souvenirs de cet enfant, les émotions de son cœur. Enfin, en dépit des tracas que cela suppose et des risques que cela sous-entend, donner la vie, c’est aussi le plaisir quelque peu égoïste, de se faire le plus beau des cadeaux.

 

Lorsque le premier bébé rit pour la première fois, son rire se brisa en un million de morceaux et ils sautèrent un peu partout. Ce fut l’origine des fées…

Aimer un bébé est un cercle sans fin. Plus on l'aime, plus on reçoit et plus on a envie de l'aimer. Pénélope Leach

 


 

Citation

 

Le destin n’est pas une question de chance... C’est une question de choix : il n’est pas quelque chose qu’on doit attendre, mais qu’on doit accomplir... LOUPBLANC

 


 

Confession à la Saint Roméo

 

Un loup est mieux caché parmi d'autres loups, que dans une foret vierge seul, si vierge fut elle.

 


 

Le regard de l'autre

 

Les défauts des autres ressemblent trop aux nôtres. L Langanesi

 

La beauté n'a pas d'importance puisque l'amour est sans visage.  Le regard que nous portons sur autrui est, de tous les apparats de la communication, celui qui ne semble souffrir d'aucune trahison. Une poignée de main, une parole, peuvent se révéler artificieux ou emplies d'un fiel dissimulé. Le regard, lui, ne trompe pas car les yeux ne peuvent mentir. Aussi, les regards que nous jetons sur notre société sont autant de révélateurs de notre pensée, de nos déficiences morales. Nous n'avons pas conscience que nos yeux jugent avant notre esprit, les qualités et les défauts de l'autre. La raison nous somme de taire ce que nous pensons d'une personne, mais nos yeux nous trahissent en disséquant inexorablement l'allure, l'apparence ou l'attitude de nos semblables. Et le jugement est sans appel.

 

La différence est condamnée, l'infériorité et l'infirmité sanctionnées. Nous détournerons le regard d'une personne handicapée ou d'un SDF, dans le seul but de ne pas dévoiler nos pensées, notre désapprobation ou pire... notre mépris. Le handicap qu'il soit physique ou mental est source de gêne. Sans doute nous rappelle t'il l'instinct séculaire qui vit en chacun de nous et qui nous commande de nous éloigner des êtres affaiblis, susceptibles d'attirer les prédateurs, le mauvais sort ou le Mal.

 

La différence ou la faiblesse est inconsciemment rejetée car nous la mettons en avant, alors que nous devrions au contraire l'occulter par un voile pudique. Nous sommes intrinsèquement inégaux de part nos gènes, notre rang social et notre aptitude à évoluer. Pour autant, il ne faut pas oublier que cette diversité est nécessaire à l'élaboration d'une conscience collective. La différence n'est pas une tare, c'est une richesse. Face au handicap, nous ne devons pas détourner les yeux et ne pas voir en l’autre ce manque, ce déficit ou cette carence, mais voir notre égal avec ses qualités et ses défauts, ses différences qui font de lui, un individu à part. Dans l'autre, nous ne voyons que le reflet de ce que nous montrons, c'est à dire avant tout notre humanité.

 

Le regard de l'autre, c'est celui que nous n'osons croiser, ce regard que nous refusons de soutenir. Un regard qui nous en renvoie un autre. Rimbaud a écrit: Je est un autre.

 


 

Clin d'oeil

 

La beauté n'a pas d'importance puisque l'amour est sans visage.

 


 

Amour... toujours

 

L'amitié et l'amour ne sont souvent séparés que par quelques battements de coeur.

 


 
 

La nostalgie

 

La pensée d'un homme est avant tout sa nostalgie. Albert Camus

 

La nostalgie est toujours un voyage amer vers le passé entre les remords et les regrets. LOUPBLANC

 

Que sommes nous devenus? Cette question, nous sommes tous amenés à nous la poser un jour. Avons nous fait les bons choix, notre vie aurait elle pu être différente si... Ce sentiment qui nous tiraille, qui prend son essence au creux de nos ventres, qui nous taquine d'abord légèrement, puis finit parfois par nous consumer, est un mélange indolore de regrets et de remords. Regrets de n'avoir pu donner davantage à ceux qu'on aimait, de n'avoir fait ce qu'il fallait pour eux et pour soi, remords d'avoir cédé à la tentation ou d'avoir trop tôt oublié les règles que l'on s'était fixé. La nostalgie révèle surtout un sentiment profond d'amertume et de désespoir par rapport au présent. Le passé nous apparaît alors plus lumineux qu'il ne le fut sans doute, mais surtout plus doux que le présent que l'on vit. Cette mélancolie, expression d'un mal de vivre glacial, est une prise de conscience du caractère irrémédiable de notre condition. Nous sommes mortels et le passé est le passé. Nos actes d'aujourd'hui ne rattraperont pas ceux d'hier. Et sans doute qu'à trop regretter notre passé, nous en oublions de vivre notre présent. Ce présent qui sera de fait, notre nostalgie de demain.

 

Le présent n'existe pas. Le présent, c'est le passé de demain. La vie est ainsi faite qu'on prend de moins en moins le temps, de la vivre véritablement. On l'effleure simplement. Quand on prend enfin conscience de notre existence, il est trop tard. Trop tard pour revenir en arrière, trop tard pour agir comme on l'aurait souhaité. Il ne nous reste plus alors, qu'un profond sentiment de tristesse, de nostalgie. Mais la nostalgie n'est pas forcement cette amertume ou ce vague à l'âme. Cela peut être aussi, de merveilleux souvenirs, des émotions que l'on sait perdues certes, pour toujours, mais que l'on a vécu l'espace ephemere d'un instant. La nostalgie, c'est aussi savoir se remémorer les plaisirs passés, la douceur d'un regard ou la chaleur d'un être cher contre soi. La nostalgie, c'est aussi les vestiges d'un bonheur passé, dont l'empreinte est gravé au fond de nos coeurs. C'est ce qui nous permet de nous dire parfois, que pour cet instant magique, notre vie valait le coût d'être vécue.

