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Le manichéisme en religion
opposé au machiavélisme éclairé

« Alors le serpent dit à la femme : Vous ne mourrez point; mais
Dieu sait que, le jour où vous en mangerez, vos yeux s'ouvriront, et
que vous serez comme des dieux, connaissant le bien et le mal. »
(Genèse 3 : 4-5)

Choisir
comme thème de mes réflexions le manichéisme en religion relevait
d’une gageure indéniable. Pour un athée comme je le suis, cela
tenait même du paradoxe. Mais cet athéisme revendiqué me permet de
prendre une certaine distance avec mon sujet, d’y trouver
l’objectivité nécessaire à l’exposé de mes réflexions, et de
répondre à mes nombreuses interrogations de manière rationnelle. Je
ne subis pas les confusions intellectuelles liées à la foi ou à la
croyance, ni les allégation séculaires des enseignements religieux.
C’est vierge de tout préjugé ou à priori que j’ai entamé le sujet de
ma thèse. En homme libre.
Malheur à ceux qui appellent le mal bien, et le bien mal, Qui
changent les ténèbres en lumière, et la lumière en ténèbres, (Ésaïe
5, 20.)

Après
avoir patiemment dessiné une esquisse toute personnelle et
pragmatique du thème de la dualité manichéenne du Bien et du Mal,
j’en viens à dresser une synthèse relative de mes réflexions. Comme
je l’ai écrit, notre civilisation repose sur des références
religieuses, des préceptes établis auxquels nous obéissons sans même
nous en rendre compte, que nous soyons croyants ou pas. Les notions
de Bien et de Mal sont les pierres angulaires de toute religion, les
lois inaliénables que l’on nous inculque tout au long de notre vie.
Elles sont les premières règles qui régissent « in petto » notre
conscience morale.
"Bien-aimé, n'imite point le mal, mais le bien ; celui qui fait
bien, est de Dieu ; mais celui qui fait mal, n'a point vu Dieu."
(3eme epitre de Jean)

Ainsi,
notre vie est conditionnée, malgré nous, dès notre naissance en une
«conscientia moralis sui generis», subtil équilibre entre le positif
et le négatif, le bon et le mauvais, le blanc et le noir, le Bien et
le Mal. En effet, dès l’enfance, nos actes sont jugés sur la balance
du Bien ou et du Mal. Les encouragements ou les félicitations
récompenseront les actes de Bien, tandis que les punitions
corrigeront les actes du Mal. Les religions souscrivent d’autant
plus à ce lent apprentissage qu’elles en sont depuis toujours à
l’origine. Un dessein stristo sensu.
"Il
nous faut tous comparaître devant le tribunal de Christ, afin que
chacun reçoive selon le bien ou le mal qu'il aura fait étant dans
son corps." (Corinthiens 5.10)

Les
religions, qu'elles soient monothéistes ou non, adoptent comme dogme
fondamental, les notions de Bien et de Mal. Apparue au moment ou
l'homme a acquis la conscience de lui-même, de sa condition mortelle
ainsi que de sa place dans la société, au moment ou il a eu
conscience des conséquences de ses propres actions non seulement
pour lui-même, mais aussi pour autrui, pour son environnement et son
mode de vie, la dualité manichéenne s’est inscrite dans son esprit,
à la douleur de ses échecs ou au bonheur de ses succès, pour forger
lentement la conscience morale de l'humanité.
«Ne jugez de rien avant le temps, jusqu'à ce que vienne le
Seigneur, qui mettra en lumière ce qui est caché dans les ténèbres,
et qui manifestera les desseins des coeurs.» (Corinthiens 4.5)

Pour
autant, la perception du Bien ou du Mal n’est pas aussi simple qu’il
n’y paraît. En effet, cette dichotomie de nos actes en un jugement
religieux ou philosophique perpétuel, n’est pas objectivement
concevable. L’évaluation de nos actes ne dépend pas seulement de
critères psychologiques ou théologiques, mais aussi de conjonctures
liées à l’espace et au temps. Ainsi, les actes ne seront pas
ressentis par nous même ou par autrui de la même façon, selon
l’époque et le lieu ou ils se seront déroulés.
«Si
le juste se détourne de sa justice et commet l'iniquité, s'il imite
toutes les abominations du méchant, vivra-t-il? Toute sa justice
sera oubliée, parce qu'il s'est livré à l'iniquité et au péché; à
cause de cela, il mourra.» (Ezechiel 18.24)

En
effet, l’histoire de chacun, la mémoire collective ou l’éducation
différente reçue par chaque individu pervertira irrémédiablement
notre façon d’appréhender les actes de nos semblables, tout comme
les nôtres. Ainsi, un acte de Bien ou de Mal est une question
d’occurrence et non de certitude. Nous jugeons sans doute trop
facilement les actes d’autrui en tant qu’acte du Mal sans être aussi
impartiaux ou objectifs pour nos actes propres.
«
Que celui qui est injuste soit encore injuste, que celui qui est
souillé se souille encore; et que le juste pratique encore la
justice, et que celui qui est saint se sanctifie encore. »
(Apocalypse 22 .11)

Pourtant, la religion définit sans circonstances atténuantes ou
degrés d’appréciation ce qui relève du Bien et ce qui relève du Mal.
Elle définit alors de façon totalement subjective que tel acte sera
un Mal ou tel autre un Bien. Sans discernement ou repentance aucune,
elle a ainsi cautionné les plus grands génocides en son nom
(inquisition, conquête de l’Amérique latine, …) sous le couvert de
la défense du Bien et de la lutte contre le Mal. La dualité
manichéenne y a trouvé plus qu’une raison d’etre, une essence.
«
Des livres furent ouverts. Et un autre livre fut ouvert, celui qui
est le livre de vie.
Et les morts furent jugés selon leurs oeuvres, d'après ce qui était
écrit dans ces livres. (...)
Quiconque ne fut pas trouvé écrit dans le livre de vie fut jeté dans
l'étang de feu. (...)
Leur part sera dans l'étang ardent de feu et de soufre, ce qui est
la seconde mort.»
(Apocalypse 20.12,15 et 21.8)

Le
Machiavélisme aborde cette notion de Bien et de Mal, non de façon
antinomique ou antagoniste, mais de façon corrélative voire
complémentaire. S’il paraît établi que ce qui distingue l’homme de
l’animal est la manière de régler un problème par la loi plutôt que
par la force, pour Nicolas Machiavel la force est aussi utile que la
loi afin de s’assurer un succès. Il est donc vraisemblablement
admissible de considérer que l’usage du Mal ne peut être écarté, si
l’on désire agir dans l’intérêt général ou pour s’assurer une
victoire finale.
"Il faut estimer comme un bien le moindre
mal." Nicolas Machiavel

Ainsi le
machiavélisme nous enseigne trois principes fondamentaux. Tout
d'abord, le pouvoir appartient à celui qui l’exerce réellement, fut
il dans l’ombre, et non à celui qui prétend ou entend l’exercer.
Ensuite, la fin justifie les moyens : autrement dit, le destin
devant lequel nous sommes impuissants, justifie l’utilisation, au
bon moment, du bon moyen : l'occasion propice à l'initiative
audacieuse. Ainsi, l’utilisation d’actes du Mal est il pleinement
justifié si le dessein qu’il sert, est clairement établi. Enfin, la
lucidité et la vivacité d’esprit, qui désignent l'énergie dans la
conception et la rapidité dans l'exécution, la résolution et la
ruse, le "génie politique", en définitive, en sont les notions
essentielles. C'est l'art de choisir les moyens en fonction du
destin et de dominer ainsi les circonstances. En conclusion, l’usage
du Mal est toléré et même parfois nécessaire pour celui qui souhaite
réussir son entreprise.
«Car la force est juste quand elle est nécessaire.» Nicolas
Machiavel

Le Bien
et le Mal sont donc au cœur du machiavélisme. Cependant, bien loin
de la sempiternelle confrontation exhalée par les religions,
Machiavel les enchaine de façon bien plus réaliste. En s’opposant au
dicta qui veut que le Bien sera la récompense de ceux qui souffrent
ou endurent le Mal (cf enseignement élémentaire de la doctrine et de
la morale chrétienne), et que ceux qui s'adonneront au Mal seront
punis ad vitam aeternam, il insiste sur la corrélation intime de ces
deux notions. Le Bien est toujours si intrinsèquement lié au Mal,
qu’il semble impossible de les concevoir l’un sans l’autre. De même,
il n’existe pas de bien ou de mal en soi.
« Car il faut faire tout le mal d'un coup afin que moins
longtemps le goûtant, il semble moins amer, et le bien petit à petit
afin qu'on le savoure mieux. » Nicolas Machiavel

Le Mal
n’est donc pas une transgression fatale ou une damnation morale,
mais une démarche acceptable en politique plus qu’en religion, si sa
fin est de servir un Bien général final. En se démarquant
radicalement de la morale et de la religion, le machiavélisme nous
enseigne qu'il est nécessaire de savoir user de la ruse et de la
force, de rejeter les principes fondamentaux d'abnégation et de
pardon de la religion, et de s'armer parfois de certaines intentions
amorales mais non immorales.
« Tout le mal de ce monde vient de ce qu'on n'est pas assez bon
ou pas assez pervers. » Nicolas Machiavel

Par
ailleurs, Machiavel souligne l'incapacité pour l'homme de distinguer
le Bien du Mal. Ainsi, selon lui, l'homme peut juste affaiblir le
mal dans le bien ou accentuer le bien dans le mal, ce qui sous
entend une possibilité de conversion ou de commutation de ces
notions. Un acte de mal peut se transformer en acte de bien s'il en
résulte plus de résultats positifs que négatifs. Quod erat
demonstrandum
«
Les hommes sages savent se faire toujours un mérite de ce que la
nécessité les contraint de faire. » Nicolas Machiavel

« On
doit bien comprendre qu’il n’est pas possible à un prince, et
surtout à un prince nouveau, d’observer dans sa conduite tout ce qui
fait que les hommes sont réputés gens de bien, et qu’il est souvent
obligé, pour maintenir l’État, d’agir contre l’humanité, contre la
charité, contre la religion même. Il faut donc qu’il ait l’esprit
assez flexible pour se tourner à toutes choses, selon que le vent et
les accidents de fortune le commandent ; il faut, comme je l’ai dit,
que tant qu’il le peut, il ne s’écarte pas de la voie du bien, mais
qu’au besoin il sache entrer dans celle du mal. » Nicolas Machiavel
(Toutes les illustrations de cet article sont des photos que j'ai
pris à Florence, ville ou vécut Machiavel)
Transition

Il y a
deux tragédies dans la vie : l'une est de ne pas satisfaire son
désir et l'autre de le satisfaire. Oscar Wilde
Tourner la page

Il
faut tourner la page,
changer de paysage,
le pied sur une berge,
vierge...
Claude Nougaro

Dans "la
voix de Nemesis", j'ai tenté une approche du thème de la vengeance
en tant que réponse à un acte de trahison. Face à cette attaque
sournoise et pernicieuse, je considérais tout à fait légitime,
l'acte de vengeance comme un anathème sur l'autel expiatoire de la
justice. La discussion s'est alors engagée avec certains d'entre
vous, sur la différence entre la vengeance froide et différée et la
réplique immédiate par la colère instinctive et "fulgurante". Le
débat s'installa.
Qui bene amat, bene castigat.
Une
vengeance trop prompte n'est plus une vengeance; c'est une riposte.
Henry de Montherlant

Comme tout être humain, je me sens
plus enclin à répondre à une agression par une réaction immédiate.
Cependant, cette réponse serait dictée, non pas par une réflexion
psychologique ou morale, mais par une brusque bouffée d'adrénaline,
une résurgence latente de mes instincts primitifs. La colère en est
sa plus fidèle illustration. Mais cette colère, par essence, n'a
rien de réflechi, d'abouti. Elle ne repose sur aucune logique, si ce
n'est l'attaque pure en tant que systeme de défense. La vengeance
elle, se nourrit, avec le temps, des plus inavouables réflexions, de
la plus implacable détermination.
Finis coronat opus
Ma
vengeance est perdue s'il ignore en mourant que c'est moi qui le
tue. Racine

Attendre. La vengeance telle que je la définie, est comme un vin qui
doit lentement atteindre sa maturité, pour liberer, le jour venu, la
gamme complete de ses saveurs et de ses parfums. Trop tot, elle
serait insipide ou tout au plus, legerement piquante. Trop tard,
elle serait passée et liquoreuse. Une vengeance se nourrit autant de
temps que de réflexion. Elle doit murir lentement. Un recul et une
modération temporaire de nos émotions sont parfois nécessaires, pour
avoir plus d'empire sur notre dessein final, qu'un acte déterminé
par la colère et l'empressement.
Un homme a toujours le droit de se
venger, si peu que ce soit; la vengeance est bonne pour le
caractere; d'elle nait le pardon. Graham Greene

Il
faut donc savoir être patient. Si le désir de vengeance est réel et
non dicté par les émotions passionnelles de l'instant, ses
motivations ne s'évanouiront pas et au contraire, elles se
renforceront. J'entends, ici et là, dire que la vengeance détruit
d'abord celui qui désire se venger. Cela n'est vrai que si, à terme,
celui ci ne peut assouvir sa vengeance légitime. Mais s'il demeure
intimement persuadé que le jour du chatiment est proche et surtout,
s'il reste conscient que lui seul peut décider de ce jour, alors il
n'en sera nullement affecté. Au contraire, ce sera pour lui un
moteur.
Plus la patience
est grande et plus belle est la vengeance. Diabaté

Je sais
qu'il me faudra être patient, mais je suis conscient d'avoir tout
mon temps. La vengeance n'est pas pour moi, un acide qui me ronge
de l'intérieur car je sais, avant tout, qu'un jour il y aura la
place pour elle. Je sais que le temps aura fait son oeuvre et qu'il
ne restera que l'essence même de mes rancoeurs, dépourvues des
émotions colériques qui pourraient la perturber. Fi de la rage et de
la violence, je sais alors que Nemesis parlera et que j'obtiendrais
alors, au delà du repos de l'esprit, la satisfaction intime de
m'etre vengé. Et je pourrais alors tourner la page...
La
vengeance est une justice sauvage. Francis Bacon
Transition

N'importe qui peut voir ce que tu sembles être; quelques rares
seulement peuvent tâter ce que tu es. Nicolas Machiavel
La voix de Nemesis

La fin
justifie les moyens. Nicolas Machiavel

A
travers mes écrits, je lève inconsciemment le voile sur une grande
partie de ce que je puis être. Je vous livre sur ces lignes, mes
qualités et mes défauts, mes fiertés certes toutes relatives et
personnelles, mes doutes profonds. Mon rapport à la religion, par
exemple, est une illustration du paradoxe très passionnel qui
m’habite. Je tourne sans cesse autour d’elle, tout en rejetant
constamment tous les dogmes et préceptes religieux fondamentaux. Je
suis athée et ne pourrais jamais n’être que cela. Atheus in extenso.
Il nous est ordonné de pardonner à nos
ennemis, mais il n'est écrit nulle part que nous devons pardonner à
nos amis. De Medicis

A la
lumière des derniers événements de ma vie, j’ai compris que je ne
pourrais jamais tendre à croire en Dieu. Même après avoir lu les
livres saints, m’être entretenu avec des hommes de Dieu, des
croyants de toutes religions, je sais que je ne serais jamais de
ceux là. Je sais que plus l’homme vieillit, plus il a tendance à
vouloir se rapprocher de Dieu, afin de se prouver que sa mort
imminente, ne sera pas la fin définitive de son existence. Les
agnostiques et dans une certaine mesure les athées, connaissent tous
à une période de leur vie ce doute profond : Et si Dieu existait
vraiment ?
On pardonne tant que l'on aime. De La Rochefoucauld

Dans mon
article précédent, j’ai écrit que toutes les religions
(essentiellement monothéistes), étaient basées sur le pardon, la foi
en un Dieu miséricordieux. C’est une des caractéristiques communes
aux trois grandes religions. Ce pardon consiste principalement à ne
pas tenir rigueur d’une faute ou d’une trahison, de faire taire ses
rancunes et ses désirs profonds de vengeance pour l’offensé, et à
reconnaître implicitement ses fautes et ses erreurs pour
l’offenseur. Un mea culpa in petto.
Il n'y a point d'injures qu'on ne
pardonne quand on s'est vengé. Vauvenargues

Dans la
religion juive, le péché naît d’un conflit de l’homme avec Dieu, qui
exige son repentir et lui octroie son pardon. Cependant, l’homme
doit également obtenir le pardon de son prochain, notamment pendant
le Youm Kippour, période ou l’homme expie ses péchés devant Dieu et
pardonne à ses offenseurs. La religion chrétienne, prône dans le «
Notre Père » le pardon de ceux qui nous ont, ou que nous avons
offensé. L’islam, par le pèlerinage et la lapidation des stèles
sataniques, permet de se débarrasser de ses péchés et d’obtenir le
pardon devant Dieu. Ce pardon est donc un pilier essentiel de celui
qui veut croire, de la foi.
Qui
pardonne aisément invite à l'offenser. Corneille

Pardonner, c’est accepter l’offense et refuser tout acte de
vengeance. C’est mettre fin à un conflit en acceptant
intrinsèquement d’en être le perdant. C’est tendre l’autre joue, se
montrer indulgent. C’est attendre en retour de ce pardon, la
rédemption, un acte de Bien reconnu par Dieu.
Pourtant éthymologiquement, pardonner (per donare) signifie à
l’origine payer son dû, régler sa dette. Stricto sensu.
Il faut pardonner à ses ennemis mais
pas avant de les avoir vu pendus. Heinrich Heine

Je ne
peux être croyant car je ne peux pardonner. Ce n’est pas une
question de savoir pardonner, mais de le vouloir. Je reconnais
l’horreur de cette phrase et le Mal qu’elle implique. La religion
enseigne depuis des millénaires, que le pardon est le chemin vers
Dieu, vers la sagesse… Je ne puis admettre de pardonner à une
personne qui vous a volontairement blessé ou a essayé de faire du
mal à vos proches. La loi du Talion (la Nemesis de certains de mes
articles), est la seule voix (voie) que je reconnaisse. Je
n’excuserais jamais, je ne pardonnerais jamais. Je suis
définitivement perdu pour Dieu.
On commence par se croire pardonné, on
finit par se croire justifié.

Si
tu as un ennemi, tues le... ou fais en un ami. Nicolas Machiavel
Car il faut faire tout le mal d'un coup afin que moins longtemps le
goûtant, il semble moins amer, et le bien petit à petit afin qu'on
le savoure mieux. Nicolas Machiavel
Transition

Je sais
que l'article suivant va vous paraitre sombre. J'assume totalement
le fait que vous puissiez vous sentir mal à l'aise à la lecture de
celui-ci. Ceux qui me suivent depuis des années sur ce blog, savent
combien je reconnais ma part d'ombre. Parfois, mes démons refont
surface et se rappellent à mon souvenir. Et puis, ils s'evanouissent...
Le poids de la trahison

C'est de la confiance que nait la trahison.

En
amour comme en amitié, il existe des choses plus cruelles que la
mort ou la séparation. La trahison fait partie de cela. Et si l'on
peut excuser le désamour, la faute, l'erreur ou l'imcomprehension,
si l'on peut accepter que les chemins se séparent, la trahison,
quant à elle, ne peut esperer le moindre pardon. Elle demeure pour
toujours gravée au coeur en lettres de sang. Inexcusable et
impardonnable.
LOUP

On n'est
jamais mieux trahi que par ceux que l'on aime, ou par ceux qui vous
sont proches. C'est par cet axiome que je commencerais mon article.
L'homme est, par nature, méfiant. De par son heritage génétique,
mais aussi à travers son histoire, sa mémoire collective riche d'un
enseignement de multiples deceptions , il sait inconsciemment que sa
survie depend du degré de confiance qu'il accordera (ou pas) à son
environnement et à ses semblables. Si le malheur veut que les
conditions s'y pretent, s'il baisse sa garde un instant, il en
subira aussitôt le chatiment. Et en paiera le prix.
L'amour est un chatiment. nous sommes
punis de n'avoir pu rester seuls. Marguerite Yourcenar.

Accorder
sa confiance revient à abandonner une partie de soi à l'autre, de
lui offrir précieusement une infime parcelle de sa vie. Pour les
militaires ou les guerriers d'antan, il s'agit de confier son sort à
un frere d'armes, de s'en remettre à lui, aveuglement. Pour les
autres, faire confiance revient à ouvrir son coeur et à partager ses
émotions les plus intimes, dans une complicité ou une intimité plus
que fraternelle. Pour les plus croyants enfin, il s'agira de
communier avec Dieu et de croire avant tout. La foi, elle meme,
repose sur cet acte de confiance.
Quand une fois on a
accueilli le Mal chez soi, il ne demande plus qu'on lui fasse
confiance. Kafka

En
donnant cette confiance, l'homme accorde non seulement à la personne
élue, un statut privilégié au sein de son coeur, mais lui abandonne
également les defenses ou barrières invisibles qu'il s'est construit
au fil du temps et des epreuves, ces armes qui le protègent autant
que possible, des attaques aussi bien physiques, morales ou
spirituelles qu'il pourrait rencontrer. En lui confiant ses failles
et ses faiblesses, il en fait un allié éternel indéfectible ou le
pire des judas, en lui indiquant malgré lui, ou le frapper.
L'experience prouve que celui qui n'a
jamais confiance en personne ne sera jamais déçu. Leonardo Da Vinci

Trahir.
Que pouvait songer Judas au moment de livrer le Christ? Que pouvait
il penser quand ce dernier le designat aux apotres réunis comme
celui qui allait le trahir? Et à posteriori, songeait il à sa
devotion aveugle, son amour et son attachement pour cet homme qui
lui fit confiance, ses paroles sincères et l'authenticité de sa foi
et de sa loyauté qu'il avait su montré et prouvé jusqu'alors pour
celui qu'il finit un jour par trahir? Comment accepter un acte de
trahison quant on a été tant convaincu, quant on a tant aimé? La
conscience et la morale s'evanouissent elles, l'espace d'un instant
pour laisser place à la froideur du coeur? Une absence mortelle de
sentiments...
La confiance est une des possibilités divines de l'homme. Henry de
Montherlant

Faut il
pour autant cesser de faire confiance aux autres et, tel le pire des
misanthropes, s'enfermer dans un monde, une bulle protectrice,
certes sûre et sans désillusions, mais aussi, froide et aseptisée?
Faut il vivre replié sur soi meme et agir avec indifference avec nos
semblables? Il nous est malheureusement impossible de reconnaitre
ceux qui trahiront un jour notre confiance, mais il est pourtant
possible de nous en prémunir. Avec du discernement, avec l'aide
d'amis sinceres, on peut apercevoir ce que le coeur refuse de voir.
Ouvrir les yeux.
Faire confiance aux hommes, c'est dèjà se faire tuer un peu.
Céline

Il est
pourtant infiniment difficile d'accepter cette revelation, tant
l'espoir en la personne fut grand. Car en premier lieu, cela revient
à reconnaitre nos erreurs de jugement, et à reconnaitre nos propres
torts. Nous avons eu foi en une personne, nous lui avons accordé
notre confiance, nous avons partagé avec elle nos joies et nos
peines, avant d'etre lachement trahi par elle. A travers ce constat,
cette trahison nous rappelle combien nous sommes vulnérables et
malgré nous, naifs.
Il est plus facile de
pardonner à un ennemi qu'à un ami. William Blake

Pour
conclure, il convient de reconnaitre que certaines personnes ne
méritent pas la confiance que l'on serait enclin naturellement à
leur accorder. Ces personnes ignorent en vérité le sens des valeurs
morales, l'amitié, l'amour, la fidélité, la sincérité, l'empathie ou
la philanthropie. Elles n'agissent que par interet ou dans l'instant
présent. Leurs sentiments sont éphémères et illusoires. Le revers de
ce comportement atypique, est qu'elles ne trouveront jamais ce
qu'elles recherchent inconsciemment (amitié, amour, paix interieure...)
car elles ne s'en montreront jamais assez dignes. Elles porteront à
jamais sur leurs épaules le poids de la trahison.
L'homme est né pour trahir son
destin. Paulo Coelho

Quand je plonge mes yeux dans ton regard, je ne vois plus que le
poids de la trahison. LOUP
Transition

Que
pour etre efficace, il faut cacher ses intentions. Nicolas Machiavel
La force de Némésis

Il n'est
de meilleure vengeance que l'indifférence et l'oubli. LOUPBLANC
L'orgueil des damnés

Les
orgueilleux ne laissent pas de gloire derrière eux. William
Shakespeare

"L'homme
est naturellement bon et c'est la société qui le pervertit". C'est
par cette phrase que Rousseau reconnaît la bonté originelle de
l'homme. Ce dernier est, par nature, enclin à faire le Bien.
Cependant, de part son essence fondamentalement primitive, l'homme
tend également inconsciemment au Mal. Seule sa raison (et/ou sa
conscience), annihile son passage à l'acte, son abandon au Mal. Pour
un temps...
On
s'attire autant la haine en faisant le bien comme en faisant le mal.
Nicolas Machiavel

La
dualité manichéenne Bien-Mal est si pernicieuse, qu'il est admis
parfois de reconnaître maladroitement aux personnes qui s'adonnent
aux Bien, le même plaisir intérieur qu'à celles qui se complaisent à
engendrer le Mal. Faire le Bien comme faire le Mal procure à
l'individu, un sentiment d'accomplissement, selon que cela réponde à
ses besoins d'actions bienfaitrices ou à contrario à ses pulsions
malsaines. Tout dépend alors du choix primaire de l'individu, de la
lumière ou des ténèbres.
La vie n'est en soi ni bien ni mal
: c'est la place du bien et du mal selon que vous la leur faites.
Montaigne

Si sa
prédilection tend plutôt au Bien, il est normal de considérer qu'en
realisant une action bienfaitrice, l'être humain ne se satisfera que
d'un sentiment intime de plénitude. Il ne doit rien attendre en
retour d'un acte charitable, dans la mesure ou, parce qu'il est fait
de façon purement gratuite, il en devient inéluctablement
jubilatoire. Pour autant, s'il se doit par nature d'être
désintéressé, il arrive que certaines personnes cèdent à la
tentation d'attendre autre chose en retour, que la simple sensation
du devoir accompli. A tort.
L'orgueil précède la ruine de
l'Ame. La Bible

Par
ailleurs, certaines personnes, par leur comportement, se montrent
indignes des actes de Bien que l'on a pu leur témoigner. Il en est
ainsi de la nature humaine, complexe et capricieuse. L'adage "on ne
mord pas la main qui vous nourrit" se veut bien candidement
théorique, mais se révèle dans la pratique, totalement utopique.
Ainsi, il est courant de rencontrer au détour d'un geste empreint
d'empathie, le visage sombre de la vilénie: l'orgueil.
Ne payez
pas d'ingratitude le bien que l'on vous a fait. Proverbe oriental