 

La nostalgie ? Ça vient quand le présent n'est pas à la hauteur des promesses du passé. Neil Bissondath

 

La nostalgie, c'est le désir d'on ne sait quoi... Antoine de Saint Exupery

 


 

Message pour les femmes qui font battre nos coeur

 

Il n'y a pas d'amour, il n'y a que des preuves d'amour. André Malraux

 


 

Tendresse

 

Les seuls beaux yeux sont ceux qui vous regardent avec tendresse.

L'amour naît dans un regard, grandit dans un baiser, meurt dans une larme.

 


 

De la tendresse au témoignage d'amour

 

L’amour est comme un jardin, chaque jour il se cultive, chaque jour il se nourrit. Si vous le laissez un temps de coté ou à l’abandon, il se flétrit, décline et lentement se tarit. Il faut en prendre soin, ne jamais se dire qu’il est acquis, mais toujours chercher à l'entretenir, à l’embellir. Il est comme un feu qu’il faut sans cesse attiser, de peur que ses flammes ne se languissent et s’évanouissent. L’amour ne se lasse pas de cette tendresse, il ne souffre pas de trop de caresses. L’amour vit au fond du cœur, dans la douceur du regard, le miel du baiser. La communication est primordiale ou plutôt, la complicité. Elle évite bien des troubles, des peines et des tourments. Dire ce que l’on a sur le cœur, vivre cet amour, est non seulement un bienfait pour soi, mais aussi une onde de chaleur pour celui qui reçoit ces paroles. L’amour est le plus beau des sentiments, il doit s’exprimer et non se taire. A trop vouloir garder pour soi ses mots d’amour, on risque de voir s’éteindre cette flamme qui brûle au fond de notre cœur. Nous avons tous connu l’échec et la séparation, il nous faut apprendre de nos erreurs et éviter de les commettre à nouveau. A nous de savoir dire notre amour chaque jour, le dire et le montrer pour qu’à jamais il puisse briller.

L’amour se nourrit autant de patience que de désir. Amin maalouf

 

Mais l’amour, c’est aussi les preuves d’affection. Au delà des mots, au delà des caresses, il y a la tendresse. Tendresse d’un regard, tendresse d’un baiser qui effleure nos lèvres, tendresse d’une main qui glisse sur la peau comme un voile invisible. L’amour brille des ses attentions qui sont autant de témoignages symboliques. Donner son cœur, donner son corps à l’être aimé, c’est aussi lui témoigner son attachement, lui prouver que seul lui ou elle compte, qu’il est l’élu de votre cœur, votre ame-sœur. L’acte d’amour revêt alors une importance capitale. Ce n’est plus un acte sexuel, mais l’accomplissement d’un amour dans une fusion charnelle. On ne peut rester impassible en amour, on ne peut être sur ses gardes. L’amour est un partage et un présent, une offrande. L’amour est un abandon de soi à l’autre.

 

De toutes les formes de prudence, la prudence en amour est peut être celle qui est la plus fatale au vrai bonheur. Bertrand Russell

 


 

Les anges gardiens

 

L’homme a toujours eu recours au mysticisme ou à l’ésotérisme quand ce n’était pas directement à la religion. Cet échappatoire est une manière d’exorciser ses peurs primaires, l’irrationnel de sa condition et le doute constant qui demeure au plus profond de lui sur la question de sa naissance, son existence et son devenir. Il est courant de mentionner parmi ces symboles d’un mysticisme éclairé, la bonne étoile, le destin, l’ange gardien. Laety sur son blog développait cette idée de bonne étoile qu’elle suivait depuis toujours et en laquelle elle croyait. L’ange gardien lui, est l’être censé nous aider à suivre le droit chemin, nous protéger du Mal et nous servir de guide bienveillant dans notre vie. Et s’il ne servait en fait qu’à suivre les lignes tracées de notre route et veiller à ce que ce qui doit arriver, nous arrive bien… une assurance du destin?

 

Certaines personnes considèrent un proche comme un ange gardien, alors que du point de vue purement religieux, cet ange est par essence un être surnaturel dénué de vie. Elles pensent alors que Dieu ou le destin, a placé cette personne au cœur de leur vie pour les pousser à accomplir une chose de Bien ou les aider à supporter une peine ou un drame. Quoi qu’il en soit, ces êtres ont la mission inconsciente de guider ces personnes vers leur destiné, et ne sont peut être qu’un instrument, non pas de protection divine, mais simplement l’assurance que le destin se déroulera tel qu’il doit être et non tel qu’il aurait pu devenir. L'ange gardien est peut être avant tout le gardien de la destiné.

C'est la providence qui nous dirige, lorsqu'elle nous destine a jouer un rôle sur la scène du monde. Chateaubriand

 


 

Le temps, le destin et l’oubli

 

Le temps est une notion essentielle dans notre vie. Elle nous sert d’échelle de valeur, de repère. Mais le temps nous sert aussi à relativiser les actions que nous entreprenons, à en comprendre le sens, à les juger. C’est dans le temps que nous pouvons estimer les actes de Bien et de Mal que nous avons accomplis, avoir le recul nécessaire à l’esprit d’analyse, évaluer notre degré de conscience morale. C’est aussi le temps qui nous permet d’adoucir les cicatrices du chagrin, d’assécher les puits de larmes. C’est lui qui, au fil des saisons, jette sur nos cœurs les voiles rédempteurs de l’oubli.

Le temps n'endort pas les grandes douleurs, mais il les assoupit. Georges Sand

 

Selon que l’on soit croyant ou non, on définit sa vie, comme une preuve de l’action de Dieu ou une suite de hasards plus ou moins heureux. En résumé, on parlera de destin. Le temps est intimement lié à ce destin, il en est même une des composantes essentielles avec l’espace. Le destin, c’est avant tout se trouver en un lieu précis, à un moment donné, une rencontre absolue qui jalonne chaque étape de notre vie. Le temps est la pierre angulaire du destin, celle sur qui tout repose, la joie comme la peine, la vie comme la mort.

Le Temps est un grand maître, il règle bien des choses. Pierre Corneille

 

Le temps reste aussi l’admirable thérapie du salut. La mémoire humaine est faillible et le temps distille lentement les flagrances de l’oubli. Certes, il ne guérit pas les blessures comme l’affirme l’adage, mais il contribue à rendre la douleur moins insupportable, l’absence moins accablante, les regrets moins amers. Le temps nous permet d’accepter notre sort, d’en occulter sa froide conclusion et d’oublier l’espace d’un instant que nous sommes tous mortels. C’est à travers le temps et l’oubli que nous assumons l’épreuve éphémère de notre vie.