Cela
remet-il en cause notre choix du Bien envers le Mal? Je ne crois
pas. Dans la mesure ou l'homme reste conscient d'agir de façon
altruiste, de conserver une conscience inébranlable, et de savoir se
satisfaire "in extenso" de cela, l'orgueil n'est que l'une des
manifestations désespérée des faibles. Considéré à juste titre comme
l'un des sept péchés capitaux, l'orgueil était perçu par les pères
de l'Eglise, comme l'origine de tous les péchés, la racine de tout
mal, la mère nourricière et la reine de tous les vices (Saint
Grégoire)
Il y
a des services si grands qu'on ne peut les payer que par
l'ingratitude. Alexandre Dumas

C'est
pourquoi, à cause de cet orgueil vil et déplacé, et en guise de
remerciement à ses gestes nobles et charitables (compassion,
soutien, aide, écoute...), l'homme peut parfois ne recevoir
qu'hostilité et mépris, regards emplis de fiel et de rancoeurs. Pour
autant, il devra toujours se rappeler une chose: l'orgueil est en
réalité le péché propre de celui qui n'acceptant pas sa condition,
veut se faire l'égal de son bienfaiteur. C'est dans cette
malédiction éternelle que vivront ces êtres mûs par une ingratitude
malsaine. Des damnés de la vie en somme.
Je
puis tout pardonner aux hommes, excepté l'injustice, l'ingratitude
et l'inhumanité. Denis Diderot
Quod
erat demonstrandum

Le Bien
a pour tombeau l'ingratitude humaine. Alfred de Musset
Destinée

On rencontre sa destinée souvent
par les chemins qu'on prend pour l'éviter. Jean de la Fontaine
Le crépuscule des limbes

Dieu a donné une soeur au souvenir et il l'a appelé
espérance. Michel-Ange

In terra
pax hominibus bonae voluntatis

Mes
écrits ont souvent eu comme thème, les religions. La religion
chrétienne en particulier. Je pense n'avoir jamais fait état de la
moindre intolérance, ni de prosélytisme. Je suis athée et me
démarque de l'agnosticisme dans le fait que le doute ne figure pas
un instant dans mon esprit. Je n'attends point de confirmation ou
d'infirmation d'une existence supérieure, de la réincarnation ou
d'un au delà. C'est donc libre que j'écris, sans contrainte, ni
apostolat.
Je suis agnostique. Ce qui ne veux pas dire que
je ne crois pas, mais que je ne sais pas si je crois. François
Mitterrand

Je
m'interroge souvent sur certains préceptes fondateurs de la religion
chrétienne. La vision religieuse antinomique du Bien et du Mal, se
caractérise par exemple, en une opposition constante de ces notions
jusqu'à l'Har-Meguiddon (armageddon), l'affrontement final ou la
colère divine s'abattra sur le monde. Le paradis et l'enfer (qui
n'existent pas de façon antagoniste dans toutes les religions
monothéistes), en sont les expressions les plus courantes. Le
premier récompensait les plus fidèles serviteurs de Dieu, tandis que
le second punissait l'impénitence des pécheurs. Au milieu,
demeuraient les limbes.
Le Dieu des chrétiens est un père qui fait grand
cas de ses pommes, et fort peu de ses enfants. Denis Diderot

Dans la
religion catholique, les limbes accueillaient les âmes des enfants
décédés sans avoir été baptisés, dans une vision impitoyablement
palliative du Salut. Les théologiens du Moyen-Âge voyaient dans les
limbes, le refuge des âmes des personnes décédées sans être
baptisées, y compris de ceux qui avaient péri avant la venue du
Christ. Si ces âmes ne connaissaient point de tourments, elles n'en
avaient pour autant pas de Salut. Le concept de limbes n'a jamais
été dans la Bible, mais il a pourtant été enseigné aux catholiques
du monde entier durant des siècles. Sans remords.
Un
peu de philosophie incline l'esprit humain à l'athéisme, mais
l'approfondissement de la philosophie porte l'esprit des hommes vers
la religion. Francis Bacon

L'Église catholique, sous l'impulsion du Pape Benoît
XVI, vient de renoncer à ce dogme. Dieu dans son infinie
miséricorde, désire le salut de tous les êtres humains, baptisés ou
non, estiment les théologiens. Arguant du fait que ce concept
n'avait toujours été qu'un postulat théologique et non une vérité de
la foi, la religion catholique vient de mettre fin à des siècles
d'endoctrinement. Et d'ouvrir la boite de Pandore... l'espérance.
À mesure que les peuples
croiront moins, soit à un dogme, soit à une idée, ils mourront moins
volontiers et moins noblement. Lamartine

L'espérance, toute trompeuse qu'elle est, sert au
moins à nous mener à la fin de la vie par un chemin agréable.
La Rochefoucauld
Écriture

La plume est la langue de l'âme. Miguel de Cervantès
L'ombre du soupçon

Ex
nihilo nihil, in nihilum posse reverti ( Rien ne
vient de rien, ni retourne à rien)

Je vous
propose depuis près de 3 ans ma vision très manichéenne de la vie.
Je conçois que vous puissiez être en désaccord parfois, avec
certains de mes écrits ou, au contraire y trouver une certaine
résonance. J’ai choisi ce thème de Bien – Mal car il me semblait
fondamental en de nombreux domaines. La philosophie, la spiritualité
et la religion y ont puisé une origine, une essence et sans doute
une raison d’être.
La vie n'est en soi ni bien ni mal : c'est la place du bien et
du mal selon que vous la leur faites. Montaigne

J’ai
démontré au fil de mes articles que chacun d’entre nous avait en
lui, une dualité Bien Mal originelle se neutralisant en un équilibre
absolu et universel sans lequel nous ne saurions exister. Ces
notions sont certes diamétralement antagonistes, mais aussi
complémentaires. Nous pouvons ainsi nous émouvoir d’un aspect « inné
» de certains de nos actes, qui relèvent plus de l’instinct que de
la réflexion. Pour autant, nous ne devons nous laisser aller à des
dérives pernicieuses d’un autre âge. Si le Mal est une donnée
intrinsèque, sa manifestation n’en est que plus exogène et
adventice.
La violence n'est pas innée chez l'homme. Elle s'acquiert par
l'éducation et la pratique sociale. Françoise Héritier

Toute
société civilisée établit en son sein un système de valeurs basé sur
la distinction entre le Bien et le Mal. Que serait le bien si le mal
n’existait pas ? Il n’existerait probablement pas non plus, car
c’est en opposition au Mal que l’on peut prendre conscience du Bien.
L’homme serait alors un être sans conscience, car il serait
dépossédé de la liberté de choisir entre ces deux notions et d’y
trouver à la fois sa voie, mais aussi son équilibre. Le Mal serait
alors une expression non plus innée, mais acquise.
Avoir du bon sens est inné. Avoir suffisamment de bon sens fait
le génie. George Bernard Shaw

Cette expression du Mal peut avoir diverses racines:
la passion (amour, jalousie, colère, plaisir...) ou l'intérêt
(cupidité, ambition...) Elle répond à un choix individuel entre le
Bien et le Mal, basé non pas sur un critère génétique, mais purement
éducatif ou social. C'est par notre éducation et notre héritage
culturel que nous pouvons acquérir un sens des valeurs morales et du
respect, totalement indépendant de notre patrimoine héréditaire.
Ceux dont la connaissance est innée sont des
hommes tout à fait supérieurs. Puis viennent ceux qui acquièrent
cette connaissance par l'étude. Enfin, ceux qui, même dans la
détresse, n'étudient pas : c'est le peuple. Confucius

Parler
donc de prédestination au Mal (ou au suicide) est une hérésie
d'apostat. Céder au Mal, ne plus savoir faire la différence entre le
Bien et le Mal, ne relève pas d'un critère génétique, mais sans
doute plutôt d'une carence éducative ou culturelle, d'un accident de
la vie. Céder à la tentation du suicide, n'est pas reproduire un
acte hérité de nos ascendants auquel on serait, par essence malgré
nous, voué. Pour Sartre, l'homme naît libre et responsable, et se
définit à chaque instant par ses actes. Il n'est rien de plus vrai.
J'appelle mauvaise foi, l'attitude de celui qui se cache sa liberté,
s'abrite derrière un quelconque déterminisme pour ne pas avoir à
assumer ses actes". Jean Paul Sartre

L'homme, étant condamné à être libre, porte le poids du monde tout
entier sur ses épaules, il est responsable du monde et de lui-même
en tant que manière d'être. Jean
Paul Sartre
L'envol des mots

Philosopher, c'est apprendre à mourir. Montaigne

L’écriture de mes réflexions a toujours été pour moi, une manière de
vous livrer sur quelques lignes, mes pensées les plus profondes sur
des sujets divers et variés. C’est aussi et surtout pour moi, le
moyen de me renvoyer une image aussi pure que possible de ce que je
suis, de ma philosophie de la vie, de mon âme.

La
publication de mes pensées reste un exercice inconsciemment
exhibitionniste, en cela qu’elle revient à exposer à des lecteurs
anonymes, l’essence même de ma réflexion intellectuelle, de mes
aspirations spirituelles, ou de mes démons les plus secrets. Au delà
du sentiment apparent de soliloquer, mes articles sont un moyen pour
vous d’appréhender davantage qui je suis, et pour moi d’y forger ma
propre analyse psychologique (voir article Réflexion 4).

Les paroles s'envolent, les écrits restent. Mes mots
couchés ici sont, la plupart du temps, destinés à être lus sur
l'instant et parfois commentés par certains d'entre vous. Pourtant
malheureusement, ils restent piégés dans le dédale de mes pages,
sans possibilité de vivre au delà de mon site. Ils demeurent alors
par essence, de nature strictement confidentielle.

Certains articles sortent cependant du domaine de
l'éphémère, pour être malgré moi, exposés à la lumière. Il en est
ainsi de mon article intitulé "La déclaration" qui a été emprunté
plusieurs fois pour des utilisations privées individuelles.
Dernièrement, "l'Éternelle Jeunesse" était publiée dans une revue
destinée à tous les lycéens de France. Enfin, "les Racines" ont été
utilisées sur le site d'une association (voir lien ci dessous). Ces
articles ont acquis désormais l'indépendance qui sied à tout écrit
exemplaire. Ils ont enfin pris leur envol.
http://www.asso-racine.com

Écrire, c'est brûler vif, mais c'est aussi renaître
de ses cendres. Blaise Cendrars
Juste quelques lignes...

Je sais
que je me suis fait rare sur ce blog depuis quelque temps. Ce n'est
pas que je veuille abandonner la rédaction de ce site, ni que je
sois en manque d'inspiration, mais le temps me permettant de
synthétiser mes réflexions me manque. Dans une société qui va de
plus en plus vite, il est une donnée qui devient de plus en plus
précieuse: le temps. Je sais que je dois trouver la parenthèse
nécessaire dans ma vie, le soupir musical de la partition, pour vous
coucher sur le papier virtuel de ce blog, l'espace d'un instant, de
nouvelles lignes à découvrir...
Réflexion

La sagesse ne
peut être acquise qu'à la condition d'accepter les effets de notre
double nature. LOUPBLANC
"Lupus ergo sum, dum ero"

Certains
préceptes religieux font état de la nature intrinsèquement
incomplète de l'homme. On évoque alors diverses quêtes spirituelles
initiatiques visant à recouvrer l'intégralité de l'être. D'autres
croyances caressent l'idée de la dualité manichéenne de l'homme,
oscillant perpétuellement entre le Bien et le Mal. La sagesse
commence donc par la prise de conscience de notre imperfection
fondamentale, et dans cet inévitable consentement.

Cette
dualité restera le plus souvent imperceptible, ou s'exprimera dans
un environnement sain et raisonnable, mais parfois aussi, dans une
pathologie schizophrène. La différence se fera alors dans la prise
de conscience de cet antagonisme endogène par l'individu. Il est
important de conserver à l'esprit que, dans le Bien ou le Mal, dans
nos actes et nos pensées, nous ne sommes qu'un être et restons les
seuls maîtres de nos choix.

L'écriture et l'art en général, permettent de matérialiser l'espace
d'un instant, notre nature incomplète ou notre propension à nous
dédoubler. Un écrivain saura mieux que quiconque décrire les
émotions d'autrui, à mesure qu'il s'y identifiera. De même, un
peintre exorcisera t'il ses démons enfouis à travers ses peintures.
L'artiste connait ainsi les effets de sa double nature. Il y trouve
au delà de son inspiration, sa réussite et son épanouissement.

Par mes
écrits, inconsciemment, je dessine les prémices de ma propre analyse
psychologique. J'ai conscience de la place de Loup dans ma vie
actuelle, son "aura" débordant bien au delà du cadre du blog ou du
monde virtuel du net. La plupart des gens que je côtoie désormais,
m'appelle indifféremment par mon prénom ou par Loup. Cependant, je
sais que dans ce dédoublement volontaire et accepté de ma
personnalité, je reste moi-même. Bien loin de l'univers de
l'artiste, Loup me sert sans doute plus à synthétiser
raisonnablement mes réflexions, à vous les exprimer.

Prendre conscience, c'est transformer le voile qui recouvre la
lumière en miroir. Lao tseu
L'Adieu aux larmes

Le silence a le
poids des larmes. Louis Aragon

Le
vaisseau de la vie brave parfois les tempêtes les plus implacables
et affronte les fortunes de mer les plus affligeantes. On s’en remet
alors à Dieu, à une bonne étoile ou un ange gardien. La façon de
réagir face à ces tourments, permet non seulement de discerner parmi
ses amis, les authentiques des "apocryphes", mais aussi
d’appréhender ce qui fait l’essence même de la vie et de s’y
recouvrer. En nous plaçant face à nos périls les plus cruels, nous
apprécions enfin ce que nous valons et ce que nous sommes capables
d’accomplir.

Dans
cette confrontation, nous choisissons soit de réagir et de faire
face, avec une infaillible détermination qui n'a d'égal que la peine
que nous ressentons, soit de nous résigner à subir notre sort et
d'en accepter le lourd châtiment. C'est dans cette réaction que nous
nous déterminons en tant qu'être pensant et que nous définissons la
nature exacte de notre existence.

L'Adieu
aux larmes consiste alors à comprendre que le plus dramatique revers
de la vie ne peut être, ni expliqué, ni récusé. L'acceptation même
de ce malheur est parfois, douloureusement impossible. Mais s'il ne
peut être compris ou accepté, du moins il doit être assimilé comme
un élément extrinsèque ou exogène, propre à bâtir la quintessence de
tout individu. Loin du fatalisme abscons, cet adieu tend à prouver
que malgré tout, la vie reste le choix fondamental.

Les larmes
prouvent l'affection, mais ne sont pas un remède. William
Shakespeare
Transition

Ne rien
attendre, c'est s'éviter bien des déceptions. LOUPBLANC
Épitaphe

Tanto nomini nullum par élogium.
(Nul éloge ne peut égaler celui que renferme son nom)Épitaphe
de Nicolas Machiavel
Requiem pour un humaniste

Un geste
d'humanité et de charité a parfois plus d'empire sur l'esprit de
l'homme, qu'une action marquée du sceau de la violence et de la
cruauté. Nicolas Machiavel

Ce
geste d'humanité et de charité se fait, dans nos sociétés modernes,
de plus en plus rare. La philanthropie n'existe quasiment plus,
l'humanisme est un concept en voie d'extinction. Ce ne sont plus que
des notions utopiques, héritage d'un passé brumeux et lointain.
Aider son prochain revient à sortir de la normalité, à violer
l'esprit individualiste et égocentrique de la société. Être bon,
tout simplement, est s'exposer à la vindicte de prétendus gardiens
de la bienséance universelle.

Ainsi,
en portant assistance et réconfort à une personne dans l'affliction,
l'humaniste brise l'écrasant sarcophage d'indifférence qui s'est
lentement et inexorablement construit avec notre civilisation. Et ce
témoignage d'empathie, signe ostentatoire de son humanité, ne lui en
est que davantage reproché. Je parle volontairement d'un humaniste,
car ces rancoeurs venimeuses ne s'adressent étrangement pas à
l'homme de foi, comme si, seule la foi religieuse pouvait s'octroyer
le droit d'être charitable.

Alors,
vient le temps des regrets. Las des critiques incessantes et des
peines qui, malheureusement, en découlent, on en arrive à regretter
ces gestes d'humanité et à se demander si elles méritaient
véritablement d'en vivre les terribles tourments. L'indifférence et
l'individualisme ne sont elles pas le gage d'une tranquillité
mentale et affective? Les mots (maux) sont durs, mais le prix à
payer pour un élan d'humanisme est parfois trop élevé. Je pense
désormais devoir y réfléchir à deux fois. C'est une cruelle morale.
Requiem æternam dona eis Domine.

L'indifférence
fait les sages et l'insensibilité les monstres. Diderot.
Dans le secret de Machiavel

Que pour
être efficace, il faut
cacher ses intentions. Nicolas Machiavel

Les
valeurs tribales sont profondément ancrées dans notre inconscient.
Nous évoluons sans cesse vers un état de plus en plus civilisé, sans
pour autant nous défaire de ces stigmates invisibles sur nos prises
de décision, notre libre arbitre. Nous progressons, nous apprenons
mais notre mode de vie reste basé sur le rapport de force primal,
qui régit notre monde. C’est ce rapport qui hiérarchise notre
société en fonction de critères physiques, mentaux ou financiers.
Notre société est bâtie sur le pouvoir et n’obéit qu’à une loi :
celle du plus fort, du plus puissant.

Force
est de constater alors, que les rapports humains se font, à l’instar
des animaux, sur la confrontation de deux puissances potentielles,
sans qu’il y en ai, fort heureusement, inéluctablement engagement
physique. C’est uniquement ce point qui nous différencie de l’animal
dans ce cadre particulier. Nul n‘est besoin d’en venir au combat
pour hiérarchiser notre société. L’apparence ou la démonstration de
force suffit. On parle alors de force de dissuasion.

Cette
loi du plus fort, cultivée dès notre plus tendre enfance, nous
conditionne volontairement ou non à devenir le premier, le meilleur,
à faire partie d’une élite. Le culte de la beauté, de la force ou de
l'intelligence est renforcée par le pouvoir suprême, celui de
l'argent qui absout toute tare. Il est difficile alors de sortir de
ce carcan qui décide de notre place dans la société, en fonction de
nos aptitudes ou de nos moyens. On devient loup ou agneau et ce
caractère indélébile nous suit tout au long de notre vie. On
distingue les castes d'un coté, une réussite de l'autre.

Plus
fort est celui qui sait cacher sa force, que celui qui sait
l’exercer.
Nicolas
Machiavel, outre son habilité politique, a su trouver le moyen de
s’affranchir de cet atavisme séculaire. Masquer volontairement ses
capacités physiques et intellectuelles au risque d’être, sa vie
durant, sous-estimé ou mésestimé par autrui, révèle une nature de
seigneur. Ainsi, au lieu de se résigner à n’être qu’un individu
servile, vivant sous la domination constante du plus puissant, se
cache sous un ascétisme révérencieux, un maître diabolique certes,
mais ô combien souverain.

Loin de l'esprit qui animait la force du naturel propre à Machiavel,
la réussite réside alors dans la capacité de chacun de se jouer des
circonstances, de voiler adroitement ses opinions et ses intentions,
de laisser croire à l’autre que, non seulement, il vous domine ou
vous contrôle, mais aussi et surtout, qu’il lit clairement dans
votre pensée. Cela ne s'apparente pas véritablement à de
l'hypocrisie, qui s'attacherait avant tout à servir les intérêts de
la personne dominante, mais plutôt à une ruse destinée à garder
intacts en soi, les idéaux qui seuls nous commandent.

Certes,
chacun aura son opinion sur ce point particulier et apprehendra
différemment les aspects de cette attitude. Il convient de se
rappeler cependant, que la philosophie de Machiavel a été, comme le
fut la musique de Wagner, détournée de son dessein naturel. Certains
ont cru y voir d’une manière générale, la justification de la
violence et de la guerre, la défense du recours systématique à la
force, la nécessité de l’assujettissement des uns envers les autres.
Pourtant, les principes fondamentaux de la pensée de Machiavel
étaient tout autre. Machiavel demeure le précurseur de la république
moderne et l'initiateur de la science politique.

Ainsi
ces principes se déclinent sur 3 axes majeurs. Tout d'abord, le
véritable souverain est celui qui exerce le pouvoir réel, fut il
dans l’ombre. Ensuite, la fin justifie les moyens : autrement dit,
le destin devant lequel nous sommes impuissants, justifie
l’utilisation, au bon moment, du bon moyen : l'occasion propice à
l'initiative audacieuse. Enfin, la lucidité et la vivacité d’esprit,
qui désignent l'énergie dans la conception et la rapidité dans
l'exécution, la résolution et la ruse, le "génie politique", en
définitive, en sont les notions essentielles. C'est l'art de choisir
les moyens en fonction du destin et de dominer ainsi les
circonstances.
Les trois Sangs (300)

Pour mon
300ème article, je tenais à vous remercier de votre assiduité à me
lire. Je sais que parfois, il est difficile de me suivre. Je ne
regrette aucun de mes écrits, tracés à l'encre de mes sangs. Mon
sang espagnol conserve la chaleur et l'exaltation latine. Mon sang
allemand m'assure la sérénité cartésienne et la réflexion avisée.
Mon sang français me lègue l'amour du langage et la richesse du
vocabulaire. Je suis fier de mes origines, fier de mes sangs. Je
remercie aussi ma Muse (l'inspiration) qui m'accompagne depuis 2 ans
et qui guide inconsciemment ma plume.
Nosce te ipsum...
Science et Religion

On a
coutume d’opposer la Science et la Religion. Dans mon article
précédent, je décrivais cet antagonisme antique qui faisait des
sciences, la lumière frappée d’ostracisme par les religions.
Pourtant, la base des sciences n’est elle pas, à l’instar de la
religion, la volonté de croire en l’impossible, la persuasion
qu’au-delà des connaissances déjà acquises, doctrines ou dogmes, il
existe une réponse indiscutable à nos questions ?
Citation

Soyez bons avec la terre : elle ne vous a pas été donnée par vos
parents, elle vous est prêtée par vos enfants. Nous n'héritons pas
la Terre de nos parents, nous l'empruntons de nos enfants. Proverbe
Amérindien
Ombres et lumière

La clarté, c'est une juste répartition d'ombres et de lumière.
Goethe

Dans le
débat manichéen du Bien et du Mal, on peut librement décider de
céder à des pulsions intrinsèques primales, ou bien choisir la vertu
et garder pour soi une bonne conscience, un repos de l’Ame. On peut
aussi choisir volontairement de se soustraire à ce choix, en
oeuvrant de manière autarcique ou égocentrique, en interagissant
nullement avec autrui ou l’environnement. On s’enferme alors dans
une bulle de silence et d’ignorance. L'esprit se couvre alors d’un
voile d’ombres sibyllin.
La
conscience est la lumière de l'intelligence pour distinguer le bien
du mal. Confucius

Cet
obscurantisme est pérenne dans tous les domaines et de toutes les
époques. On lui donnera des termes différents selon les siècles ou
les civilisations, mais il aboutira toujours, de fait, à un recul de
la connaissance et de l’expérience. Diderot dénonçait en son temps
cet atavisme religieux qui reniait à l’homme le caractère primordial
de l’expérience sur le préjugé. Le siècle éclairé a été ainsi, celui
ou l’oppression de l’obscurantisme fut à son paroxysme. Et comme
toujours, du savoir naît le pouvoir.
Ceux qui aperçoivent la lumière avant les autres sont condamnés
à la poursuivre en dépit des autres. Christophe Colomb

La
science et l’Art ont été, des siècles durant, les bêtes noires des
religions. La première explique par le raisonnement, la plupart des
faits Bibliques et propose des rapports rationnels qui remettent en
cause les principaux dogmes religieux. La seconde s’entête à copier
le plus efficacement possible l’œuvre de Dieu, à savoir la réalité
de la nature. La peinture et la sculpture pour l’aspect matériel, la
littérature et la musique pour le domaine spirituel. Tous sont les
vecteurs d’éveil à la lumière et furent alors condamnés comme tels.
C'est la nuit qu'il est beau de croire à la lumière. Edmond
Rostand

Apprendre reste une action essentielle, le moyen de s’ouvrir au
monde, d’y trouver sa place. L’esprit doit être perpétuellement en
quête de savoir. La connaissance acquise par l’Art, la science et la
réflexion personnelle permet de sortir de l’univers de l’ombre et de
forger lentement une pensée, une sagesse. C’est dans cet
apprentissage lent et constant, que nous donnons implicitement de la
lumière à notre vie.
Chaque homme dans sa nuit s'en va vers sa lumière. Victor Hugo

Le mal
existe, mais pas sans le bien, comme l'ombre existe, mais pas sans
la lumière. Alfred de Musset
Pour elle...

Lorsque l'amour brille dans le regard, il est bientôt au fond du
coeur. LOUPBLANC
Le sens du Sacré

Nous
disons qu’il n’est pas besoin de croire en Dieu pour ressentir la
présence du sacré dans certaines oeuvres de Mozart ou de Bach.
Georges Charpak

Mes
rapports avec la religion sont ambigus. Mon athéisme est profond et
sincère, il ne souffre d’aucune hésitation. Cela me distingue de
l’agnosticisme qui refuse de se prononcer sur le Divin et qui,
ainsi, émet un doute raisonnable sur l’existence même de Dieu. Je ne
puis me résoudre à l’existence d’un au-delà, comme je ne puis
reconnaître qu’une conscience supérieure aurait créé ce monde. Je
reste résolument ancré dans un humanisme philosophique.
Douter de Dieu, c’est y croire. Blaise Pascal

Je lis,
au hasard de mes escapades fugaces sur vos blogs, vos interrogations
au sujet de la religion et ses préceptes. Je ne peux m’associer à un
Autodafé virtuel, tendant invariablement à fustiger un Dieu aveugle
qui laisserait les hommes s’entretuer allègrement sans intervenir.
De même, je ne me reconnais point dans la croyance d’un Dieu
miséricordieux, qui testerait la foi de l’homme à travers les
afflictions et les infortunes de la vie. Mais au delà de ma
neutralité morale, je conserve une tolérance inébranlable dans les
croyances de chacun.

Croire
en Dieu c'est avant tout et par dessus tout vouloir qu'il existe.
Miguel de Unamuno

Ma
tolérance s'adresse aussi bien aux religions monothéistes actuelles,
qu'aux croyances divines passées. Je conçois ainsi, que les Romains,
Grecs ou Égyptiens aient eu des divinités multiples à "idolâtrer".
Je le conçois, mais n'y adhère pas. Tout comme j'accepte les
diverses têtes de l'hydre ésotérique que sont le tarot, le pendule,
etc etc... L'important n'est pas en somme, ce en quoi le commun des
mortels croit, mais le fait qu'il y croit.