L'absence de l'être aimé laisse derrière soi un lent poison qui s'appelle l'oubli. Claude Aveline

 


 

Un humanisme conscient

 

L'humanisme, ce n'est pas dire : "Ce que j'ai fait, aucun animal ne l'aurait fait", c'est dire : "Nous avons refusé ce que voulait en nous la bête ." André Malraux

Cet humanisme, c'est cette voix intérieure qui nous sensibilise secrètement, dès que nous glissons vers le Mal. C'est cette conscience qui se rappelle à nous, cet avertissement providentiel qui nous guide vers le droit chemin, ce rappel à l'ordre salutaire qui nous fait prendre nos bonnes décisions. C'est ce qui nous pousse à croire en la bonté intrinsèque de l'homme par rapport à l'animal, non pas que ce dernier soit l'incarnation séculaire du Mal, mais qu'il se trouve dépourvu de ce signal d'alarme qu'est la conscience. C'est ce qui nous apporte au delà des peines et des doutes, la paix de l'âme.

 


 

Citation

 

D'aucuns prétendent que la confiance, parce qu'elle est aveugle, cause bien des déceptions. LOUPBLANC

 


 

 

Le pardon

 

Comme vous le savez, je me défend de toute croyance religieuse ou même d'un agnosticisme voilé. Je suis résolument athée. Je ne crois pas en Dieu, ni en l'au delà, en la réincarnation ou au pouvoir divin. Je crois en l'homme, en ses qualités et ses défauts, en ce qui fait du Mal et du Bien, un être entier. Je crois en la conscience, celle qui vous fait peser vos actes tel un purgatoire intérieur, une sorte d'arbitre qui juge les décisions prises et les paroles prononcées. Je crois en la bonté de l'homme. Je crois en l'homme tout simplement.

 

Dans les actes de Bien que l'homme peut accomplir, il en est un symbolique, mais o combien primordial: le pardon. Je rejoins ici la genèse religieuse, j'en suis conscient, mais quelle meilleure preuve de la bonté humaine que de pardonner. Le pardon est un acte d'amour, en cela qu'il permet à une personne qui a le choix séculaire d'user du Mal pour se venger, de s'en empêcher, de contrôler la haine et la colère de son coeur et de les canaliser en un acte de Bien. Amour et pardon sont les piliers de la religion et de l'humanisme.

 

Je citerais enfin, deux phrases de l'ancien Pape. Je reviens de Rome, ou j'ai été béni par le nouveau Pape, mais je ne suis pas converti pour autant. Je refuse la religion d'ou qu'elle vienne, mais je note l'humanisme des paroles de ces Papes. La tolérance qui caractérise un humaniste est d'accepter de saines paroles d'ou qu'elles viennent, même si elles sont prononcées par un guide religieux.

L'homme qui pardonne ou qui demande pardon comprend qu'il y a une vérité plus grande que lui.

Le pardon est une option du coeur qui va contre l'instinct spontané de rendre le mal pour le mal.

Jean-Paul II

 


 

Citation

 

Désormais, je sais faire durer une seconde de bonheur. Il faut la vivre comme si c'était la dernière: le bonheur n'attend pas. Nicolas Hulot

 


 
 

La philosophie du bonheur

 

Le Bien et le Mal sont antagonistes. Chacun procure à son auteur une émotion bénéfique ou amère, une dette de coeur ou de sang. Si l'acte de Bien illumine la vie, l'acte malfaisant lui, attise le feu des rancoeurs. On se satisfera toujours d'une once de bonheur, une minuscule étincelle de joie réchauffera toujours les coeurs meurtris. On ne se satisfait jamais d'un unique acte malveillant. Mal agir, c'est devenir esclave du Mal, c'est l'accueillir en soi, lui offrir une place. Celle du Maître.

 

Le bonheur est une maladie contagieuse. Contrairement au malheur qui a tendance à faire fuir les gens, le bonheur exhale autour de lui les fragrances de bonté, de joie et de paix. Être heureux, c'est sourire à la vie et transmettre inconsciemment à autrui cet état d'esprit. Un sourire, un visage enjoué, une parole gentille et attentionnée, seront toujours perçus comme des souffles subtils de bonheur par les autres. Le bonheur rapproche, il ne divise pas, il se conjugue du singulier au pluriel. C'est une affection passionnelle pandémique. Une maladie d'amour.

Être heureux, c'est savoir se contenter de peu. Épicure

 

Qu'est-ce que le bonheur sinon l'accord vrai entre un homme et l'existence qu'il mène? Camus

 


 
 

S'amuser avec la mort

 

Cet article va choquer, je le sais, mais il a le mérite de ne tricher ni avec la vie, ni avec la mort. Je lis souvent sur certains blogs, ou j’entends ici et là, des personnes aborder le thème du suicide. Sur les blogs, on aperçoit les visions angoissées d’adolescents en quête de repères, dans la vie on entend des gens nous dire que le suicide leur paraît l’unique solution à leurs problèmes. Les adolescents sont dans une période de leur vie ou la vie paraît leur échapper, ou le monde leur apparaît se liguer contre eux et former une muraille infranchissable de frustrations et d’oublis. Je comprend ce mal être, même s’il est exacerbé par la jeunesse de ces jeunes gens. Ce que je ne comprends pas, c’est les paroles de certaines personnes qui vous disent que sans leur fille, ou sans leur ami, elles auraient commis l’acte ultime. C’est la pire des supercherie à mes yeux. C’est s’amuser avec la mort.

 

Quant une personne a fait le choix d’en finir avec son existence, vous le savez toujours trop tard. Un suicide n’est jamais raté. Une tentative est tout juste un appel au secours. Une personne qui souhaite réellement mettre fin à ses jours, ne préviendra personne, agira seule ou assistée, loin de tout et sera sure de ne pas se rater. Un suicide ne laisse pas de place au débordement de tristesse, de larmes et de regrets. Il se fait dans l’ombre, il se fait innocemment, à l’insu de l’entourage, comme si la personne partait sans bruit, sur la pointe des pieds… On ne plaisante pas avec la mort, on ne tente pas le diable avec des effets de manches larmoyants destinés à attirer la compassion ou la sympathie. Par égard à tous ceux qui ont fait ce choix et qui nous ont quitté, respectez le courage des innocents.