Pour
autant, je ne me sens pas en manque de références ou de fondations
auxquelles me raccrocher. Mes relations avec le domaine religieux
sont basées, non sur le défi ou la dénégation stérile comme les
anti-religieux primaires, mais sur une tolérance absolue et
éclairée. Je me plais donc à apprendre des religions, dans une
volonté avouée d'enseignement et de connaissance, sans pour autant
céder une once de ma détermination et de mes convictions profondes.
Non scholæ, sed vitæ discimus.

Athée et
non baptisé, je m'enorgueillis souvent(à tort?), d'avoir pu visiter
les principales cathédrales du monde Chrétien et d'avoir reçu à
Rome, une bénédiction Papale. Non par le désir sourd de me glorifier
inutilement de cela, mais pour le paradoxe intrinsèque que cela
implique. Bon nombre de fervents croyants ne connaitront jamais
cela, malgré une vie de dévotion passée au service de Dieu, tandis
qu'un athée peut, par le fruit du hasard (ou de la Divine
Providence) en bénéficier. J'en suis conscient. Et si mon esprit ne
peut admettre le dogme religieux, il n'en demeure pas moins que je
reconnais le sens du Sacré.
C'est la destinée de l'homme que de se faire des dieux toujours plus
croyables auxquels il croira de moins en moins. Jean Rostand

C'est
cet état d'esprit qui m'anime quand je pénètre dans un monastère,
une église, une basilique. Le sens du Sacré induit que, même sans
avoir la foi religieuse, on se sent imprégné d'une atmosphère
chargée du poids de l'Histoire et des légendes des siècles. C'est ce
silence qui nous renvoie à notre place dans l'univers. C'est cette
lumière, filtrée par des vitraux séculaires, qui nous permet, si non
de croire en Dieu, au moins d'en appréhender la dimension. C'est
surtout le théâtre ou l'humilité reprend ses droits ou se ranime la
notion de respect.

Cette notion de respect, maintes fois galvaudée, y
compris parfois à travers la religion, se retrouve malgré tout dans
ses édifices dédiés à la magnificence de Dieu. Qu'on soit chrétien
ou non, on respecte le lieu et on se surprend même à y parler à voix
basse. Les cimetières que j'affectionne également, imposent cette
même réserve. Hors du temps et des frontières, les derniers lieux
sacrés sont ce qui nous permet de ne pas sombrer totalement dans une
indifférence globale et de sentir, au delà des croyances diverses,
la nature thaumaturgique de l'homme.

On
demandait un jour à quelqu'un s'il avait de vrai athées.
Croyez-vous, répondit-il, qu'il y ait de vrais chrétiens ? Denis
Diderot
Nemo judex in causa sua

Je
profite de cette pause estivale pour vous préciser que ce blog n'est
pas une tribune. Il n'engage que son auteur et ne veut surtout pas
imposer un style ou une philosophie de la vie. Je ne veux convaincre
personne, ni même susciter la polémique. Au travers de mes articles,
je ne vous donne que ma vision des choses. Je ne fais qu'exprimer
mes idées. J'admets donc volontiers que l'on soit opposé à celles
ci, ou qu'au contraire, on y abonde totalement. J'essaie dans mes
écrits d'être le plus concis possible, ce qui explique la brièveté
de mes articles, pour éviter le monologue stérile et tenter
sereinement d'aller à l'essentiel. Les synthèses que je vous propose
et celles à venir, sont donc avant tout personnelles et doivent
restées in extenso sui généris.
Le péril amoureux

L'amour est un sentiment doublement cruel car, pour être absolu,
il attend autant de soi que de l'être aimé. LOUPBLANC
Citation

Il
n'importe pas qu'un être soit croyant ou non : il est plus important
qu'il soit bon. Dalai Lama
L'ombre des démons

Je suis homme et je porte par conséquent tous les
démons dans mon coeur. Chesterton

On peut
être sage et n’en receler pas moins une part d’obscurité malsaine.
On ne peut être seulement un vecteur du Bien. Malgré toutes les
attentions et toute la gentillesse du monde, on est avant tout
humain et donc, en tant que tel, soumis aux antagonismes profonds
d’une lutte manichéenne séculaire intérieure. Il y a aussi du
mauvais en nous, qu’on le veuille ou non. Le nier serait une
absurdité de plus. L’accepter n’est pas s’y contraindre ou abdiquer,
mais au contraire se prouver une lucidité éclatante.

Cette
obscurité revêt différents lithams. La religion chrétienne en a fait
des vices ou des péchés. La colère et la jalousie, la vengeance et
la haine… tous se vomissent en un linceul abject qui est ancré en
nos gènes. Étant athée, je ne crois aux vices et vertus, mais j’aime
à penser malicieusement, que ce Mal se matérialise dans ces démons
intérieurs. Endormis, ou somnolents, ces démons n’attendent qu’une
asthénie fugace de notre conscience, pour assouvir leurs désirs
destructeurs. Je me sais hanté de multiples démons et malgré moi,
placé sur la corde raide. Ces ombres menaçantes ondulent
sensiblement en nous, en un avertissement sournois et pernicieux.
Mais la sagesse n’est elle pas de savoir faire taire ses propres
démons ou de ne point les réveiller ?

Si
l'oeil pouvait voir les démons qui peuplent l'univers, l'existence
serait impossible. Le Talmud
Le choix

Quel est
ce monde virtuel à travers lequel nous communiquons? Les
interrogations sur l'utilité d'un blog se multiplient de plus en
plus. Ça et là, au cours de mes récentes excursions sur certains
blogs, j'ai pu deviner, au delà de la crainte légitime ou non,
d'être lu par des êtres indélicats, que beaucoup se demandaient
jusqu'ou se livrer sur un blog. Comment ne pas mêler l'argumentation
simpliste d'un bloggeur soliloquant et la part d'exhibitionnisme
inhérent à cette forme de communication? Car, si nous ne voyons pas
nos lecteurs ou ceux qui appréhendent nos textes, nous savons
cependant que chaque mot sera lu et réfléchi et que, par là même,
nous ouvrirons, à de virtuels inconnus, notre coeur et leur
offrirons une partie de notre Ame.

Savoir conserver une certaine retenue me semble indispensable. Pour
ma part, j'hésite à continuer un blog, dans la mesure ou, j'ai mon
propre site ou l'éventail de mes délires humoristiques et de mes
réflexions est exposé. Sur ce site, je ne perçois ni le retour
positif ou négatif de mes articles, ni l'impact que ceux ci peuvent
avoir. Autrement dit, dans mon site je me dissimule le fait que mes
écrits puissent être interprétés. Cet isolement volontaire me rend
alors une liberté d'esprit, mon indépendance.
Le
crépuscule prématuré

A la croisée des chemins, vers le milieu de notre
vie, nous commençons à aller plus fréquemment accompagner des êtres
chers vers leur dernière demeure, qu'à nous réjouir de nouvelles
naissances. Nous passons malheureusement notre vie à dire adieu à
ceux que nous aimons, plutôt qu'à recueillir les prémices d'un
sourire de nouveau né. Les deuils s'enchaînent les uns après les
autres, les décès se font plus nombreux. Ainsi demain, je dois aller
à l'enterrement d'un membre de ma famille, lui dire un dernier au
revoir. Une nouvelle absence...
Les racines

L'insouciance de l'aube de la vie s'évanouit lentement, les années
avançant, dans les volutes invisibles des interrogations
existentielles. Le bilan de notre vie nous renvoie à nos souvenirs,
nos joies, nos peines, nos remords et nos regrets. La nostalgie
s'installe, pas forcement avec les langueurs assassines du chagrin,
mais avec une réminiscence des ombres du passé. On en revient alors
à ce qui compose l'essentiel de notre chair et de notre âme: nos
racines. Celles ci sont ce que nos parents nous ont légué au delà
des héritages pécuniers ou fonciers, les principes de vie, une
éducation, une mémoire... en un mot une histoire. C'est cette
histoire qui vient, au soir de notre vie, nous rappeler qu'à notre
tour, nous devons la transmettre avant de partir. Développer de
nouvelles racines.

Repartir
là ou tout à commencé, revivre les émotions de notre propre passé ou
celui de nos parents, revoir les paysages de notre enfance, c'est
renforcer nos souvenirs et ne plus les vivre maladroitement par
procuration. Ces pèlerinages sont essentiels pour qui souhaite
garder le mince lien qui se transmet en famille, de génération en
génération. C'est tisser grâce à ce lien, l'écheveau de notre
généalogie. C'est aussi et surtout rendre un dernier hommage à ceux
qui ne sont plus, à nos éternels absents.

Les
racines. Ce sont celles qui, avant même que nous en prenions
conscience (l'éveil de l'Ame) nous donnent l'essence de ce que nous
sommes, un attachement à une terre, une référence à une patrie, une
langue, la certitude d'appartenir à une communauté. Savoir d'ou l'on
vient et ce que nous sommes. Ne pas avoir cet acquis, ne pas
connaitre ses origines, revient à se retrouver perdu dans un monde
ou l'on ne sait ni d'ou l'on vient, mais aussi paradoxalement que
cela puisse être, ou l'on va. C'est ne pas trouver sa place au sein
de la société, ne pas avoir de fondations solides sur lequel
s'appuyer, s'ancrer. C'est être un naufragé de la phylogenèse.

De cette
absence de mémoire familiale, certains chercheront toute leur vie,
une réponse à leurs interrogations, un sens à leur vie. Qui sont
ils? Les recherches généalogiques pourront leur apporter parfois des
esquisses de leur passé prénatal, mais jamais un portrait complet de
ce qui constitue la quintessence d'un individu, sa raison d'être.
Les autres ne feront pas cette démarche, soit par résignation, soit
par désintérêt. Mais ils garderont en eux cette profonde cicatrice,
celle de ne pas savoir qui ils sont. Ils iront rejoindre alors la
masse des Ames perdues...

Un peuple qui ne connait pas son passé,
ses origines et sa culture ressemble à un arbre sans racines. Marcus
Garvey
Pause

Parle si tu as
des mots plus forts que le silence, ou garde le silence. Euripide
Point de vue

On tue un homme, on est un assassin. On tue des
milliers d'hommes, on est un conquérant. On les tue tous, on est
Dieu. Jean Rostand
De la réflexion à l’analyse

Pourquoi
avez vous un blog ? Dans une société moderne ou l’on s’essouffle
entre deux rendez vous, ou l’on se débat entre deux créneaux
horaires, il n’y a plus guère de temps à la réflexion. La
communication entre les individus s’efface peu à peu, lentement,
mais aussi et c’est plus grave, l’expression même de nos propres
pensées. Autrefois, les familles se réunissaient le soir autour des
personnes âgées. Nous parlions. Maintenant, nous nous réfugions vers
le virtuel (le blog), espace d’expression totalement apathique ou
nous soliloquons pour combler ce manque de communication. La feuille
blanche nous renvoie au vide insondable de nos interrogations
intérieures, sans en apporter d’ailleurs, la moindre réponse.
Précepte essentiel

A trop regarder les ombres du passé, on en oublie les
couleurs du présent.
LOUPBLANC
Raison et sentiments

Le cœur
a ses raisons que la raison ignore. En réalité, la raison n’ignore
point les raisons du cœur, mais feint plutôt de ne pas les voir.
Chacun d’entre nous a été, un jour ou l’autre, confronté à ce
dilemme intérieur de devoir agir en dépit de ce que notre bon sens
nous imposait. Malgré le risque ou la certitude d’un échec final
inéluctable, les pulsions sentimentales l’emportent sur
l’entendement, et nous poussent dans des actions vaines. Elles
participent ainsi à l’apprentissage ou à l’expérience de chaque
individu et façonne de la sorte les fondations de la sagesse.

Si la
raison caractérise l’homme, ses pulsions sentimentales ne sont pas
pour autant primaires ou irréfléchies. Elles sont bien souvent
issues d’une inspiration générée par le psychisme et lentement
développée par celui-ci. Une passion se nourrit autant d’attente que
de désirs. Céder à ses pulsions revient à mettre le mental au repos,
étouffer les écarts de l’imagination, sortir du virtuel dans lequel
on s’est involontairement plongé, pour revenir enfin à la réalité.
C’est être confronté irrémédiablement à ses rêves ou ses illusions.

La
raison est saine et salutaire, mais laisser parler son cœur et
savoir l’écouter est aussi important. L’homme n’est pas infaillible.
De nos erreurs, nous apprenons beaucoup sur les autres et sur nous
mêmes. Il est donc nécessaire, parfois, de céder à l’exaltation de
son cœur et de mettre sa raison de coté. Toutefois, cela ne doit en
aucun cas remettre en cause les fondements de ce en quoi nous
croyons, bouleverser nos consciences et modifier radicalement
l’équilibre entre la passion et la raison que nous avons tous en
nous.

Si c'est la raison qui fait l'homme, c'est le
sentiment qui le conduit.
Jean-Jacques Rousseau
Pour un silence...

Je suis
conscient de ne pas être aussi rapide à écrire sur ce blog, qu'à
publier mes délires sur mon second blog. Mais ce blog me demande
plus de travail , de soin et d'application... en un mot plus de
réflexion. Il me faut du temps pour écrire un nouvel article, et
parfois les semaines passent sans que je ne publie quoique ce soit.
Je suis conscient de vos attentes et des limites que je dois
m'imposer. Je ne peux me résigner à la facilité de mettre en ligne
une citation habilement illustrée, je préfère souvent laisser une
page blanche. Cette page blanche qui me nargue chaque fois que je
viens sur mon blog, qui vous laisse une pointe de déception quand
vous vous apercevez que je n'ai rien écrit, me rappelle à mes
devoirs, envers vous mes lecteurs, et surtout envers moi.
Le bonheur

On peut allumer des dizaines de bougies à partir d'une seule sans en
abréger la vie. On ne diminue pas le bonheur en le partageant.
Bouddha
A
pas de Loup...

Quand on parle trop du loup, il finit par l'apprendre. Ambrose
Bierce
L'éternelle jeunesse

L'éternelle jeunesse existe. Il suffit de continuer
de croire en nos illusions, de suivre nos passions, de vivre
intensément nos émotions et d’y croire. Chacun peut alors, à sa
façon, repousser le poids des ans et de l’age de raison.
LOUPBLANC
Citation

On s'attire la haine en faisant le bien comme en
faisant le mal. Nicolas Machiavel
L’éveil de l’Ame

L'homme a beau parcourir les mers, le ciel change,
pas son âme. (Caelum mutaris, non anima, per mare currens.)
Horace

Définir l’essence même de l’Ame est, pour un athée, un véritable
paradoxe. La religion chrétienne base une grande partie de ses
dogmes sur l’existence de cette Ame, sur la réincarnation de
celle-ci au delà de la mort. La puissance de cette croyance demeure
au fur et à mesure des siècles, alors même que nous sommes
incapables d’apporter la moindre preuve de la réalité de celle-ci.
Cela reste d’ailleurs l’une des grandes incertitudes des agnostiques
et le sujet de discordes ou de schismes entre les différentes
familles religieuses.

Si, dans mes articles précédents, j’ai défini le caractère comme une
force de l’Ame, c’est que je crois que nous avons au delà du
précepte religieux, une particularité cénesthésique, celle de savoir
ce que nous sommes sans avoir recours à des perceptions
sensorielles. On peut appréhender cette singularité comme une prise
de conscience du Soi, de ce qui fait d’un ensemble hétéroclite
chimique et biologique, un individu à part entière. Cette Ame
pourrait alors être tout simplement le reflet de notre conscience.
Cogito ergo sum. Descartes

Les
croyants pensent que l’Ame prend naissance à la conception de la
vie, ou pendant l’accouchement ou bien encore lors du baptême. Pour
la conscience, il en va autrement. Les nouveaux nés n’ont guère de
conscience et leurs actions ne sont guidées que par un instinct de
survie séculaire, héritage direct de la mémoire primitive de chacun,
de ce qu’il subsiste de l’aspect animal en nous. C’est vers l’âge de
2-3 ans que l’enfant prend conscience de lui même et de son
environnement, grâce en grande partie au développement de sa
mémoire. L’éveil de l’Ame pourrait alors se situer à ce moment
précis ou nous ne sommes plus guidés par nos instincts, mais mus par
notre réflexion.

On peut
croire que cette conscience, qui nous accompagne tout au long de
notre vie, est fragile et que cette Ame reste malléable. Un accident
peut engendrer un profond changement de la personnalité, c’est le
cas des amnésiques par exemple, et amener un être à modifier
radicalement, non seulement sa façon d’interagir avec son
environnement, mais aussi sa propre réflexion sur le monde qui
l’entoure. Le fondement même de son Ame s’en trouvera donc
transformé. Cependant, la cénesthésie que cet individu aura de
lui-même, demeurera intacte et seul le regard qu’il portera sur
autrui et celui d’autrui sur lui-même sera différent. Autrement dit,
la conscience, cette lucidité qui nous permet de nous sentir vivant
et acteur de notre propre existence, sera intrinsèquement immuable,
malgré nos actes et les aléas du temps.

L’éveil de l’Ame correspond donc, pour l’athée que je suis, à
l’épanouissement de la conscience. Si ce principe représente depuis
toujours une pierre angulaire de la religion, je pense qu’il peut
être également pour les non croyants, non pas une certitude
idéologique, mais un moyen de concevoir la vie, de l’expliquer par
un terme linguistique, et de personnifier le principe même de
celle-ci, par opposition à une réalité matérielle somatique.

Sous la couche épaisse de nos actes, notre âme
d'enfant demeure inchangée ; l'âme échappe au temps.
François Mauriac
Le
Bien, le Mal, l'Amour

Ce qui se fait par amour se fait toujours par-delà le
bien le mal. Nietzsche
Aimer

Aimer, c'est savoir dire je t'aime avant que l'être
aimé en ressente le besoin. LOUPBLANC
La
théorie et la pratique

La théorie, c'est quand on sait tout et que rien ne
fonctionne. La pratique, c'est quand tout fonctionne et que personne
ne sait pourquoi. Ici, nous avons réuni théorie et pratique : Rien
ne fonctionne... et personne ne sait pourquoi !
Albert Einstein
La
sagesse du loup

Plus fort est celui qui sait cacher sa force, que celui qui sait
l'exercer.
La force d'Ame

Le but de la vie est le développement personnel.
Parvenir à une parfaite réalisation de sa nature, c'est pour cela
que nous sommes tous ici. Oscar Wilde
L'acte manqué

L'occasion manquée est celle-là même qui compte. Antoine de
Saint-Exupéry
Souvenir

L'absence est le plus grand des maux.
Anatole France
Absence

La mère est tout dans la vie. Elle est la consolation
dans la tristesse, le secours dans la détresse, la force dans la
faiblesse. Elle est la source de la tendresse, de la compassion et
du pardon.
Celui qui perd sa mère, perd un sein où poser sa tête, une main qui
le bénit et un regard qui le protège.
Pour tout être sur terre, le mot le plus limpide est celui de "mère"
et l'appel le plus doux celui de "maman"
Khalil Gibran
Bon
anniversaire maman.
20/03/1945 – 27/06/2002
Nemesis II

Il y a deux manières de combattre, l'une avec les
lois, l'autre avec la force. La première est propre aux hommes,
l'autre nous est commune avec les bêtes.
Nicolas Machiavel
Citation

C'est la nuit qu'il est beau de croire à la lumière.
Edmond Rostand
La
règle et le Talion

Notre conscience nous enseigne à préserver le Bien et
nous garder du Mal. Les principales religions ont basé leur
idéologie sur cette dualité séculaire. Notre vie est un parfait
équilibre entre ces deux notions. On condamne l'une, on glorifie
l'autre. Mais il arrive parfois, l'espace d'un instant, que les deux
se confondent en un déconcertant mélange, ou les frontières sont
abolies, les limites embrumées. Face au Mal, à la menace, à
l'injustice, à la haine aveugle et sans limite, on peut
raisonnablement oublier notre conscience et répondre au Mal par le
Mal. On peut céder au Mal pour accomplir une mission bienfaitrice et
salutaire. Le recours à la torture est il justifié quant il s'agit
de sauver des vies? Je crois que le Mal, gisant en chacun d'entre
nous, n'attend qu'une éphémère lueur d'inattention de notre part
pour se déchaîner... et parfois il est nécessaire de lui laisser la
place du Maître.
La guerre n'est tout au plus que barbarie. Sa gloire
n'est qu'illusion. Ce n'est seulement que ceux qui n'ont jamais tiré
un coup de feu ou qui n'ont jamais entendu les cris et gémissements
des blessés, ce sont ceux-là qui appellent à la vengeance.
Général Sherman
Némésis

La vengeance n'est pas un mobile ignoble lorsqu'elle
sert à des fins utiles. Jack Vance
Un
autre regard

La vie doit être vécue et non subie. Nous devons être
les acteurs de notre propre existence et non de simples spectateurs
impassibles ou résignés. Vivre, c'est être appelé à mourir
lentement, tant notre condition humaine mortelle est inéluctable. A
chacun de choisir, entre un pessimisme accablant ou inutile et une
insouciance naïve ou réfléchie, la perception cénesthésique qu'il
compte se donner, inconsciemment, de son existence. Et d'y trouver
son fardeau, ou sa détermination.
Je
regarde ce que je perds. Et je ne vois point ce qu'il me reste.
Molière
Amour...

Si on me presse de dire pourquoi je l'aimais, je sens
que cela ne peut s'exprimer qu'en répondant :
"Parce que c'était elle, parce que c'était moi."
Montaigne
L'adieu

On passe sa vie à dire adieu à ceux qui partent, jusqu'au jour où
l'on dit adieu à ceux qui restent. Comtesse de Talleyrand
Amour toujours

Le verbe aimer est décidément le plus difficile à
conjuguer de la langue française : son passé n'est jamais simple,
son présent n'est qu'imparfait et son futur conditionnel.
Le
sens de la vie

La vie est un paradoxe. On ne peut concevoir notre
existence sans en accepter le châtiment originel, matérialisé dans
les artifices du Mal, le malheur et la tristesse. On ne peut que
subir ces aléas, tout comme on se réjouit, avec insouciance, de ses
aspects heureux. On ne peut qu’aimer ou haïr notre vie, selon que
Dieu, le Destin ou le hasard de nos choix, nous met face à nos
propres démons ou à nos désirs célestes. On ne peut qu’adorer la vie
ou la craindre, dans cette oscillation éternelle entre
l’enthousiasme et le désespoir. Mais la vie nous a donné un sublime
présent, celui de pouvoir à notre tour donner la vie.

Certes, les horreurs quotidiennes et les drames
personnels que nous rencontrons peuvent nous en dissuader, mais quel
plus beau sens à la vie pouvons nous trouver ? Faire un enfant,
c’est rendre le don de sa propre existence, transmettre au delà de
son patrimoine génétique, une mémoire collective et participer
ainsi, à sa façon, au dessein de l’humanité. St Exupery disait :
Être homme, c'est précisément être responsable. C'est sentir, en
posant sa pierre, que l'on contribue à bâtir le monde. Donner la
vie, c’est se donner le plaisir suprême de savoir que l’on a fait un
don de soi, mais aussi que l’on donne à un petit être, la chance et
l’espoir de voir un monde différent du notre. C’est aussi continuer
à exister après notre propre mort, à travers les souvenirs de cet
enfant, les émotions de son cœur. Enfin, en dépit des tracas que
cela suppose et des risques que cela sous-entend, donner la vie,
c’est aussi le plaisir quelque peu égoïste, de se faire le plus beau
des cadeaux.

Lorsque le premier bébé rit pour la première fois,
son rire se brisa en un million de morceaux et ils sautèrent un peu
partout. Ce fut l’origine des fées…
Aimer un bébé est un cercle sans fin. Plus on l'aime,
plus on reçoit et plus on a envie de l'aimer. Pénélope Leach
Citation

Le destin n’est pas une question de chance... C’est
une question de choix : il n’est pas quelque chose qu’on doit
attendre, mais qu’on doit accomplir... LOUPBLANC
Confession à la Saint Roméo

Un loup est mieux caché parmi d'autres loups, que
dans une foret vierge seul, si vierge fut elle.
Le
regard de l'autre

Les défauts des autres ressemblent trop aux nôtres. L
Langanesi

La
beauté n'a pas d'importance puisque l'amour est sans visage. Le
regard que nous portons sur autrui est, de tous les apparats de la
communication, celui qui ne semble souffrir d'aucune trahison. Une
poignée de main, une parole, peuvent se révéler artificieux ou
emplies d'un fiel dissimulé. Le regard, lui, ne trompe pas car les
yeux ne peuvent mentir. Aussi, les regards que nous jetons sur notre
société sont autant de révélateurs de notre pensée, de nos
déficiences morales. Nous n'avons pas conscience que nos yeux jugent
avant notre esprit, les qualités et les défauts de l'autre. La
raison nous somme de taire ce que nous pensons d'une personne, mais
nos yeux nous trahissent en disséquant inexorablement l'allure,
l'apparence ou l'attitude de nos semblables. Et le jugement est sans
appel.

La
différence est condamnée, l'infériorité et l'infirmité sanctionnées.
Nous détournerons le regard d'une personne handicapée ou d'un SDF,
dans le seul but de ne pas dévoiler nos pensées, notre
désapprobation ou pire... notre mépris. Le handicap qu'il soit
physique ou mental est source de gêne. Sans doute nous rappelle t'il
l'instinct séculaire qui vit en chacun de nous et qui nous commande
de nous éloigner des êtres affaiblis, susceptibles d'attirer les
prédateurs, le mauvais sort ou le Mal.

La différence ou
la faiblesse est inconsciemment rejetée car nous la mettons en
avant, alors que nous devrions au contraire l'occulter par un voile
pudique. Nous sommes intrinsèquement inégaux de part nos gènes,
notre rang social et notre aptitude à évoluer. Pour autant, il ne
faut pas oublier que cette diversité est nécessaire à l'élaboration
d'une conscience collective. La différence n'est pas une tare, c'est
une richesse. Face au handicap, nous ne devons pas détourner les
yeux et ne pas voir en l’autre ce manque, ce déficit ou cette
carence, mais voir notre égal avec ses qualités et ses défauts, ses
différences qui font de lui, un individu à part. Dans l'autre, nous
ne voyons que le reflet de ce que nous montrons, c'est à dire avant
tout notre humanité.