 

L'idée du suicide est une liberté, la tentative de suicide une soupape, et la pulsion qui mène au suicide un acte incontrôlable précédé d'un choix sans cesse reporté.

 


 

Intolérance

 

Traiter du racisme est simpliste. Le racisme s'applique à opposer deux races, deux couleurs de peau, deux styles de vie. L'intolérance elle, a des racines bien plus profondes, car elle englobe aussi bien le racisme et l'antisémitisme, que le rejet des différences sociales, culturelles et spirituelles. Si on distingue bien les effets du racisme, par les ségrégations, les discriminations et les injures, on occulte bien souvent les aspects plus pervers de cette intolérance que l'on côtoie pourtant chaque jour.

 

Refuser le droit a la différence à autrui, lui imposer par la force ou le chantage une autre façon de penser, de vivre que la sienne, est un déni de liberté. L'intolérance, c'est avant tout le refus de la liberté de l'autre et la volonté claire de le rejeter de la société en général. On crucifiait dans l'antiquité, on brûlait au moyen age, on harcèle aujourd'hui. Les instruments de cette intolérance sont multiples. ils vont de la jalousie maladive et abjecte, la calomnie, aux pires méfaits comme des lynchages réels ou moraux (brûler une personne homosexuelle, tabasser un étranger...). Il n'y a rien de pire que l'intolérance, surtout quand elle s'attaque aux justes, à ceux qui innocents et pacifistes, ne font que prêter leurs flancs aux attaques perfides. L'intolérance ne s'attaquera jamais aux puissants, aux riches, elle préférera s'abattre sur ceux qu'elle juge indignes d'exister. Elle se nourrit de notre indifférence et de notre inaction.

 


 

Déclaration d'amour

 

Il est des mots qui se suffisent à eux mêmes, des regards qui lèvent tous les doutes, des gestes qui apportent le réconfort, l'oubli et le plaisir. Il est des instants enchantés, des rencontres enivrantes ou le temps disparaît dans des volutes enflammées. Il est des contacts, des sourires qui réchauffent un corps et un coeur meurtri. Il est des amours qui se bâtissent sur la patience, la complicité et le désir. Il est des sentiments qui ne se donnent pas, mais qui se confient, qui s'abandonnent tels la confiance, la tendresse et l'envie. Il est des paroles si douces à entendre qu'elles ne peuvent disparaître à jamais dans la nuit. Il est des mots qui se suffisent à eux mêmes... je t'aime pour la vie.

 


 

La rumeur

 

Contre la médisance, il n'est point de rempart. Molière

 

La rumeur est un mensonge qui s'insinue dans les interstices de la raison, se glisse dans l'ombre du doute, puis se construit de bouche à oreille. Elle ne fait pas réfléchir les gens, elle passe comme un soupir au-dessus du vent. Les atteintes de cette exhalaison de fiel et d'humeurs nauséabondes sont parfois destructrices. Le fondement même de ces rumeurs importe peu, seul son action dévastatrice compte aux yeux de son créateur, mais aussi de son auditoire. La médisance peut allumer un grand feu.

 

Combien de brasiers ont été ainsi attisés dans le but suprême de renier tout plaisir, d'annihiler tout bonheur, de détruire la beauté, l'amitié, l'amour, l'innocence... et toutes les expressions du Bien? Dans quel but, si ce n'est par une profonde jalousie, une brève lueur de conscience qui fait apercevoir aux créateurs de ces rumeurs, l'esquisse crasseuse de leur pauvre médiocrité dans le reflet d'un miroir, dans l'onde d'un cours d'eau? Combien de relations détruites, d'amitiés envolées, de complicités disparues? et pourquoi? une satisfaction éphémère, un sentiment d'abandon au Mal inconscient qui finira par consumer aussi son créateur. Le Mal est ainsi fait qu'il ne connait point de limites, ni de frontières. Le Mal n'a pas de maître, il détruit tout.

 

On ne peut détruire une rumeur, tout juste peut on apprendre à vivre avec. On peut cependant abandonner parfois la blancheur immaculée du Bien et glisser lentement, vers la tentation perverse d'utiliser les armes du Mal. N'étant point croyant, je ne puis adhérer aux préceptes qui demandent de tendre l'autre joue, ou de pardonner aux inconscients ou même de ne pas faire attention. Le Mal appelle le Mal. Aux rumeurs, on répond par la force, la haine et le Mal. Tel est mon choix.

 

La médisance irrite les hommes et ne les corrige pas. Nicolas Machiavel

 


 

Amitié

 

L'amitié est comme l'amour. Ce sentiment est si passionnel, si profond, qu'un souffle suffit à le perturber. Une remarque, un sentiment d'abandon, une méprise parfois... Proposer son amour ou son amitié, ce n'est pas agender ses sentiments au gré de ses humeurs, de ses envies, de son calendrier. On ne joue pas en amour, on ne joue pas en amitié. Un ami ne doit jamais être un "bouche trou", un parent pauvre... il doit être le frère de coeur. 


 

Citation de LOUPBLANC

 

La vie, c'est savoir constamment repousser ses propres limites.

 


 

D'amour ou d'amitié

 

Les hommes sont de plus en plus insensibles aux beaux sentiments. L'humanisme disparaît des esprits, le bonheur s'estompe sur les visages, les sourires s'évaporent. Tendre la main ou proposer son aide est devenu un acte d'agression. Proposer son amour est une offense. Qu'on le qualifie de déplacé ou qu'il vous en rappelle parfois un autre, avec ses souvenirs, l'excuse est un indice de l'isolement moral qui nous gagne. La prison de verre se referme sur des solitudes, des larmes et des peines.