Le regard de l'autre, c'est celui que nous n'osons
croiser, ce regard que nous refusons de soutenir.
Un regard qui nous en renvoie un autre. Rimbaud a écrit: Je est un
autre.
Clin d'oeil

La beauté n'a pas d'importance puisque l'amour est
sans visage.
Amour... toujours

L'amitié et l'amour ne sont souvent séparés que par
quelques battements de coeur.
La nostalgie

La pensée d'un homme est avant tout sa nostalgie.
Albert Camus

La nostalgie est toujours un voyage amer vers le
passé entre les remords et les regrets. LOUPBLANC

Que sommes nous devenus? Cette question, nous sommes
tous amenés à nous la poser un jour. Avons nous fait les bons choix,
notre vie aurait elle pu être différente si... Ce sentiment qui nous
tiraille, qui prend son essence au creux de nos ventres, qui nous
taquine d'abord légèrement, puis finit parfois par nous consumer,
est un mélange indolore de regrets et de remords. Regrets de n'avoir
pu donner davantage à ceux qu'on aimait, de n'avoir fait ce qu'il
fallait pour eux et pour soi, remords d'avoir cédé à la tentation ou
d'avoir trop tôt oublié les règles que l'on s'était fixé. La
nostalgie révèle surtout un sentiment profond d'amertume et de
désespoir par rapport au présent. Le passé nous apparaît alors plus
lumineux qu'il ne le fut sans doute, mais surtout plus doux que le
présent que l'on vit. Cette mélancolie, expression d'un mal de vivre
glacial, est une prise de conscience du caractère irrémédiable de
notre condition. Nous sommes mortels et le passé est le passé. Nos
actes d'aujourd'hui ne rattraperont pas ceux d'hier. Et sans doute
qu'à trop regretter notre passé, nous en oublions de vivre notre
présent. Ce présent qui sera de fait, notre nostalgie de demain.

Le présent n'existe pas. Le présent, c'est le passé
de demain. La vie est ainsi faite qu'on prend de moins en moins le
temps, de la vivre véritablement. On l'effleure simplement. Quand on
prend enfin conscience de notre existence, il est trop tard. Trop
tard pour revenir en arrière, trop tard pour agir comme on l'aurait
souhaité. Il ne nous reste plus alors, qu'un profond sentiment de
tristesse, de nostalgie. Mais la nostalgie n'est pas forcement cette
amertume ou ce vague à l'âme. Cela peut être aussi, de merveilleux
souvenirs, des émotions que l'on sait perdues certes, pour toujours,
mais que l'on a vécu l'espace ephemere d'un instant. La nostalgie,
c'est aussi savoir se remémorer les plaisirs passés, la douceur d'un
regard ou la chaleur d'un être cher contre soi. La nostalgie, c'est
aussi les vestiges d'un bonheur passé, dont l'empreinte est gravé au
fond de nos coeurs. C'est ce qui nous permet de nous dire parfois,
que pour cet instant magique, notre vie valait le coût d'être vécue.
Message pour les femmes qui font battre nos coeur

Il n'y a pas d'amour, il n'y a que des preuves
d'amour. André Malraux
Tendresse

Les seuls beaux yeux sont ceux qui vous regardent
avec tendresse.
L'amour naît dans un regard, grandit dans un baiser,
meurt dans une larme.
De
la tendresse au témoignage d'amour

L’amour est comme un jardin, chaque jour il se
cultive, chaque jour il se nourrit. Si vous le laissez un temps de
coté ou à l’abandon, il se flétrit, décline et lentement se tarit.
Il faut en prendre soin, ne jamais se dire qu’il est acquis, mais
toujours chercher à l'entretenir, à l’embellir. Il est comme un feu
qu’il faut sans cesse attiser, de peur que ses flammes ne se
languissent et s’évanouissent. L’amour ne se lasse pas de cette
tendresse, il ne souffre pas de trop de caresses. L’amour vit au
fond du cœur, dans la douceur du regard, le miel du baiser. La
communication est primordiale ou plutôt, la complicité. Elle évite
bien des troubles, des peines et des tourments. Dire ce que l’on a
sur le cœur, vivre cet amour, est non seulement un bienfait pour
soi, mais aussi une onde de chaleur pour celui qui reçoit ces
paroles. L’amour est le plus beau des sentiments, il doit s’exprimer
et non se taire. A trop vouloir garder pour soi ses mots d’amour, on
risque de voir s’éteindre cette flamme qui brûle au fond de notre
cœur. Nous avons tous connu l’échec et la séparation, il nous faut
apprendre de nos erreurs et éviter de les commettre à nouveau. A
nous de savoir dire notre amour chaque jour, le dire et le montrer
pour qu’à jamais il puisse briller.
L’amour se nourrit autant de patience que de désir.
Amin maalouf

Mais l’amour, c’est aussi les preuves d’affection. Au
delà des mots, au delà des caresses, il y a la tendresse. Tendresse
d’un regard, tendresse d’un baiser qui effleure nos lèvres,
tendresse d’une main qui glisse sur la peau comme un voile
invisible. L’amour brille des ses attentions qui sont autant de
témoignages symboliques. Donner son cœur, donner son corps à l’être
aimé, c’est aussi lui témoigner son attachement, lui prouver que
seul lui ou elle compte, qu’il est l’élu de votre cœur, votre
ame-sœur. L’acte d’amour revêt alors une importance capitale. Ce
n’est plus un acte sexuel, mais l’accomplissement d’un amour dans
une fusion charnelle. On ne peut rester impassible en amour, on ne
peut être sur ses gardes. L’amour est un partage et un présent, une
offrande. L’amour est un abandon de soi à l’autre.

De toutes les formes de prudence, la prudence en
amour est peut être celle qui est la plus fatale au vrai bonheur.
Bertrand Russell
Les anges gardiens

L’homme a toujours eu recours au mysticisme ou à l’ésotérisme quand
ce n’était pas directement à la religion. Cet échappatoire est une
manière d’exorciser ses peurs primaires, l’irrationnel de sa
condition et le doute constant qui demeure au plus profond de lui
sur la question de sa naissance, son existence et son devenir. Il
est courant de mentionner parmi ces symboles d’un mysticisme
éclairé, la bonne étoile, le destin, l’ange gardien. Laety sur son
blog développait cette idée de bonne étoile qu’elle suivait depuis
toujours et en laquelle elle croyait. L’ange gardien lui, est l’être
censé nous aider à suivre le droit chemin, nous protéger du Mal et
nous servir de guide bienveillant dans notre vie. Et s’il ne servait
en fait qu’à suivre les lignes tracées de notre route et veiller à
ce que ce qui doit arriver, nous arrive bien… une assurance du
destin?

Certaines personnes considèrent un proche comme un
ange gardien, alors que du point de vue purement religieux, cet ange
est par essence un être surnaturel dénué de vie. Elles pensent alors
que Dieu ou le destin, a placé cette personne au cœur de leur vie
pour les pousser à accomplir une chose de Bien ou les aider à
supporter une peine ou un drame. Quoi qu’il en soit, ces êtres ont
la mission inconsciente de guider ces personnes vers leur destiné,
et ne sont peut être qu’un instrument, non pas de protection divine,
mais simplement l’assurance que le destin se déroulera tel qu’il
doit être et non tel qu’il aurait pu devenir. L'ange gardien est
peut être avant tout le gardien de la destiné.
C'est la providence qui nous dirige, lorsqu'elle nous
destine a jouer un rôle sur la scène du monde.
Chateaubriand
Le
temps, le destin et l’oubli

Le temps
est une notion essentielle dans notre vie. Elle nous sert d’échelle
de valeur, de repère. Mais le temps nous sert aussi à relativiser
les actions que nous entreprenons, à en comprendre le sens, à les
juger. C’est dans le temps que nous pouvons estimer les actes de
Bien et de Mal que nous avons accomplis, avoir le recul nécessaire à
l’esprit d’analyse, évaluer notre degré de conscience morale. C’est
aussi le temps qui nous permet d’adoucir les cicatrices du chagrin,
d’assécher les puits de larmes. C’est lui qui, au fil des saisons,
jette sur nos cœurs les voiles rédempteurs de l’oubli.
Le temps n'endort
pas les grandes douleurs, mais il les assoupit. Georges Sand

Selon que l’on soit croyant ou non, on définit sa
vie, comme une preuve de l’action de Dieu ou une suite de hasards
plus ou moins heureux. En résumé, on parlera de destin. Le temps est
intimement lié à ce destin, il en est même une des composantes
essentielles avec l’espace. Le destin, c’est avant tout se trouver
en un lieu précis, à un moment donné, une rencontre absolue qui
jalonne chaque étape de notre vie. Le temps est la pierre angulaire
du destin, celle sur qui tout repose, la joie comme la peine, la vie
comme la mort.
Le Temps est un
grand maître, il règle bien des choses. Pierre Corneille

Le temps reste aussi l’admirable thérapie du salut.
La mémoire humaine est faillible et le temps distille lentement les
flagrances de l’oubli. Certes, il ne guérit pas les blessures comme
l’affirme l’adage, mais il contribue à rendre la douleur moins
insupportable, l’absence moins accablante, les regrets moins amers.
Le temps nous permet d’accepter notre sort, d’en occulter sa froide
conclusion et d’oublier l’espace d’un instant que nous sommes tous
mortels. C’est à travers le temps et l’oubli que nous assumons
l’épreuve éphémère de notre vie.
L'absence de l'être aimé laisse derrière soi un lent
poison qui s'appelle l'oubli. Claude
Aveline
Un
humanisme conscient

L'humanisme, ce n'est pas dire : "Ce que j'ai fait, aucun animal ne
l'aurait fait", c'est dire : "Nous avons refusé ce que voulait en
nous la bête ." André Malraux
Cet humanisme, c'est cette voix intérieure qui nous
sensibilise secrètement, dès que nous glissons vers le Mal. C'est
cette conscience qui se rappelle à nous, cet avertissement
providentiel qui nous guide vers le droit chemin, ce rappel à
l'ordre salutaire qui nous fait prendre nos bonnes décisions. C'est
ce qui nous pousse à croire en la bonté intrinsèque de l'homme par
rapport à l'animal, non pas que ce dernier soit l'incarnation
séculaire du Mal, mais qu'il se trouve dépourvu de ce signal
d'alarme qu'est la conscience. C'est ce qui nous apporte au delà des
peines et des doutes, la paix de l'âme.
Citation

D'aucuns prétendent que la confiance, parce qu'elle est aveugle,
cause bien des déceptions.
LOUPBLANC
Le
pardon

Comme vous le savez, je me défend de toute croyance religieuse ou
même d'un agnosticisme voilé. Je suis résolument athée. Je ne crois
pas en Dieu, ni en l'au delà, en la réincarnation ou au pouvoir
divin. Je crois en l'homme, en ses qualités et ses défauts, en ce
qui fait du Mal et du Bien, un être entier. Je crois en la
conscience, celle qui vous fait peser vos actes tel un purgatoire
intérieur, une sorte d'arbitre qui juge les décisions prises et les
paroles prononcées. Je crois en la bonté de l'homme. Je crois en
l'homme tout simplement.
Citation

Désormais, je sais faire durer une seconde de bonheur. Il faut la
vivre comme si c'était la dernière: le bonheur n'attend pas. Nicolas
Hulot
La
philosophie du bonheur

Le Bien
et le Mal sont antagonistes. Chacun procure à son auteur une émotion
bénéfique ou amère, une dette de coeur ou de sang. Si l'acte de Bien
illumine la vie, l'acte malfaisant lui, attise le feu des rancoeurs.
On se satisfera toujours d'une once de bonheur, une minuscule
étincelle de joie réchauffera toujours les coeurs meurtris. On ne se
satisfait jamais d'un unique acte malveillant. Mal agir, c'est
devenir esclave du Mal, c'est l'accueillir en soi, lui offrir une
place. Celle du Maître.

Qu'est-ce que le bonheur sinon l'accord vrai entre un homme et
l'existence qu'il mène?
Camus
S'amuser avec la mort

Cet
article va choquer, je le sais, mais il a le mérite de ne tricher ni
avec la vie, ni avec la mort. Je lis souvent sur certains blogs, ou
j’entends ici et là, des personnes aborder le thème du suicide. Sur
les blogs, on aperçoit les visions angoissées d’adolescents en quête
de repères, dans la vie on entend des gens nous dire que le suicide
leur paraît l’unique solution à leurs problèmes. Les adolescents
sont dans une période de leur vie ou la vie paraît leur échapper, ou
le monde leur apparaît se liguer contre eux et former une muraille
infranchissable de frustrations et d’oublis. Je comprend ce mal
être, même s’il est exacerbé par la jeunesse de ces jeunes gens. Ce
que je ne comprends pas, c’est les paroles de certaines personnes
qui vous disent que sans leur fille, ou sans leur ami, elles
auraient commis l’acte ultime. C’est la pire des supercherie à mes
yeux. C’est s’amuser avec la mort.

Quant
une personne a fait le choix d’en finir avec son existence, vous le
savez toujours trop tard. Un suicide n’est jamais raté. Une
tentative est tout juste un appel au secours. Une personne qui
souhaite réellement mettre fin à ses jours, ne préviendra personne,
agira seule ou assistée, loin de tout et sera sure de ne pas se
rater. Un suicide ne laisse pas de place au débordement de
tristesse, de larmes et de regrets. Il se fait dans l’ombre, il se
fait innocemment, à l’insu de l’entourage, comme si la personne
partait sans bruit, sur la pointe des pieds… On ne plaisante pas
avec la mort, on ne tente pas le diable avec des effets de manches
larmoyants destinés à attirer la compassion ou la sympathie. Par
égard à tous ceux qui ont fait ce choix et qui nous ont quitté,
respectez le courage des innocents.