 

L'amitié est une âme qui coexiste dans deux corps. Une amitié profonde et sincère n'est pas une illumination éphémère émotionnelle, mais l'aboutissement d'une profonde réflexion ou la conséquence d'une empathie non feinte, d'une communion morale. Aimer, c'est non seulement se révéler grâce à autrui sa propre vérité, mais aussi aider l'autre à découvrir la sienne. C'est ainsi que peut naître la plus douce des amitiés, la complicité passionnée. Cette complicité est le ciment de l'amitié, son fondement, son essence même. Et quand la complicité cesse, l'amitié s'évanouit.

 


 

La déception

 

La déception ne vient jamais des autres, elle n'est que le reflet de nos erreurs de jugement. Vincent Gury

 


 

La séparation

 

La nature humaine est complexe. L’être humain, inconsciemment individualiste, passe sa vie à essayer de s’unir à l’autre, à rechercher une âme sœur. L’homme est ainsi un des rares mammifères terrestre à être fidèle ou à essayer, vainement parfois, de l’être. Quant au terme d’une quête plus ou moins longue, il finit par trouver cette âme sœur, ou croire enfin l’avoir recouvrée, le Bien peut s’installer dans son cœur dans une fusion du passionnel et du spirituel, une paix intérieure. Jusqu’au jour ou cette symbiose, naguère chimérique, ce bonheur qu’il pense effleurer des doigts, s’évapore dans des volutes glacées.

 

 

La nature humaine est complexe. De la paix peut naître le chaos, de l’amour peut naître la haine. Le Mal reprend alors sa place, irradiant son cloaque abject sur cette euphorie émotionnelle agonisante, cet amour expirant, l’incompréhension se substituant à la complicité, la défiance détrônant la confiance. Le cœur laisse alors se déchaîner les tourments de ses ires. Combien de couples unis et heureux se déchirent alors dans des invectives verbales, des procédures juridiques, des accusations corrosives. Autant on a aimé, autant on peut haïr. Et en ce domaine, l’imagination humaine n’a point de limites.

 

Les raisons de cette fracture fatale, qui font que le coeur est à jamais brisé, sont innombrables et appartiennent à chaque être. Mais quelles qu'elles fussent, l'existence de celles ci, est si insignifiante au regard de la vie, à la tendresse d'un amour partagé, qu'il est vain de s'y attarder. Mieux vaut avoir connu un amour déçu, que de ne jamais avoir connu l'amour, dit on. Ainsi va la vie.

Dans un monde globalement barbare, il est réconfortant de savoir qu'entre le moment où ils se sont rencontrés et celui où ils se sont perdus, ils se sont aimés.

 


 

 

Les âmes perdues

 

La vie est l'opportunité pour chacun de faire des rencontres. Certaines, anecdotites, ne laisseront que l'ephemere linceul du souvenir en nous. D'autres, nous marqueront à jamais. Ces rencontres peuvent être des expressions du Bien comme du Mal. Notre avenir sera tour à tour illuminé ou brisé, par ces coïncidences inspirées par Dieu ou le destin. Quoiqu'il en soit, il n'en sera plus le même.

Celui qui combat peut perdre, mais celui qui ne combat pas a déjà perdu. Bertolt Brecht

 

Les rencontres positives ont été évoquées dans le thème précédent. Spirituelles, amoureuses ou inspiratrices, elles ont la vertu de constituer un dialogue entre les individus, une confrontation de points de vue, un enseignement réciproque. On y apprend ainsi autant des autres que de soi même. Et puis, il y a les rencontres négatives, celles qui vont vous marquer d'une façon inattendue. Celles qui attendent une action de notre part, une mission, que nous ne sommes pas toujours à même de comprendre ou de répondre. Elles vont nous amener à nous interroger sur notre place dans ce monde, dans une introspection spirituelle dont on sortira grandit ou détruit.

On est ce que l'on croit. A l'instant où vous ne croyez plus, vous êtes perdu. Ben Harper

 

Nous avons tous en nous le souvenir de ces rencontres, de ces instants ou la vie nous a tendu un piège, ou notre réactivité et notre compassion ont été sollicitées. C'est l'ami qui tente de mettre fin à ses jours, celui qui ne surmonte pas un aléas de la vie, celui qui fait son deuil. Il nous est indispensable de comprendre qu'à un moment ou à un autre, la vie peut basculer, le bonheur peut s'étioler et l'enfer se faire jour. Il nous faut comprendre que nous pouvons émotionnellement et spirituellement à tout moment, nous égarer et devenir des âmes perdues.

Si tu pleures trop parce que tu as perdu ton soleil, tes larmes t'empêcheront de voir les étoiles.

 

Ces âmes perdues, ce sont selon les personnes et les époques, des dépressifs, des aliénés, des mystiques, des possédés, des misanthropes... Moi j'ai appelé la mienne mon crève coeur. Ces personnes errent dans la vie tels des fantômes, absents de toute émotion, exempts de tout sentiment. La vie n'a plus de sens pour eux et ce ne sont plus que des êtres vides, guidés par un instinct de survie séculaire, ou la flamme de la passion est éteinte à tout jamais. Rien ne peut les aider, rien ne peut les atteindre. Ils ont atteint le degré zéro du renoncement, l'abandon total de l'envie de vivre. Même leur regard trahit cette résignation. Le Bien et le Mal n'existent plus, la raison a abdiqué. Ne subsiste que cet impitoyable exil...

Rien n'est plus tragique que de rencontrer un individu à bout de souffle, perdu dans le labyrinthe de la vie. Martin Luther King

 

La vie étant un éternel recommencement, seule l'acceptation de la défaite signifie la fin de tout. Tant et aussi longtemps que l'on sait recommencer, rien n'est totalement perdu. Fleurette Levesque

 


 

Citation

 

Il faut se connaître soi-même : quand cela ne servirait pas à trouver le vrai, cela au moins sert à régler sa vie, et il n'y a rien de plus juste. Blaise Pascal

 


 

La force du naturel

 

On ne chemine jamais qu'entraîné par la force de son naturel. Nicolas Machiavel

Il y a dans la vie des instants magiques, des rencontres sacrées… et des actes manqués. Ce sont ces instants ou le temps semble suspendre son vol, ou le monde semble se figer lentement, ou l’on ressent non seulement une désincarnation soudaine et mystique de l’être, mais aussi une présence supérieure qu’on nommera, l’Ame ou Dieu. Ces instants magiques n’arrivent que rarement dans une vie, mais on sait qu’il y aura ensuite, un avant et un après. On voit que le cours de notre vie s’en trouve bouleversé, que l’avenir même n’est plus celui qui se dessinait.

 

En amour, on appellera cela une rencontre avec une Ame sœur ( ce que j’ai défini dans un précédent article), dans le domaine artistique on parlera de Muse ( une inspiration quasi mystique), dans le domaine religieux ce sera un guide spirituel. Quelque soit le terme employé ou le domaine concerné, ces rencontres marquent à jamais nos existences, car elles influent de façon significative sur notre pensée, nos prises de décisions futures. Ne pas tenir compte de ces rencontres ou pire même, tenter de les éviter, relève d’un contre pied fait au destin, d’un refus de l’évidence, d’un obscurantisme mental et émotionnel séculaire… d’un acte manqué. 

 

Le destin ou Dieu nous adresse des messages, provoque des rencontres, charge à nous de les décrypter, de les appliquer ou de les ignorer. Ce choix appartient à chacun d’entre nous, mais nous devons en accepter les conséquences intrinsèques, bonnes ou mauvaises. On parlera alors, tantôt de remords, tantôt de regrets. Je préfère ici le remords, qui évoque une décision positive et un assentiment des conséquences qui en découlent. Les regrets relèvent non seulement d’un renoncement aux messages du destin, mais aussi d’une prise de conscience tardive d'un mauvais choix, d’un acte manqué.

 

Le moteur de la vie doit rester le naturel, pas la contrainte ou l’apparence. Accepter son destin, tout comme s’accepter en tant qu’être vulnérable et faillible, est une esquisse d’une sagesse essentielle et constructive. Savoir reconnaître ses qualités et ses défauts, prendre conscience de ses actions relevant du Mal, accepter sans honte le bienfait d’une bonne action, ne pas tricher, ni avec autrui ni avec soi-même, érige lentement les fondations nécessaires à tout épanouissement d’une vie. La force de la vie est avant tout de rester naturel et de croire en soi.

 


 

L'humanisme

 

L'humanisme pratique ou moral consiste à s'imposer, vis-à-vis de tout être humain, des devoirs et des interdits : ne pas tuer, ne pas torturer, ne pas opprimer, ne pas asservir, ne pas violer, ne pas voler, ne pas humilier... Cet humanisme-là revient donc à respecter les droits fondamentaux de l'homme. L'homme n'est pas mort : ni comme espèce, ni comme idée, ni comme idéal. Mais il est mortel ; et c'est une raison de plus pour le défendre.

 


 

 

L'ultime choix.

 

Les notions de Bien et de Mal sont les pierres angulaires de toute religion, qu'elles soient monothéistes ou non. Elles sont apparues au moment ou l'homme a acquis la conscience de lui même, de ses actes, de sa place dans la société. Il a su comprendre les incidences de ses propres actions non seulement pour lui même, mais aussi pour son groupe, son habitat, son environnement et son mode de vie. Le Bien et le Mal se sont donc forgés lentement, à la lueur des expériences ratées ou réussies de chaque individu, pour venir se fondre dans la mémoire collective de l'humanité. Les religions ont donc naturellement repris ces acquis intellectuels, en les transformant en préceptes spirituels, mais le message est resté le même; lutter contre le Mal et préserver le Bien. Seules les lectures des limites de ces notions changent, en fonction d'éléments conjoncturels, de temps mais aussi de lieux.

 

Chacun prétend détenir la vérité et agir pour le Bien, mais les principes de Bien et de Mal sont souvent sujets à des interprétations galvaudées ou détournées. Quoiqu'il en soit la base spirituelle reste la même, quelles que soient l'époque ou la civilisation concernées. Celles ci sont les tables de la loi spirituelles, nos saintes écritures, des règles inaliénables. Parmi elles, on note la préservation à tout prix de la vie. Les sociétés modernes remettent en cause cette règle primaire, en légalisant l'avortement, en assistant plus ou moins officiellement l'euthanasie. C'est cette dernière que je vais aborder maintenant, en tentant de déterminer si une limite est franchie, si l'euthanasie est une action faisant partie intégrante du Mal, ou si au contraire elle révèle la bonté et la compassion de l'homme face au Bien.

 

L'euthanasie donc. Comment parler de ce sujet sans blesser et sans tomber dans le piège d'une condamnation morale ou religieuse? J'avoue avoir des sentiments contrastés à l'égard de l'acte. Autant il apparaît simple à envisager et accepter pour quelqu'un que l'on ne connait pas ou peu, autant il est difficile pour un proche. J'approuve à 100% l'action de la mère de Vincent Humbert et je lui trouve même un courage et une marque d'amour exceptionnelle. Pourtant saurais je agir de même? Il faut mettre en balance les deux cotés de ce que l'euthanasie implique. D'un coté vous avez le soulagement de ne plus laisser souffrir un être cher, une réelle compassion, un acte du coeur que l'on peut comprendre aisément, et de l'autre un sentiment d'aller contre la nature des choses, de forcer le destin, de commettre le péché suprême. Tuer.

 

La souffrance est insupportable, d’autant plus quand elle est imposée à un être cher. Comment peut on rester insensible ? L’euthanasie est illégale en France, mais couramment donnée par les médecins. C’est une des plus grandes hypocrisies de la société française. Le serment d’Hypocrate impose aux médecins de donner les soins nécessaires pour sauver la vie, pas de soulager la douleur. La prise en compte de celle-ci et l’établissement de services de soins palliatifs n’existent que depuis peu de temps. Combien de malades demandent à leur médecin cette ultime choix, celui de pouvoir choisir le jour de leur mort, le jour de la fin de leurs souffrances ? Combien de médecins acceptent ? On suppose qu’un décès sur 2 en soins palliatifs, est causé par une dose de morphine un peu plus appuyée ou une prise qui est débranchée.