L'idée du suicide est une liberté, la tentative de suicide une
soupape, et la pulsion qui mène au suicide un acte incontrôlable
précédé d'un choix sans cesse reporté.
Intolérance

Traiter du racisme est simpliste. Le racisme s'applique à opposer
deux races, deux couleurs de peau, deux styles de vie. L'intolérance
elle, a des racines bien plus profondes, car elle englobe aussi bien
le racisme et l'antisémitisme, que le rejet des différences
sociales, culturelles et spirituelles. Si on distingue bien les
effets du racisme, par les ségrégations, les discriminations et les
injures, on occulte bien souvent les aspects plus pervers de cette
intolérance que l'on côtoie pourtant chaque jour.

Refuser le droit a la différence à
autrui, lui imposer par la force ou le chantage une autre façon de
penser, de vivre que la sienne, est un déni de liberté.
L'intolérance, c'est avant tout le refus de la liberté de l'autre et
la volonté claire de le rejeter de la société en général. On
crucifiait dans l'antiquité, on brûlait au moyen age, on harcèle
aujourd'hui. Les instruments de cette intolérance sont multiples. ils
vont de la jalousie maladive et abjecte, la calomnie, aux pires
méfaits comme des lynchages réels ou moraux (brûler une personne
homosexuelle, tabasser un étranger...). Il n'y a rien de pire que
l'intolérance, surtout quand elle s'attaque aux justes, à ceux qui
innocents et pacifistes, ne font que prêter leurs flancs aux
attaques perfides. L'intolérance ne s'attaquera jamais aux
puissants, aux riches, elle préférera s'abattre sur ceux qu'elle
juge indignes d'exister. Elle se nourrit de notre indifférence et de
notre inaction.
Déclaration d'amour

Il
est des mots qui se suffisent à eux mêmes, des regards qui lèvent
tous les doutes, des gestes qui apportent le réconfort, l'oubli et
le plaisir. Il est des instants enchantés, des rencontres enivrantes
ou le temps disparaît dans des volutes enflammées. Il est des
contacts, des sourires qui réchauffent un corps et un coeur meurtri.
Il est des amours qui se bâtissent sur la patience, la complicité et
le désir. Il est des sentiments qui ne se donnent pas, mais qui se
confient, qui s'abandonnent tels la confiance, la tendresse et
l'envie. Il est des paroles si douces à entendre qu'elles ne peuvent
disparaître à jamais dans la nuit. Il est des mots qui se suffisent
à eux mêmes... je t'aime pour la vie.
La rumeur

Contre
la médisance, il n'est point de rempart. Molière

La
rumeur est un mensonge qui s'insinue dans les interstices de la
raison, se glisse dans l'ombre du doute, puis se construit de bouche
à oreille. Elle ne fait pas réfléchir les gens, elle passe comme un
soupir au-dessus du vent. Les atteintes de cette exhalaison de fiel
et d'humeurs nauséabondes sont parfois destructrices. Le fondement
même de ces rumeurs importe peu, seul son action dévastatrice compte
aux yeux de son créateur, mais aussi de son auditoire. La médisance
peut allumer un grand feu.

Combien de brasiers ont été ainsi attisés dans le but suprême de
renier tout plaisir, d'annihiler tout bonheur, de détruire la beauté,
l'amitié, l'amour, l'innocence... et toutes les expressions du Bien?
Dans quel but, si ce n'est par une profonde jalousie, une brève
lueur de conscience qui fait apercevoir aux créateurs de ces
rumeurs, l'esquisse crasseuse de leur pauvre médiocrité dans le
reflet d'un miroir, dans l'onde d'un cours d'eau? Combien de
relations détruites, d'amitiés envolées, de complicités disparues?
et pourquoi? une satisfaction éphémère, un sentiment d'abandon au
Mal inconscient qui finira par consumer aussi son créateur. Le Mal
est ainsi fait qu'il ne connait point de limites, ni de frontières.
Le Mal n'a pas de maître, il détruit tout.

On ne
peut détruire une rumeur, tout juste peut on apprendre à vivre avec.
On peut cependant abandonner parfois la blancheur immaculée du Bien
et glisser lentement, vers la tentation perverse d'utiliser les
armes du Mal. N'étant point croyant, je ne puis adhérer aux
préceptes qui demandent de tendre l'autre joue, ou de pardonner aux
inconscients ou même de ne pas faire attention. Le Mal appelle le
Mal. Aux rumeurs, on répond par la force, la haine et le Mal. Tel
est mon choix.

La
médisance irrite les hommes et ne les corrige pas. Nicolas Machiavel
Amitié

L'amitié est comme l'amour. Ce sentiment est si passionnel, si
profond, qu'un souffle suffit à le perturber. Une remarque, un
sentiment d'abandon, une méprise parfois... Proposer son amour ou
son amitié, ce n'est pas agender ses sentiments au gré de ses
humeurs, de ses envies, de son calendrier. On ne joue pas en amour,
on ne joue pas en amitié. Un ami ne doit jamais être un "bouche
trou", un parent pauvre... il doit être le frère de coeur.
Citation de LOUPBLANC

La
vie, c'est savoir constamment repousser ses propres limites.
D'amour ou d'amitié

Les
hommes sont de plus en plus insensibles aux beaux sentiments.
L'humanisme disparaît des esprits, le bonheur s'estompe sur les
visages, les sourires s'évaporent. Tendre la main ou proposer son
aide est devenu un acte d'agression. Proposer son amour est une
offense. Qu'on le qualifie de déplacé ou qu'il vous en rappelle
parfois un autre, avec ses souvenirs, l'excuse est un indice de
l'isolement moral qui nous gagne. La prison de verre se referme sur
des solitudes, des larmes et des peines.

L'amitié est une âme qui coexiste dans deux corps. Une amitié
profonde et sincère n'est pas une illumination éphémère
émotionnelle, mais l'aboutissement d'une profonde réflexion ou la
conséquence d'une empathie non feinte, d'une communion morale.
Aimer, c'est non seulement se révéler grâce à autrui sa propre
vérité, mais aussi aider l'autre à découvrir la sienne. C'est ainsi
que peut naître la plus douce des amitiés, la complicité passionnée.
Cette complicité est le ciment de l'amitié, son fondement, son
essence même. Et quand la complicité cesse, l'amitié s'évanouit.
La
déception

La
déception ne vient jamais des autres, elle n'est que le reflet de
nos erreurs de jugement. Vincent Gury
La
séparation

La
nature humaine est complexe. L’être humain, inconsciemment
individualiste, passe sa vie à essayer de s’unir à l’autre, à
rechercher une âme sœur. L’homme est ainsi un des rares mammifères
terrestre à être fidèle ou à essayer, vainement parfois, de l’être.
Quant au terme d’une quête plus ou moins longue, il finit par
trouver cette âme sœur, ou croire enfin l’avoir recouvrée, le Bien
peut s’installer dans son cœur dans une fusion du passionnel et du
spirituel, une paix intérieure. Jusqu’au jour ou cette symbiose,
naguère chimérique, ce bonheur qu’il pense effleurer des doigts,
s’évapore dans des volutes glacées.

La
nature humaine est complexe. De la paix peut naître le chaos, de
l’amour peut naître la haine. Le Mal reprend alors sa place,
irradiant son cloaque abject sur cette euphorie émotionnelle
agonisante, cet amour expirant, l’incompréhension se substituant à
la complicité, la défiance détrônant la confiance. Le cœur laisse
alors se déchaîner les tourments de ses ires. Combien de couples
unis et heureux se déchirent alors dans des invectives verbales, des
procédures juridiques, des accusations corrosives. Autant on a aimé,
autant on peut haïr. Et en ce domaine, l’imagination humaine n’a
point de limites.
Les âmes perdues

La
vie est l'opportunité pour chacun de faire des rencontres.
Certaines, anecdotites, ne laisseront que l'ephemere linceul du
souvenir en nous. D'autres, nous marqueront à jamais. Ces rencontres
peuvent être des expressions du Bien comme du Mal. Notre avenir sera
tour à tour illuminé ou brisé, par ces coïncidences inspirées par
Dieu ou le destin. Quoiqu'il en soit, il n'en sera plus le même.
Celui
qui combat peut perdre, mais celui qui ne combat pas a déjà perdu.
Bertolt Brecht

Les
rencontres positives ont été évoquées dans le thème précédent.
Spirituelles, amoureuses ou inspiratrices, elles ont la vertu de
constituer un dialogue entre les individus, une confrontation de
points de vue, un enseignement réciproque. On y apprend ainsi autant
des autres que de soi même. Et puis, il y a les rencontres
négatives, celles qui vont vous marquer d'une façon inattendue.
Celles qui attendent une action de notre part, une mission, que nous
ne sommes pas toujours à même de comprendre ou de répondre. Elles
vont nous amener à nous interroger sur notre place dans ce monde,
dans une introspection spirituelle dont on sortira grandit ou
détruit.
On
est ce que l'on croit. A l'instant où vous ne croyez plus, vous êtes
perdu. Ben Harper

Nous
avons tous en nous le souvenir de ces rencontres, de ces instants ou
la vie nous a tendu un piège, ou notre réactivité et notre
compassion ont été sollicitées. C'est l'ami qui tente de mettre fin
à ses jours, celui qui ne surmonte pas un aléas de la vie, celui qui
fait son deuil. Il nous est indispensable de comprendre qu'à un
moment ou à un autre, la vie peut basculer, le bonheur peut
s'étioler et l'enfer se faire jour. Il nous faut comprendre que nous
pouvons émotionnellement et spirituellement à tout moment, nous
égarer et devenir des âmes perdues.
Si tu pleures trop parce que tu as perdu ton soleil, tes larmes
t'empêcheront de voir les étoiles.

Ces
âmes perdues, ce sont selon les personnes et les époques, des
dépressifs, des aliénés, des mystiques, des possédés, des
misanthropes... Moi j'ai appelé la mienne mon crève coeur. Ces
personnes errent dans la vie tels des fantômes, absents de toute
émotion, exempts de tout sentiment. La vie n'a plus de sens pour eux
et ce ne sont plus que des êtres vides, guidés par un instinct de
survie séculaire, ou la flamme de la passion est éteinte à tout
jamais. Rien ne peut les aider, rien ne peut les atteindre. Ils ont
atteint le degré zéro du renoncement, l'abandon total de l'envie de
vivre. Même leur regard trahit cette résignation. Le Bien et le Mal
n'existent plus, la raison a abdiqué. Ne subsiste que cet
impitoyable exil...
Rien n'est plus tragique que de rencontrer un individu à bout de
souffle, perdu dans le labyrinthe de la vie. Martin Luther King

La
vie étant un éternel recommencement, seule l'acceptation de la
défaite signifie la fin de tout. Tant et aussi longtemps que l'on
sait recommencer, rien n'est totalement perdu. Fleurette Levesque
Citation

Il faut se
connaître soi-même : quand cela ne servirait pas à trouver le vrai,
cela au moins sert à régler sa vie, et il n'y a rien de plus juste.
Blaise Pascal
La
force du naturel

On ne
chemine jamais qu'entraîné par la force de son naturel. Nicolas
Machiavel
Il y
a dans la vie des instants magiques, des rencontres sacrées… et des
actes manqués. Ce sont ces instants ou le temps semble suspendre son
vol, ou le monde semble se figer lentement, ou l’on ressent non
seulement une désincarnation soudaine et mystique de l’être, mais
aussi une présence supérieure qu’on nommera, l’Ame ou Dieu. Ces
instants magiques n’arrivent que rarement dans une vie, mais on sait
qu’il y aura ensuite, un avant et un après. On voit que le cours de
notre vie s’en trouve bouleversé, que l’avenir même n’est plus celui
qui se dessinait.

En
amour, on appellera cela une rencontre avec une Ame sœur ( ce que
j’ai défini dans un précédent article), dans le domaine artistique
on parlera de Muse ( une inspiration quasi mystique), dans le
domaine religieux ce sera un guide spirituel. Quelque soit le terme
employé ou le domaine concerné, ces rencontres marquent à jamais nos
existences, car elles influent de façon significative sur notre
pensée, nos prises de décisions futures. Ne pas tenir compte de ces
rencontres ou pire même, tenter de les éviter, relève d’un contre
pied fait au destin, d’un refus de l’évidence, d’un obscurantisme
mental et émotionnel séculaire… d’un acte manqué.

Le
destin ou Dieu nous adresse des messages, provoque des rencontres,
charge à nous de les décrypter, de les appliquer ou de les ignorer.
Ce choix appartient à chacun d’entre nous, mais nous devons en
accepter les conséquences intrinsèques, bonnes ou mauvaises. On
parlera alors, tantôt de remords, tantôt de regrets. Je préfère ici
le remords, qui évoque une décision positive et un assentiment des
conséquences qui en découlent. Les regrets relèvent non seulement
d’un renoncement aux messages du destin, mais aussi d’une prise de
conscience tardive d'un mauvais choix, d’un acte manqué.

Le
moteur de la vie doit rester le naturel, pas la contrainte ou
l’apparence. Accepter son destin, tout comme s’accepter en tant
qu’être vulnérable et faillible, est une esquisse d’une sagesse
essentielle et constructive. Savoir reconnaître ses qualités et ses
défauts, prendre conscience de ses actions relevant du Mal, accepter
sans honte le bienfait d’une bonne action, ne pas tricher, ni avec
autrui ni avec soi-même, érige lentement les fondations nécessaires
à tout épanouissement d’une vie. La force de la vie est avant tout
de rester naturel et de croire en soi.
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