 

Je distingue deux cas d’euthanasie. La personne atteinte d’une maladie incurable et douloureuse, qui ne peut vivre décemment la fin de sa vie. Cette vie n'est plus qu'une lente agonie de douleur, soulagée parfois, par des doses massives de morphine. Il est alors normal de l’aider à accomplir son ultime choix, pour qu’elle parte dans la dignité. Ce n'est faire preuve d'égoïsme que de voiler définitivement cette incarnation de la souffrance à nos yeux, mais d'altruisme que d'aider son prochain au moment ou il en a le plus besoin. Et puis les personnes atteintes de grandes paralysies, d’états végétatifs, qui ne survivent qu’avec l’assistance d’une machine. Il n’y a pas de douleur physique ici, mais une profonde détresse morale, tout aussi insupportable. Je crois que c’est faire preuve de compassion, que d’aider ceux qui ne peuvent plus mettre fin à leurs souffrances eux mêmes. Ce n’est pas un acte médical, c’est une démonstration d’humanité.

 

Le péché suprême : Tuer. L’euthanasie n’est elle pas un suicide assisté… ou un meurtre ? Ce n’est pas le geste qui compte, la seringue qui s’enfonce distillant son venin létal ou l’interrupteur que l’on enclenche, ce sont les conséquences de ce geste. L’instant juste après, le silence qui tombe, la seconde ou l’on sait que c’est fini, que la vie s’en est allée. Et là, la conscience se réveille avec son cortège de remords, on a mis fin à une vie. On pense que la personne aurait peut être vécue un jour de plus… ou deux. On se dit que la mort serait venue naturellement chercher sa victime. On pense alors que notre action Bénéfique et compatissante au premier regard, apparaît comme Maléfique et regrettable. En euthanasiant, on prive les êtres de la douleur ou du coma certes, mais aussi de tout ce qui fait de la vie un cadeau fondamental : la douceur d’un rayon de soleil, une bouffée d’air pur, le visage des êtres aimés, … l’instant d’après. Celui que la personne ne vivra jamais.

 

Parler de l'euthanasie est un sujet difficile, même si étymologiquement ce terme signifie: Bien et Mort. Tabou pour certains, péché pour d'autres. Donner un avis est une chose aisée, mais être vous même confronté à ce choix ultime, c'est une autre affaire. La raison et le coeur entrent alors en conflit. On pèse le pour et le contre, tout en sachant que cette réflexion ne mènera nul part. L'euthanasie implique un déchirement affectif profond, celui de se mettre l'espace de quelques secondes à la place de Dieu ou du destin, et de décider de la mort d'une personne. Je suis pour, comme tout un chacun, en espérant ne jamais être confronté à ce choix... ou en être la victime.

 


 

Hommage

 

On n’efface pas le temps.

Il suffit de croiser son regard avec celui d'un chat, pour mesurer la profondeur des énigmes que chaque paillette de ses yeux pose aux braves humains que nous sommes.

 


 

Amour

 

Comment définiriez vous l'amour? Je pense que l'amour, c'est se voir merveilleux(se) dans le regard de l'autre. Loin des clichés médiatiques sur les mensurations idéales, ou les courbes parfaites, l'amour trouve sa source sur ce qui nous démarque de l'esquisse uniformisée que la société et la mode en particulier nous imposent. L'amour, c'est avant tout trouver l'être aimé magnifique, avec ses qualités et ses défauts. On dit, à raison, que le regard est le miroir de l'Ame, il est aussi l'expression de l'amour, en ce sens qu'il renvoie une image embellie par la tendresse et l'affection à l'élu(e) de votre coeur. Pas l'image qu'il ou elle peut avoir d'elle même dans un vrai miroir, mais celle qu'il ou elle aimerait avoir et ne verra jamais. Le regard de l'autre est alors le reflet de notre beauté intérieure, de nos émotions cachées, ce qui nous fait nous sentir beau(belle). Dans ce regard, on ne cherche pas l'amour, on le trouve.

L'amour rend agile à tout, l'âme la plus pesante. Molière

 


 

Citation essentielle

 

On ne chemine jamais qu'entraîné par la force de son naturel. Nicolas Machiavel

 


 

Citation

 

Il est plus facile de pardonner à un ennemi qu'à un ami. William Blake (1757-1827), écrivain

 


 

 

La prison de verre

 

Pour échapper au Mal, il arrive que l'on se coupe de la réalité de la vie. Quand je parle de Mal ici, je veux dire la douleur, la souffrance, que l'on peut ressentir au fond de soi. Chacun a ses blessures, son jardin secret. Il arrive, qu'ayant eu une profonde souffrance par le passé, on se referme, on s'éloigne du monde pour ne pas être affecté de nouveau. En d'autres mots, on se protège, car on connait trop le prix à payer de la confiance, de l'amitié... ou de l'amour. Mais en cela, on se construit une prison de verre... la solitude.

 

La solitude est inéluctable. Nous naissons seuls, nous mourrons seuls. Mais la conscience de cette solitude est positive. Aussi longtemps que nous cherchons à nous en prémunir, nous éprouvons ce sentiment d'isolement et d'abandon. Ce sentiment se trouve transformé dès qu'on cesse de le nier, dès qu'on le vit tel qu'il est. Notre solitude apparaît alors, comme découlant directement de notre naissance, de la recherche de ce qui est susceptible de combler petit à petit notre vide intérieur. Elle nous donne le sentiment d'appartenir à quelque chose, religieux ou non, de nature à atténuer la souffrance qui découle du sentiment d'être isolé.

 

Ce qu'il faut surmonter, c'est l'abandon, le renoncement de l'esprit. La solitude, c'est avant tout le silence. Faire le silence et passer à l'écoute de soi. Il ne faut pas fuir la vraie solitude. Elle est inévitable. Il faut plutôt l'apprivoiser, l'attendrir lentement. Et découvrir ce qu'elle peut nous apprendre : le silence qui seul, permet d'être à l'écoute de soi.

 

Cette écoute de soi, c'est celle qui nous reste de notre naissance. Celle qui nous murmure, que la protection maternelle intra-utérine, est le dernier rempart des assauts de l'extérieur. Celle qui nous chuchote que nous sommes à l'abri, que rien ne peut nous atteindre, nous blesser. Mais c'est elle aussi qui nous dit de nous lancer, de nous jeter vers l'inconnu, vers l'avenir, de tenter notre chance, quand nous sommes enfants. C'est elle qui nous encourage à ouvrir notre coeur à l'amour, à nous montrer vulnérables, à donner et à partager. C'est elle qui nous permet de briser notre fragilité intérieure...notre carapace... notre prison de verre.

 

La souffrance morale est sans doute pire que la souffrance corporelle. La souffrance corporelle provoque un rappel à l'ordre du corps, une alarme intérieure à laquelle on finit par s'habituer. Cette douleur lancinante s'installe au plus profond de nos êtres, jusqu'à en devenir une partie intégrante, un aléas génétique. La douleur morale, elle, détruit lentement la résistance physique de la personne, en favorisant une douleur corporelle chimérique mais réellement ressentie, tout en provoquant le ravage mental lié à la dépression. Les bases de la réflexion et de la raison sont inexorablement détruites, ne subsiste alors que le Mal, omniprésent, poussant la personne au choix suprême, à sa fin programmée.

 

Je me suis toujours demandé, non pas ce qui conduisait une personne à passer à l'acte, mais ce qu'elle pouvait bien penser au moment de le faire. Sa conviction l'emporte largement sur sa raison. Éprouve t'elle du chagrin ou au contraire le soulagement de savoir que, bientôt, tout sera fini. A t'elle des pensées pour ceux qu'elle laisse, sur l'image qu'elle laissera d'elle? Ou au contraire, se défait elle de tout aspect matériel et spirituel, de toute attache à la vie? Enfin, se demande t'elle si sa vie a servi à quelque chose, à quelqu'un, ou si elle n'a été qu'une erreur de la nature, une âme perdue, une éphémère flamme de vie. Jamais nous n'aurons cette réponse. Il ne nous reste que des absences...

 


 

L'amour et la haine

 

La haine est à l'amour ce que la folie est au génie. Une altération, un effet secondaire, un dérivé palliatif. Si l'on peut glisser facilement du génie à la folie, il en va de même pour l'amour et la haine. Un génie contrarié se tarit en une folie incontrôlée, un amour inassouvi se transforme en haine assoiffée. La haine est le sentiment le plus proche de l'amour dans le domaine de l'affectif, du passionnel. Combien de crimes dits passionnels ont été commis au nom de l'amour? L'amour a cette caractéristique de toucher l'émotionnel, autrement nommé le passionnel, et aussi l'intellectuel. On aime avec le coeur et avec la tête, quoiqu'en dise l'adage qui veut que le coeur ait ses raisons que la raison ignore. Tel est l'amour. Une source inépuisable de sentiments, contradictoires parfois, mais aussi de réflexions sur notre passé, notre présent et notre futur.

 

La haine se nourrit de l'amour. Plus précisément, elle puise sa force dans les parfums de l'amour inassouvi ou déçu. Elle transforme une flagrance idéale en un relent sournois. Elle assujettit les sentiments amoureux liés au Bien, à la dévotion des décharges haineuses du Mal. Plus on a pu aimé, plus on peut haïr. La haine est même sans doute, exponentiellement inverse à l'amour. La déception amoureuse est ainsi faite, qu'elle se base non seulement sur une capitulation sentimentale et passionnelle, mais aussi et surtout, sur un sentiment intellectuel de trahison de la part de l'être aimé. Et c'est ce sentiment qui l'emporte dans la haine, pas le fait de voir mourir son amour. La trahison sentimentale, le désaveu de la complicité qui liait les êtres, l'oubli des instants magiques partagés, constituent le lit de la haine. Une fois installée, elle détruit tout ce qui a fait l'amour.

 

Cet antagonisme amour haine ne connait aucune frontière. On dit qu'il n'y a pas d'amour heureux. Je préfère penser que le passionnel est toujours conflictuel et sujet à des dérives. Dans mes articles précédents, j'ai abordé le thème de l'âme soeur. Je pense qu'un amour basé sur la rencontre d'âmes soeurs, sort du domaine de l'amour haine, non pas qu'il soit moins fort qu'un amour passionnel, mais parce qu'au contraire, en étant fusionnel plus que passionnel, il échappe aux déviations de ce rapport. Une âme soeur apaise plus qu'elle n'enflamme. L'amour n'en est que plus fort, car il dépasse les émotions du coeur, ainsi que ses altérations. Il ne peut avoir alors de prise au Mal et n'a point besoin de se prémunir d'une autoprotection.

 


 

 

L'Ame soeur

 

La notion d’âme sœur existe depuis des millénaires. On la retrouve dans certains contes mythologiques. Elle indique que l’âme humaine, intégrale et complète à l’origine, s’est séparée de Dieu ou s’est fragmentée en deux. Depuis, l'homme, ressentant ce manque intrinsèque, cherche inconsciemment à retrouver son intégralité essentielle et existentielle, à retrouver sa "moitié". Les recherches entre âmes sœurs se rattachent aux processus de quête spirituelle de chaque être humain, qu’ils soient croyants ou non. On trouve Dieu ou sa "moitié".

 

Cette recherche inconsciente se caractérise ainsi, dans notre désir profond de trouver un partenaire parfait dans la vie, notre "moitié" qui nous apportera plénitude et bonheur. Pour cela, nous cherchons ce qui nous est semblable. C'est pourquoi nos traits de caractère se reflètent dans les autres, tel un miroir de nous-mêmes. L'âme soeur est celle qui nous renvoie une image de nous, aussi proche de la réalité que possible, et aussi facilement acceptable à nos yeux. Un double en somme...

 


 

Le bien et le Mal

 

Ce blog est une approche du thème le plus ancien et le plus présent dans notre vie, le Bien et le Mal. Cette notion complexe est un subtil équilibre entre le positif et le négatif; le bon et le mauvais, le blanc et le noir. Le monde repose sur cet équilibre précaire ou les deux forces opposées se neutralisent depuis la nuit des temps. Ma vision peut paraître certes très manichéenne, mais elle demeure avant tout personnelle et ne prétend pas relever d'une vérité indubitable. Chacun a sa pensée et ses propres opinions. Ce blog veut juste apporter un regard personnel sur ces notions, certes antagonistes, mais aussi et surtout... complémentaires.

  

 



Contactez le Webmaster Contact LOUP

 
Ce site a déjà eu
beaucoup de
visites.
 

Copyright mai 2006